dimanche 18 août 2019

Jean-Paul Dubois, Tous les homme n'habitent pas le monde de la même façon.


    Paul est de retour. Il y a longtemps que je n'avais pas eu de ses nouvelles. Trois ans, je crois. Et puis voilà un nouveau livre, un peu comme une lettre de mon vieil ami "libertaire" qui aurait atterri dans ma boite aux lettres. Un ami que je fréquente depuis 1992, année où une bonne amie m'a offert "parfois je ris tout seul". Et comme l'a écrit ce bon Gustave : "ce fut comme une apparition". J'ai vite rattrapé le retard qui nous séparait en avalant les six livres qui précédaient. Eh puis, après, il m'a fallu patienter pour lire cet auteur discret et penser à cette bonne amie perdue.

    Mais revenons au résumé de son nouveau roman "Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon." Voilà maintenant 2 ans que Paul Hansen purge sa peine dans la prison de Montréal. On ne sait pas pourquoi.

La cellule est petite et la promiscuité avec Horton, un Hells Angels un peu spécial, incarcéré pour meurtre, ce qui rend la vie un peu compliquée.

Retour en arrière : Paul est superintendant d’une résidence de 64 appartements. Les corvées ne manquent pas mais il s’accroche à son travail. Il aime ses propriétaires, les gentils et les pénibles.

Quand il rencontre Winona, sa femme tout change. Nouk, petite chienne recueillie par Winona, va compléter son bonheur.

Mais l’ombre au tableau se profile quand un nouveau directeur de l’immeuble est nommé et l’inévitable se produit.

Jean-Paul Dubois Les hommes n'habitent pas le monde de la même façon. l'olivier


Bibliographie de Jean-Paul Dubois à lire absolument.




Tous les matins je me lève (1988)

Paul Ackerman se lève tous les matins, mais à midi. C'est un détail qui change une vie : qui vous met en porte-à-faux avec les autres, un pas à côté du monde.
Ses nuits, Paul Ackerman les passe à écrire des romans pour nourrir sa famille et à mener de front, en rêve, une triple carrière de rugbyman, de golfeur et d'homme-oiseau.
Le reste du temps, il mène une vie qui ne ressemble à rien mais a le mérite de lui ressembler.



Maria est morte (1989)

Sa fille de dix ans est morte en tombant dans les escaliers. Pour retrouver la femme qui l'a quitté et lui dire simplement : « Maria est morte, notre fille est morte », Samuel Bronchowski s'envole pour l'Asie. Au cours de ce voyage épique, il croisera des vieillards cruels, des muets lubriques, des boxeurs fous, des femmes sans âge, des êtres étreints par la sottise et la lâcheté. Et chaque nuit ramènera à son esprit une phrase unique : « Maria est morte. »



les poissons me regardent (1990)

 Rien ne va plus pour Emmanuel Zimmerman. Son métier de journaliste sportif l’ennuie à mourir, sa petite amie vient de le quitter : la vie semble décidément « aussi vide qu’une plage en hiver ». Pour couronner le tout, un forcené vient frapper violemment à sa porte en menaçant de lui refaire le portrait. Et si cet inconnu allait changer sa vie ?
Vous aurez de mes nouvelles (1991)

grand prix de l'humour noir 



 Un psychanalyste devient fou lorsque son patient le quitte ; un mari s'affuble de jupes pour séduire son beau-frère ; assis dans ses toilettes, un homme pense au temps qui manque toujours... Autant de nouvelles humaines et lumineuses, comme une invitation à ôter tous les masques, une promenade tendre et légère dans la folie ordinaire.




parfois je ris tout seul (1992)
 Un électricien victime de fous rires intempestifs perd son travail. Une femme renonce à son fantasme d’amant viril et charbonneux de peur de salir son tailleur beige. Un écrivain brise en mille morceaux, à la fin de chaque livre, le siège sur lequel il l’a écrit… Entre Desproges et Beckett, des instantanés insolites, féroces et extrêmement drôles des petits dérapages de la vie quotidienne.

Une année sous silence (1992)


 Paul Miller s'est coupé du monde. Le déclencheur : le suicide de sa femme, vécu comme une dernière provocation. Installé dans son nouvel appartement comme une bombe à retardement, il épie ses voisins, tourmente sexuellement les jeunes femmes, harcèle un curé libidineux, révère une strip-teaseuse qui brise des vitres avec ses seins, et a totalement renié ses enfants. Mais surtout il se tait.


Prends soin de moi (1993)

Paul Osterman l’a décidé. À 43 ans, il est temps de passer aux choses sérieuses : arrêter de travailler et se consacrer à quelques occupations gratifiantes telles que la névrose, la dépression, la dépréciation de soi-même ou la migraine ophtalmique.
Pétillant et corrosif, Prends soin de moi raconte avec un sens de la dérision irrésistible les petits et grands malheurs d’un anti-héros moderne.



La vie me fait peur (1994)

Trente-trois mille pieds, c'est l'altitude idéale pour réfléchir à sa vie. Dans l'avion qui l'emporte vers Miami, Paul Siegelman s'efforce de retrouver le fil conducteur et remet les chapitres dans l'ordre : la mort de sa mère, les acrobaties financières de son père, ses propres errances d'Ibiza à Panama City, ses relations tumultueuses avec les femmes. «Je suis tout petit. Je peux vivre dans un verre à dents», dira-t-il un jour. Et si c'était vrai ?



Kennedy et moi (1996)

Prix France Télévision. 

Kennedy et moi, 1999, adaptation réalisée par Sam Karmann


Samuel Polaris va mal. Très mal. Il achète un revolver, menace l’amant de sa femme et mord sauvagement son dentiste. Mais comment être certain que ce ne sont pas les autres, les gens « normaux », qui ont basculé dans une sorte de folie collective ? Samuel doit reconquérir sa dignité. Même si, pour cela, il doit voler à son psychiatre la montre que portait Kennedy lorsqu’il a été assassiné.



l'Amérique m'inquiète (1996)

chroniques américaines pour le Nouvel Obs
 
Comment se porte l’Amérique ? À quoi rêve-t-elle ? Jean-Paul Dubois croque, au fil de ses voyages, la vie quotidienne de cet étrange pays-continent : ici un magasin spécialisé dans la vente de lunettes pour chiens, là une stripteaseuse qui déclare ses prothèses mammaires comme outil de travail, là encore un combat de gladiateurs modernes ! L’Amérique des possibles fait parfois froid dans le dos… 


Je pense à autre chose (1997)

 Paul Klein a décidé de passer outre au jugement d'autrui et, débarrassé de toute pudeur, il donne libre cours à ses confessions : mari délaissé, amant fatigué, météorologue désabusé et interné volontaire dans un hôpital psychiatrique de Jérusalem, il est persuadé d'être la victime d'un complot familial. Il fouille son passé, évoque les tourments de sa sexualité, l'amour maladroit qu'il a éprouvé pour deux femmes, et sonde la haine sournoise que lui a toujours vouée Simon, son frère jumeau. Ce double machiavélique a-t-il détruit sa vie ?
Une fois de plus, chez Jean-Paul Dubois, les paranoïaques ont raison de se faire du souci.



Si ce livre pouvait me rapprocher de toi (1999)


Le Fils de Jean, 2016, adaptation du roman Si ce livre pouvait me rapprocher de toi par Philippe Lioret, avec Pierre Deladonchamps.

  « C'est à ce moment-là, je crois, que je décidai de partir pour un voyage dont j'ignorais la destination et la durée. J'étais désargenté, désenchanté. Mais je voulais me replonger dans le courant de la vie, me battre pour ou contre quelque chose, retrouver l'envie du bonheur et le goût de la peur, lutter contre la force des vents, éprouver la chaleur, le froid, casser des cailloux et, s'il le fallait, creuser les flancs de la terre. »


Une vie française (2004)

Prix Femina

 Paul Blick a huit ans lorsque son frère meurt brutalement, le jour où la France entérine la Ve République. De Charles de Gaulle à Jacques Chirac, des premiers baisers aux premiers cheveux blancs, Blick hésite entre désir de révolte, confort bourgeois et recherche d’un absolu désillusionné. Cette vie française, à laquelle chacun peut s’identifier, est inscrite dans une Histoire en marche et subit le monde autant qu’elle le construit.


« Hier, j’ai acheté un revolver. Cela me ressemble bien peu. »




Vous plaisantez, monsieur Tanner (2006)

 En chantier, monsieur Tanner (téléfilm), inspiré de Vous plaisantez, monsieur Tanner, 2009, réalisé par Stefan Liberski

 Avant d’hériter de la maison familiale, Paul Tanner menait une existence paisible. Mais depuis qu’il a décidé de la restaurer, rien ne va plus ! Maçons déments, couvreurs délinquants, électriciens fous, tous semblent s’être donné le mot pour lui rendre la vie impossible. Chronique d’un douloureux combat, galerie de portraits terriblement humains : le récit véridique d’un chantier infernal, coloré d’une bonne dose d’humour… noir !


Jusque-là tout allait bien en Amérique (2002)

 chroniques américaines pour le NOuvel Obs.
 
 Du nord au sud et de l’est à l’ouest, Jean-Paul Dubois promène son regard tour à tout ahuri, amusé et inquiet, de l’autre côté de l’Atlantique. Adeptes des extra-terrestres heureux, propriétaires de la Lune, aventuriers héroïques, banals et ruinés à Las Vegas, bourreaux, évangélisateurs itinérants : avant tout, des destins qui témoignent d’une Amérique malade de ses propres rêves.



Hommes entre eux (2007)

 Paul Hasselbank vient d’apprendre qu’il est gravement malade. Son désir ultime : revoir une dernière fois Anna, la femme de sa vie, partie vivre au Canada. Sur les traces de son amour perdu, il croise la route de Floyd Paterson, un bûcheron vivant reclus dans les bois. Entre ces hommes blessés se noue une complicité aussi puissante qu’inattendue…


Les accommodements  raisonnables (2008)

 Paul Stern hésite. Son épouse, Anna sombre peu à peu dans une profonde dépression. Le remariage scandaleux de son père l’accable. La tentation est grande de tout laisser en plan, et l’occasion semble presque trop belle : embauché à Hollywood, Paul rencontre Selma. Elle est le sosie parfait d’Anna, avec trente ans de moins…



 Le cas Sneijder (2011)
Prix Alexandre Vialatte.

La Nouvelle Vie de Paul Sneijder, 2016, adaptation du roman Le cas Sneijder par Thomas Vincent, avec Thierry Lhermitte et Géraldine Pailhas

 Paul Sneijder est l’unique survivant d’un accident d’ascenseur. Sa fille y a perdu la vie. Depuis ce jour, sa perception de la réalité s’est affinée, comme si quelqu’un avait monté le son du vacarme du monde. Comment continuer à vivre, avec une épouse tyrannique qui ramène un poulet rôti les jours où elle voit son amant ? En changeant de métier : promener des chiens, voilà une activité attrayante.

  
La succession (2016)

 Paul Katrakilis est le petit-fils d'un des médecins de Staline, Spyridon, qui a fui l'Union soviétique après la mort de Staline, emportant avec lui un fragment du cerveau du Petit père des peuples, et s'est installé à Toulouse. Son père, Adrian, est lui aussi médecin. Comme son père et son grand-père, Paul fait à son tour des études de médecine, alors qu'il n'a pas la vocation. Les Katrakilis ' Des excentriques. Des fous, peut-être. Tous, y compris la mère et l'oncle de Paul, finiront par se suicider dans des conditions mystérieuses. Paul, lui, mène l'existence d'un homme totalement inadapté au monde, de plus en plus étranger à cette famille qui semble passionnément vouée à sa propre extinction. Cependant, les quelques années qu'il passe en Floride, à Miami, constituent un moment de bonheur unique dans sa vie. Il y rencontre un grand amour, et découvre l'existence du jai alai, ce sport dont la beauté le transporte. Mais ces années heureuses passent vite. Après la mort de son père, il tombe sur d'étranges carnets et comprend enfin ce qu'on lui a toujours caché. Paul va-t-il prendre sa place dans cette lignée d'hommes incapables de vivre Ou bien suivra-t-il son propre destin ?




jeudi 15 août 2019

1969 l'année de mes 16 ans : Woodstock (1)





Tout les ans en août, dans la commune de Florensac dans l'Herault, se tenait une grande foire où nous étions conviés. Mes parents s'y précipitaient pour voir famille et amis. Donc le 15 août 1969 pendant que chez tante Marie-Rose, je goûtais aux joies bien naturelles d’un repas familial, plus de 300 000 personnes sont venus à Woodstock assister à ce qui allait devenir le symbole d'une culture extrêmement riche au niveau musical. Les artistes qui se sont produits au festival de Woodstock ne représentaient pourtant qu'une partie de ce formidable courant essentiellement anglophone, mais un courant qui fut l'une des rares contributions des Etats-Unis au patrimoine mondial culturel.
L’histoire du festival de Woodstock nous ramène en février 69, lorsque ses 4 organisateurs se rencontrent et souhaitent créer un studio dans une petite ville de l'Etat de New York : Woodstock.
Woodstock, petite ville située à150 km au nord de New York, est un lieu de villégiature et de résidences secondaires, où vit une communauté d’artistes, peintres et sculpteurs. Bob Dylan y a acheté une ferme. Les musiciens de The Band, avec lesquels il répète depuis son accident de moto, vivent désormais dans le voisinage, ainsi que Janis Joplin.
John Roberts et Joel Rosenman, après des études universitaires, songent à monter un cabinet d'investissement. John a hérité de 250.000 dollars de l’époque à sa majorité, et tous deux souhaitent investir dans un projet sérieux.
Michael Lang ouvre en 1966 en Floride une Head Shop, boutique où les hippies trouvaient tout ce qui faisait leur art de vivre: des perles indiennes, des bâtonnets d'encens, leurs journaux, des bougies parfumées, des produits diététiques... Michael Lang avait également été l'un des organisateurs du premier Miami Pop Festival. Mais la police ayant fermé sa boutique, il était remonté à New York où il s'était lié d’amitié avec Artie Kornfeld, alors vice président de Capitol. 

                                                                     Michael Lang 
 Début 1969, l’avocat de John et Joël leur présente Michael et Artie qui ont en projet un studio à Woodstock et souhaitent les rencontrer. Le métier du disque est en plein développement, les groupes se multiplient, les techniques évoluent. La construction et l’exploitation d’un studio à Woodstock leur apparaissaient comme une affaire sérieuse à proposer à deux hommes disposant d’un capital illimité.
Le projet n’enchante guère les deux investisseurs, mais au cours d’une discussion Michael envisage un grand concert pour l’inauguration du studio. John et Joël, peu intéressés par un studio, sont beaucoup plus attirés par l’organisation d’un concert. L’époque est au grand rassemblement : il y a eu Monterey en 1967 (70.000 personnes), le Miami Pop Festival en 1968 (100.000 personnes), mais rien n’a pour l’instant eu lieu autour de New York, alors pourquoi pas un festival à Woodstock ?
Dans le petit monde du Rock, le bruit commence à se répandre qu'un grand festival se prépare du côté de Woodstock. Peu après, la rumeur se répand: « Un festival aura lieu pendant l'été à Woodstock, dans la ferme de Dylan, dont ce concert marquera le retour sur scène.» Bob Dylan n'est pas réapparu depuis son accident de moto, mais il vient de sortir son premier album depuis trois ans (John Wesley Harding). Avant même que la promotion démarre, le bouche à oreille commence à assurer la publicité de l'événement. 
 Fin mars, alors que les étudiants occupent leur faculté, commence le feuilleton Woodstock, dont les péripéties rapportées par le presse vont amplifier la notoriété de l'évènement, que propage déjà la rumeur par les canaux innombrables et souterrains du monde aquarien.
Un premier site que négociait Michael lui est refusé sans explications. Les résidents se sont réunit en « Concerned Citizens» et les citoyens concernés ont fait pression : « On ne veut pas de ça chez nous. ». L'intolérance pointée du doigt par le film Easy Rider sorti il y a peu, est belle et bien présente aux Etats-Unis.
John et Joël trouvent alors Mill's Park, emplacement d'une future zone industrielle. Michael n'aime pas l'endroit, plat et sans caractère, qui n'offre pas le cadre vallonné et bucolique dont il rêve; de plus il ne le trouve pas suffisamment isolé. Pas de bonnes vibrations. Une étude du site est malgré tout entreprise au cas où un meilleur lieu ne serait pas trouvé. Cette étude étant satisfaisante les préparatifs peuvent commencer.
Les organisateurs comptent sur 50.000 personnes. Il en viendra six fois plus. Une telle foule demande que soient traités les problèmes d'accueil que posent le présence de dizaines de milliers de personnes rassemblés pendant trois jours, le temps d'un festival, et il faut donc assurer le gîte, le couvert et la sécurité. 
Un ancien chef de la police de San Francisco, partage la même analyse de l'époque que les organisateurs : « Nous sommes en 1969. Il y a une guerre au Vietnam, le mouvement pour les droits civiques a pris un tour révolutionnaire et les campus sont entrés en rébellion. Les jeunes sont souvent engagés politiquement et depuis la convention de Chicago la police est l'ennemi. «Pigs» est devenu un qualificatif courant.
Dans ces conditions, il n'est pas question d'une sécurité classique, employant des hommes en armes et en uniforme, d'autant plus qu'il y a fort à parier que marijuana et LSD vont circuler. L'idée du chef de police est d'employer des flics en congé, avec l'accord de leur hiérarchie sans armes et identifiables par le port d'un tee-shirt marqué d'un sigle « Peace Corps », dont l'écho ne peut manquer de susciter la sympathie du public. Finalement, aucun policier ne participera au festival. 
 Enfin, on fait appel à la «Hog Farm» - ferme du cochon - une commune fondé par Wavy Gravy. Il lui sera confié les services généraux, accueil et organisation de la cuisine centrale des équipes qui travaillent pour le festival. La «Hog Farm» sera aussi charger de responsabiliser la foule afin d'assurer une sécurité sans l'aide de la police. 


lundi 12 août 2019

Woodstock - Three days of peace and music, Michka Assayas GM éditions



"Le présent ouvrage de Michka Assayas, contributeur émérite de Rock & Folk et instigateur du Nouveau Dictionnaire Du Rock en 2 volumes (Robert Laffont, 2014), fait assurément partie du haut du panier. En quelques 170 pages efficacement chapitrées “avant / pendant / après”, l’auteur nous emmène au cœur du rassemblement emblématique de la culture hippie qui changera la face du rock à tout jamais. Le projet initial dans un parc de la commune de Walkill, budgété à 500.000$, prévoyait 100.000 jeunes freaks. Un demi-million d’entre eux feront le pèlerinage à Béthel, à 75 km au sud-ouest de Woodstock, pour assister – gratuitement – aux concerts de 32 groupes. L’organisation de Michael Lang, qui a dû composer avec le refus des uns (Bob Dylan, Led Zeppelin, Jethro Tull) et l’indisponibilité des autres (Mick Jagger, des Rolling Stones, tourne alors Ned Kelly), navigue à vue. Et n’évitera la banqueroute que grâce à l’exploitation du film Woodstock de Michael Wadleigh, joint ici en double blu-ray grâce à l’association GM Editions/ Carlotta Films. Tous les artistes, qu’ils soient maudits (Bert Sommer absent du film, Tim Hardin défoncé), opportunistes (Richie Havens et son “Freedom” en open-tuning de Ré, Joe Cocker précurseur du air-guitar en T-shirt “tie & die”) ou touchés par la grâce (Santana, Sly & The Family Stone), ont inspiré l’auteur. Et, en son temps, Henry Diltz, seul photographe officiel du festival présent pendant deux semaines. La programmation-marathon du 3ème jour, ininterrompue sur plus de 24 heures (running order p. 56-57), aura eu raison des moins motivés… Au petit matin du lundi, Jimi Hendrix, dont le management avait négocié la tête d’affiche et le plus gros cachet du festival (18.000$), donnera un concert d’anthologie pour le dernier carré de fans, clairsemé sur un terrain d’ores et déjà sinistré. “Villanovia Junction” résonne jusqu’au clap de fin: Woodstock, c’est fini. En 2019, les baby-boomers sont à la retraite. La nouvelle génération – celle des pays anglo-saxons, toujours en avance sur leur temps – a faim de protectionnisme. Les Britanniques ont choisi de quitter l’U.E., et Donald Trump appelle à la construction d’un mur-frontière entres les Etats-Unis et le Mexique…"

Jean-Christophe Baugé, Blues magazine

Woodstock - Three days of peace and music, Michka Assayas  GM éditions



jeudi 8 août 2019

1969 l'année de mes 16 ans (14) : Canned Heat : On the road again.



Ce morceau, sorti de nulle part, a atterri sur un électrophone pour me voir spontanément me dandiner du cul comme une pintade psychédélique,  devant une bande de copains, apparemment peu au fait des pratiques des gallinacés. Tout d'abord médusés, ils finirent par faire cercle autour de l'animal et applaudirent  en cadence cette pintade exubérante à deux doigts de tomber par une fenêtre cinq mètres plus bas pour finir en recette de pintade braisée aux lardons dans un livre de Françoise Bernard. Reste en mémoire une après-midi de folie à rivaliser les uns les autres à un concours improvisé de pintades décérébrées. Si je vous dis que j'ai gagné, vous comprendrez dans quel état j'étais. 

"Adepte d'un blues aux relents de gros rock qui « tache », Canned Heat distille une musique à la croisée des chemins du bayou et des quatre voies qui traversent le pays. Grâce à leur prestation très remarquée au mythique Woodstock, les Californiens vont s'imposer lors du festival qui aura révélé nombre de futur rock stars. Sur «On the Road Again», le groupe fait la part belle aux standards du blues et aux traditions d'une musique magnifiée par les parrains du genre comme John Lee Hooker ou Robert Johnson."

En cette année du cinquantenaire de Woodstock "On the road again" par Canned Heat capté au festival était de rigueur. 

lundi 5 août 2019

1969 l'année de mes 16 ans (13) : Jimi Hendrix : Axis : Bold as love





De sinistre mémoire, juste avant ma rupture avec Rita Morfales, l'après-midi de la boum chez mon pote Alain, après-midi mémorable où je m'étais fait chourer deux albums de ma collection Formidable Rhythm And Blues, albums alors remplacés illico sous le coup de la colère par « Cheap Trills » de Janis Joplin et celui d'un total inconnu pour moi, un certain Jimi Hendrix et son album « Axis : Bold as love» à la pochette colorée.

Sorti le 1er décembre 1967, quelques mois à peine après Are You Experienced, Axis: Bold As Love permet à Hendrix de continuer son exploration musicale : on sent l'influence de nombreux styles, notamment le blues, la soul, le rhythm and blues ou le funk. On y trouve en particulier la ballade Little Wing ou encore If 6 Was 9, reprise dans la bande originale du film Easy Rider de Peter Fonda.

Pour ma part j'ai une affection particulière pour Spanish Castle magic. Donc la maison ne reculant de vant aucun sacrifice, vous aurez droit ce jour à deux extraits de l'abum Axis : Bold as love.




mercredi 31 juillet 2019

Etang des Landes, Lussat, Creuse


                                                                                 2015

                                                                               2019

Sur la commune de Lussat, dans la Creuse, la Réserve naturelle de l’étang des Landes "est" riche de 950 espèces animales, dont 240 oiseaux, et de 480 espèces végétales, que la Maison de la Réserve, les observatoires et les sentiers aménagés permettent de mieux approcher.

Les photos qui suivent ont été captées en 2015. Plus bas vous trouverez celles captées le 31 juillet 2019

                                              Cliquez sur les images pour les agrandir










Cependant, sous l'effet de la sécheresse, la réserve naturelle nationale de l'Étang des Landes se réduit comme une peau de chagrin. Le sol est devenu aride, et l'étang quasi-désertique. En temps normal, elle contient 800.000 mètres cubes d'eau, mais selon son conservateur, il ne reste plus que 15% du volume normal. En l'absence de pluie, c'est toute l'étendue d'eau qui pourrait disparaître du paysage d'ici la fin de l'été.