samedi 20 février 2010

We're Only In it for the money, Frank Zappa (1968)

45t et 33t ont accompagné enfance et adolescence à un rythme effréné. Souvent le pire a frôlé le meilleur. Les choix faits s’associent toujours à une époque, un lieu, une personne, un événement. Ils restent tapis dans un recoin de la mémoire. Une discussion, un air de radio, un souvenir, ouvrent la boîte et ravivent la nostalgie. Je n’ai pas toujours aimé Bach et l’Opéra, loin s’en faut. Il y a eu un avant pas toujours recommandable mais qui fut le mien. Je ne regrette absolument rien de mes choix d’antan et personne ne brûlera ma mémoire. Je vous la livre en vrac.
En 1968, le monde est devenu officiellement Hippie, ce qui déplait fortement à Frank Zappa et son groupe, les Mothers Of Invention. Celui-ci, trouvant qu'il ne s'agit de rien de plus qu'une révolution d'étudiants bourgeois sous fond de drogue va critiquer ce mouvement en un album de Pop comme il s'en faisait à l'époque.Avec la pochette qui parodie le Sgt Pepper's des Beatles jusque dans les moindres détails, l'accoutrement du groupe (tous sont habillés en robe ou en peignoir), Zappa ne fait pas dans la demi-mesure. Ajoutez à cela les paroles férocement cyniques envers les hippies. Un album traité sous le signe de l'ironie donc, mais Zappa ne délaisse pas la forme au fond, les chansons de l'album sont des merveilles de Pop, et Zappa prouve encore une fois qu'il ne peut qu'être pris au sérieux tant le travail est bien fait. Il suffit d'écouter "What's The Ugliest Part Of Your Body" pour en venir au Beatles, les paroles révélant du pur génie cynique comme seul Zappa savait en écrire. Voilà donc un des albums à retenir de Zappa, qui a su dès le début de sa carrière pourtant très prolifique se montrer le parfait analyste de la société occidentale, et surtout le parfait porte-parole de tous ceux pour qui le mouvement hippie n'était qu'une mode devenue ce qu'on appellerait aujourd'hui Fashion, mot qui colle très bien à ce que Zappa voulait représenter avec cet album, qu'il faut savoir écouter plusieurs fois et passer outre les voix 'à l'hélium' pour apprécier pleinement la richesse intemporelle de cet album.

2 commentaires:

Yann Solans a dit…

A lire sur les sujet le paragraphe du livre de Barney Hoskins "waiting for the sun" consacré aux Mothers Barney.

http://books.google.com/books?id=xQgOZUDxrRMC&pg=PA147&dq=barney+hoskyns+waiting+for+the+sun+maybe+the+people+would+be+the+times&ei=76B_S92XIarUyQSi8fWhCw&hl=fr&cd=1#v=onepage&q=&f=false

AhZouteAlors a dit…

Merci pour cette présentation intéressante et justement reconnaissante de la démarche sociétale du maestro.