mercredi 16 mai 2018

Tom Wolfe et Acid test


    La presse en parle : L'auteur du «Bûcher des vanités», figure du «Nouveau journalisme», s'est éteint lundi à New York à l'âge de 88 ans. Le dandy en costume trois-pièces blanc immaculé a créé un style hybride, entre littérature et journalisme. 



     Sa disparition est l'occasion de (re)lire ses textes majeurs. Débutant dans le journalisme au début des années 1960, Tom Wolfe est un précurseur du Nouveau journalisme. Il se distingue par son style d'écriture à la ponctuation fébrile et aux descriptions hautes en couleur. Favorisant la perspective subjective, il n'hésite pas à réarranger les faits pour parvenir à une forme de «non-fiction». Pour lui, l'immersion du journaliste compte plus que la réalité brute, tant que l'histoire tient debout.

    Mais si l'on évoque souvent "Le Bûcher des vanités" on en oublie presque son premier livre "Acid Test" qui date de 1968, à croire que Tom Wolfe à disparu ce jour pour en fêter l'anniversaire.


    Dans cet essai rattaché au style alors naissant du Nouveau journalisme, Wolfe dépeint le road-trip du romancier Ken Kesey (l'auteur de "Vol au-dessus d'un nid de coucou" et de son groupe, les Merry Pranksters («joyeux blagueurs»). Faisant le tour des États-Unis en van, ils organisent des rave parties hippies où ils dansent en consommant du LSD. Faisant fi des conventions journalistiques de l'époque, Tom Wolfe se fond dans la masse des Pranksters pour raconter comment les membres du groupe testent des drogues. Ses descriptions romanesques plongent le lecteur dans un monde qui semble fictif, et transforment les personnages du récit en de véritables héros de roman. Acid Test suscite à sa sortie la controverse car ses confrères ont du mal à considérer comme un travail de reportage «cet exercice littéraire de haute volée». Aujourd'hui, il est considéré comme un «livre de référence» par le New York Times.


     Il convient donc de rendre aux Merry Pranksters (les «Joyeux Lurons») le mérite d’avoir posé les bases du mouvement contre-culturel san-franciscain. Organisés autour de Ken Kesey et immortalisés par Tom Wolfe dans Acid Test, mais aussi par les Who (Magic Bus) et le Grateful Dead (The Other One), les Merry Pranksters avaient fondé leur philosophie autour du LSD (légal à l’époque) et d’autres drogues hallucinogènes, convaincus que seules ces substances permettaient à l’être humain de dépasser ses limites, d’accéder à un niveau supérieur de conscience.
«Le LSD! Quelle sacrée chance que d’être tombé dessus par hasard, un secret de taille –le triomphe des souris blanches! Kesey et Lovell eurent vite fait d’essayer toute la gamme des drogues, le LSD, la psilocybine, la mescaline, le peyotl, le IT 290, la super-amphétamine, le Ditran et son coup de massue, les graines à vous réveiller les morts. Ils avaient découvert ce que les cliniciens de Menlo Park eux-mêmes n’auraient jamais… Quelle merveilleuse ironie: les Blouses Blanches étaient censées se servir d’eux. Au lieu de quoi, elles leur avaient fourni la grande clef.» (Acid test)
    C’est ainsi que, le 17 juin 1964, Ken Kesey et ses amis proto-hippies embarquèrent dans un bus d’école International Harvester de 1939 que Kesey avait acheté pour l’occasion. L’idée? Traverser les Etats-Unis pour se rendre à New York, visiter l’Exposition universelle et improviser des soirées –les fameuses Acid tests, qui annoncent en quelques sortes les raves party des années 1990.

    Les Merry Pranksters profitent également du voyage au sein du «Further» (ou Furthur, le nom du bus) pour rencontrer Allen Ginsberg à New York, échanger des pensées avec le pape du LSD Timothy Leary (qui définit en quelque sorte le slogan du mouvement: «Branche-toi, accorde-toi et lâche prise»), laisser Neil Cassady, l'inspirateur du héros de Sur la route, conduire le bus durant une journée et prendre des positions politiques.
Si l’on a souvent reproché à ces «joyeux lurons» de ne penser qu’à s’amuser –George Walker, présent dans le bus, déclara que le bus «pour les petits enfants, était comme le cirque qui arrive en ville»–, ils avaient tout de même peint sur le bus «Un vote pour Barry est un vote pour le plaisir» au moment de traverser Phoenix, la ville du très réactionnaire candidat républicain Barry Goldwater.

   Le but des Merry Pranksters, il faut le rappeler, était de filmer l’ensemble du voyage dans l’idée d’inventer un nouveau genre cinématographique, plus spontané et ancré dans le présent.
Si le film n’a finalement jamais vu le jour, l’action du collectif n’est pas restée vaine. Alors que l’Amérique faisait encore son deuil de John F. Kennedy, les Merry Pranksters, eux, célébraient l’innocence, la spontanéité des années 1960 –une démarche malheureusement éclipsée à l’époque par l’arrivée des Beatles en terres américaines et la signature du Civil Rights Act.
«L’autobus se dandine à travers les stations de péage des super-autoroutes, et les micros du toit enregistrent les claquements, les sonneries et les murmures des employés, et les freins qui grincent, et les changements de vitesse, tous les bruits de la véritable Amérique, dont on se protège partout ailleurs, ils leur revenaient tous, et amplifiés, à l’intérieur de l’autobus, tandis que la caméra de Hagen filmait les visages, les visages de Phoenix, les flics, les gérants de stations-service, les traînards et les fouettards de l’Amérique, chacun à son cinéma, et tout ça était enregistré, conservé, empilé, dans l’autobus.» (Acid test.)
«Le bus est le plus grand symbole des années 1960», déclare aujourd’hui Zane Kesey (fils de) qui vient de réaliser une campagne Kickstarter pour fêter le 50e anniversaire de ce voyage et refaire le trajet.

«Ce n’est pas le même bus que celui utilisé par mon père et ses amis, qui est actuellement dans un marais derrière sa ferme dans l’Oregon. Toutefois, celui-ci lui appartient également, il s’en est d’ailleurs beaucoup plus servi que le bus de 1964, mais il date de 1947 et il est encore plus coloré.»
Après plus de trois semaines de campagne, le Further 2.0 a donc repris la route le 17 juin dernier: parti de l’Oregon, il a déjà fait escale à New York (à l’occasion du Brooklyn Bowl), Baltimore, au Mountain Sky (dans le Jermyn), à Chicago, à Woodstock et s’arrêtera le 27 septembre à Montville (Connecticut). Une route longue de plus de 13.000 kilomètres qui, grâce à l’argent récolté, pourrait toutefois se prolonger, dans le sud ou sur la côte Ouest des Etats-Unis notamment:
«La campagne a été un gros succès. On a réuni bien plus que l’argent souhaité pour le trip [43.034 dollars, soit un peu moins de 32.000 euros, au lieu des 27.500 dollars souhaités, NDLR]. Ce qui nous a non seulement permis de perfectionner un peu le voyage, d’acheter un nouveau sound system et de nouvelles lumières, mais aussi d’ensivager de poursuivre l’aventure plus longtemps.
Je sais que beaucoup pourraient craindre le fait d’effectuer un road-trip dans un bus vieux de 60 ans, mais, grâce à Facebook et aux autres réseaux sociaux, nous avons pris la précaution de vérifier les garages à proximité qui pourraient nous fournir les pièces nécessaires. Il est donc prêt à affronter n’importe quelle situation et n’importe quel évènement.»
Les situations, justement, se sont multipliées depuis le 26 juillet –date à laquelle les festivités ont vraiment commencé, direction Madison dans le Wisconsin. Toutes plus folles les unes que les autres.


   Il y a d’abord cette femme qui intercepte le bus sur la route afin de demander à Kesey et sa bande de disperser les cendres de son défunt mari, puis ces autostoppeurs arrivés par hasard dans l’aventure et qui resteront plus de 965 kilomètres dans le bus ou encore ce couple qui s’est marié sur le bus il y a quelques semaines lors du 45e anniversaire du festival de Woodstock –un évènement au cours duquel les nouveaux Pranksters ont été accueillis par des festivaliers criant «Bienvenue à la maison!». Un accueil dont se réjouissait Derek Stevens, à l’initiative du projet aux côtés de Zane Kesey, au The Daily Beast:
«Lorsque nous arrivons en festival, les gens perdent vraiment leurs esprits. Pour beaucoup, c’est la première fois qu’ils voient le bus en vrai et il est donc plutôt courant de voir certains festivaliers fondre en larmes.»
Ce à quoi Zane Kesey ajoute:
«Avec Derek, on souhaite laisser une place au hasard et au plaisir des rencontres. C’est pour ça que le carnet de bord du voyage visible sur notre page Facebook est en permanence modifié. Pour le moment, nous sommes déjà heureux d’avoir réunis quelques membres des Merry Pranksters, des musiciens d’hier et d’aujourd’hui, mais aussi d’avoir participé au Lockn’ Festival en Virginie où Furthur, le side-project d’un membre du Grateful Dead, jouait son unique concert de l’année. Et ce n’est pas fini: d’ici quelques jours, nous allons nous arrêter au Phases Of The Moon Festival dans l’Illinois et au festival d’art Great North, où l’on espère que les artistes peindront le bus. Il reste encore de belles choses à vivre, à découvrir et à partager.»
Rappelons en effet que le bus sert également de studio d’enregistrement avec une diffusion FM en direct. «C’est l’essence même de notre voyage», affirme Zane Kesey.
On peut bien sûr se poser la question de l’authenticité de ce road-trip: est-ce vraiment respecter l’esprit hippie et la liberté des sixties que de faire payer le trajet 200 dollars? On peut également se demander si cela ne tient pas de la pure utopie: que reste-il, après tout, des années 1960 aujourd’hui? Les idéaux de cette décennie sont-ils encore d’actualité ou peuvent-ils renaître? Les transformations qu’a subi le monde depuis ne sont-elles pas trop lourdes?
«Comprendre tout ça, c’est notre but», répond illico Zane Kesey, qui refuse de tomber dans une vaine nostalgie des sixties, reconnaissant à plusieurs reprises lors de notre entretien que cette décennie était loin d’être parfaite:
«Les sixties ont bien entendu permis aux gens d’envisager la vie autrement, de construire de réels projets, et pas nécessairement ceux que la société leur a indiqués.
Avant les sixties, tout était vraiment très ordonné, les gens sortaient tout juste de la Seconde Guerre mondiale, les filles avaient une vie toute tracée: aller à l’école, rencontrer un mari, avoir des enfants et mourir. Cette décennie a donc été une étrange combinaison d’utopies et d’affreux cauchemars.
Après ça, beaucoup de gens se sont perdus, ont multiplié les prises de drogues et autres. Moi, je ne prends pas de drogues et je n’ai même pas besoin d’alcool pour faire la fête.»
«Tout ce que je veux, c’est parler aux gens dans la rue et rendre hommage au voyage de mon père, celui qui a donné naissance à toute la scène psychédélique.»
Une façon de rappeler que Zane Kesey n’a rien d’un illuminé et que son projet est avant tout une façon de célébrer un voyage à jamais fantasmé tout en utilisant les moyens de notre époque (le bus est équipé du wi-fi et les photos du voyage sont mises à jour en temps réel sur Facebook).

sources Slate.fr 


● Le Bûcher des vanités 

Le premier roman de Tom Wolfe est rapidement devenu un best-seller mondial avant d'être adapté au cinéma par Brian De Palma en 1990, avec Tom Hanks dans le rôle principal. Le bûcher des vanités est un drame mettant en scène un trader de New York dont les ambitions sont ruinées après qu'il écrase en voiture un homme noir. Cette chronique sociale acerbe et désopilante est devenue emblématique du New York des années 1980, bouillonnant de tensions culturelles et raciales.

  Moi, Charlotte Simmons

Grand admirateur du naturalisme français du XIXe siècle, Tom Wolfe aimait se présenter comme un «secrétaire» de son époque, à la manière de Balzac et Zola. Dans ce roman publié à 73 ans, le dandy au chapeau blanc braque sa loupe cynique sur le système éducatif américain. La jeune Charlotte Simmons, boursière dans une fac d'élite, est confrontée à la jeunesse dorée américaine et découvrir les mœurs libertines de ses congénères. Débauche de sexe, de drogues, sont décrites d'un ton réprobateur par celui qui assumait son conservatisme, mais préférait parler d'une lutte contre le «politiquement correct».

L'étoffe des héros 

 En toile de fond: la guerre froide que se livrent les Américains et les Russes.
- L'enjeu: rien moins que les étoiles.
- Le projet: Mercury.
- Les héros: sept astronautes à la conquête du ciel, courageux, pleins d'expérience, prêts à payer de leur peau pour goûter à la gloire.
- Héroïque, Chuck Yeager qui a franchi le premier le mur du son. - Héroïque, John Glenn qui effectue le premier vol orbital jamais réalisé par un Américain.
- Héroïque, Gus Grissom qui réussit sa difficile mission... mais voilà qu'il saute à la mer, pris de panique !

Ils ont peur, ces héros? Et leurs femmes pleurent?... Ça, des as? Ou "des fils de p..., des salopards", comme le prétend Pancho Barnes, la patronne du bar, théâtre de scènes d'un grand comique. Ou des singes, puisqu'ils subissent les mêmes tests que les animaux de laboratoire et qu'on leur dit sans cesse que le premier à effectuer le projet Mercury sera... un chimpanzé.

Ou des pantins entre les mains des médias américains. Un peu de tout cela, donc des hommes, écrit en substance Tom Wolfe. Et leur "Étoffe" est humaine, tout simplement.

vendredi 11 mai 2018

Willy Ronis par Willy Ronis 27 avril au 29 septembre 2018





 Willy Ronis est l’une des plus grandes figures de cette photographie dite «humaniste», attachée à capter fraternellement l’essentiel de la vie quotidienne des gens. À partir de 1985, Willy Ronis se plonge dans son fonds photographique pour sélectionner ce qu’il considère comme l’essentiel de son travail. Il réalise une série de six albums, constituant ainsi son «testament photographique». Ces albums inédits sont la matrice de cette exposition. À l’invitation de Frédérique Calandra, Maire du 20e arrondissement, Willy Ronis par Willy Ronis est à voir et à écouter du 27 avril au 29 septembre 2018, au Pavillon Carré de Baudouin, au cœur de ce quartier de Paris qu’il aimait tant.  L’exposition est organisée conjointement par la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine (MAP) et la mairie du 20e arrondissement.


Rose Zehner, déléguée syndicale, pendant une grève chez Citroën, Javel, 1938 © Willy Ronis

Devenu reporter photographe en 1936, Willy Ronis mène de front commandes et recherches personnelles. Observant le monde, ses photos dressent une sorte de portrait à la fois intimiste et profond de la société et de l’époque. Elles constituent un immense travelling qui donne à voir, à comprendre et à aimer les gens dans l’ordinaire de leur vie. En plaçant l’homme au centre de son œuvre, en posant sur lui un regard optimiste et bienveillant, Willy Ronis n’en néglige pas pour autant de rendre compte de la dureté de l’époque, d’où ces nombreuses images sur le monde du travail et les luttes ouvrières, marquant son empathie et un engagement social qui perdure tout au long de son œuvre.


Pendant le défilé de la victoire du Front Populaire, rue Saint Antoine, 14 juillet 1936 © Willy Ronis

  En France comme à l’étranger, de multiples expositions et publications – dont Belleville-Ménilmontant en 1954, livre culte auquel une salle entière de l’exposition est consacrée – ont jalonné le parcours de Willy Ronis, marqué entre autres par le Grand Prix national des Arts et des Lettres, qui lui est décerné en 1979, et la grande rétrospective du Palais de Tokyo en 1985 célébrant la donation faite par le photographe de l’ensemble de son œuvre à l’État français en 1983. Au cœur de celle-ci figurent en bonne place les six grands albums composés et sélectionnés par Willy Ronis lui-même, qui accompagne chaque photographie de réflexions et de commentaires très détaillés sur les circonstances de la prise de vue comme du matériel utilisé. Outre les photographies exposées, près de deux cents, réalisées entre 1926 et 2001, le public pourra également feuilleter les albums à partir de bornes composées de tablettes interactives. Par ailleurs, une série de films et de vidéos réalisés sur Willy Ronis sera projetée dans l’auditorium selon une programmation particulière. Une occasion unique d’entrer de plain-pied dans l’univers personnel de l’artiste.


         Le nu provençal, Gordes, 1949 © Willy Ronis

Du  27 avril 2018 au  29 septembre 2018 : De 11h à 18h du mardi au samedi Tarif : 0 Lieu : Pavillon Carré de Baudouin Adresse : 121, Rue De Ménilmontant Ville : Paris 75020 Métro/Transport : Gambetta.

 "Cette photo, je l'ai faite en 1950. J'étais là, dans cet escalier, j'attendais quelque chose, parce que je voulais qu'il y ait un peu de monde qui passe. À un moment donné, j'entends une voix de femme derrière moi, qui parlait à son enfant, qu'elle tenait dans ses bras. J'ai attendu qu'elle me dépasse, et miracle, miracle qui arrive quelquefois dans la photographie : quand elle est arrivée en bas, est passé cet attelage étonnant - car même en 1950 il n'y avait plus tellement d'attelages avec des chevaux. Et ce qui est amusant, c'est qu'il y a en même temps cet ouvrier municipal, qui en train de réparer ses feux tricolores, et des femmes qui promènent leurs enfants dans des poussettes derrière. Et puis le petit cordonnier qui parle avec le client. Et le petit chat noir, en bas de l'escalier. C'est une photo pleine d'histoires !" Citation de Willy Ronis extraite du film "Autoportrait d'un photographe", de Michel Toutain et Georges Chatain, 1983, 52' (production Pyramide Productions).



jeudi 10 mai 2018

A Willy Ronis


Rue Simon Bolivar. Copyright Willy Ronis 1950


"Cette photo, je l’ai faite en 1950. J’étais là, dans cet escalier, j’attendais quelque chose, parce que je voulais qu’il y ait un peu de monde qui passe. À un moment donné, j’entends une voix de femme derrière moi, qui parlait à son enfant, qu’elle tenait dans ses bras. J’ai attendu qu’elle me dépasse, et miracle, miracle qui arrive quelquefois dans la photographie : quand elle est arrivée en bas, est passé cet attelage étonnant - car même en 1950 il n’y avait plus tellement d’attelages avec des chevaux. Et ce qui est amusant, c’est qu’il y a en même temps cet ouvrier municipal, qui en train de réparer ses feux tricolores, et des femmes qui promènent leurs enfants dans des poussettes derrière. Et puis le petit cordonnier qui parle avec le client. Et le petit chat noir, en bas de l’escalier. C'est une photo pleines d'histoires." Willy Ronis 

Rue Simon Bolivar. Copyright CS 2007

"Cette photo, je l’ai faite en 2007. J’étais là, dans cet escalier assis sur les marches de cette photo célèbre de Willy Ronis. j’attendais quelque chose, parce que je voulais qu’il y ait au moins une personne qui passe. À un moment donné, quelqu'un est descendu derrière moi en sifflotant.  Quand elle est arrivée en bas, j’ai imaginé que cette personne qui sifflotait était l'un des enfants que cette maman portait dans ses bras. Ce qui est amusant, c’est que depuis 1950 les ouvriers de la voirie n’ont pas refait la chaussée. Le feu tricolore nous tire une gracieuse révérence. Le cordonnier à fermé ses portes et le petit chat est mort. E A sa manière c’est aussi une photo pleine d’histoires !"  Christian Solans

mardi 1 mai 2018

Images en lutte. Palais des Beaux-arts jusqu'au 20 mai


    
    Un demi-siècle après les événements de Mai, la France s'apprête à revenir sur la période, pour la commémorer et en fêter les aspects positifs pour les uns, pour en fustiger les débordements et les effets néfastes pour d'autres. L'exposition "Affiches en lutte" propose de redécouvrir cette iconographie là-même où elle fut conçue, aux Beaux-Arts de Paris. Une œuvre qui se voulait éphémère et qui s'est quand même inscrite dans l'histoire de ce mois de mai festif et revendicatif.
Images en lutte. La culture visuelle de l’extrême gauche en France (1968-1974). Palais des Beaux-Arts, 13, quai Malaquais, Paris 6e. Du mardi au dimanche de 13 heures à 19 heures. Entrée 4 € et 7,50 €. Jusqu’au 20 mai. 
Le Mucem à Marseille présente sur le même thème : 

mercredi 25 avril 2018

Lisbonne en noir & blanc (2)

                                                  Cliquez sur les images pour les agrandir

samedi 21 avril 2018

Delacroix, musée du Louvre 29 mars au 23 juillet 2018




   Réunissant 180 œuvres, cette rétrospective  inédite depuis  l’exposition parisienne qui commémorait en 1963 le centenaire de la mort de l’artiste.
     Malgré sa célébrité, il reste encore beaucoup à comprendre sur la carrière de Delacroix. L’exposition propose une vision synthétique renouvelée, s’interrogeant sur ce qui a pu inspirer et diriger l’action  prolifique de l’artiste, et déclinée en trois grandes périodes.
     La première partie traite de la décennie 1822-1832 placée sous le signe de la conquête et de l’exploration des pouvoirs expressifs du médium pictural ; la seconde partie cherche à évaluer l’impact de la peinture de grand décor mural (activité centrale après 1832) sur sa peinture de chevalet où  s’observe une attraction simultanée pour le monumental, le pathétique et le décoratif ; enfin, la  dernière partie s’attache aux dernières années, les plus difficiles à appréhender, caractérisées par une ouverture au paysage et par un nouveau rôle créateur accordé à la mémoire.

Du 29 mars 2018 au 23 juillet 2018
Musée du Louvre
Pyramide - Cour Napoléon
Billet unique : 15€ 

lundi 16 avril 2018

Mary Cassatt une impressionniste américaine à Paris









     L’exposition met à l’honneur l’unique figure féminine américaine du mouvement impressionniste, qui, repérée par Degas au Salon de 1874, exposera par la suite régulièrement aux côtés du groupe. Cette monographie permettra aux visiteurs de redécouvrir Mary Cassatt à travers une cinquantaine d’oeuvres majeures, huiles, pastels, dessins et gravures, qui, accompagnés de divers supports documentaires, raconteront toute la modernité de son histoire, celle d’une Américaine à Paris.

    Issue d’une riche famille de banquiers américains d’origine française, Mary Cassatt a séjourné quelques années en France durant son enfance, puis poursuivi ses études à l’Académie des Beaux-Arts à Pennsylvanie, avant de s’installer définitivement à Paris. Ainsi, elle n’a cessé de naviguer entre deux continents. Cette dualité culturelle se répercute sur le style singulier de l’artiste qui a su se frayer un chemin dans le monde masculin de l’art français et réconcilier ces deux univers.
    Tout comme Berthe Morisot, Mary Cassatt excelle dans l’art du portrait, qu’elle approche de manière expérimentale. Influencée par le mouvement impressionniste et ses peintres aimant à dépeindre la vie quotidienne, Mary Cassatt a pour sujet de prédilection les membres de sa famille qu’elle représente dans leur environnement intime. Son regard unique et son interprétation moderniste du sujet traditionnel de la mère à l’enfant lui vaudront, par ailleurs, une reconnaissance internationale. À travers cette thématique, le public reconnaîtra de nombreuses facettes familières de l’impressionnisme et du postimpressionnisme français et découvrira de nouveaux éléments qui relèvent de l’identité farouchement américaine de Mary Cassatt.
    L’exposition réunit une sélection de prêts exceptionnels provenant des plus grands musées américains, comme la National Gallery of Art de Washington, le Metropolitan Museum of Art de New York, le Museum of Fine Arts de Boston, le Philadelphia Museum of Art, ou la Terra Foundation à Chicago, mais aussi d’institutions prestigieuses en France – Musée d’Orsay, Petit Palais, INHA, BnF… – et en Europe – Musée des beaux-arts de Bilbao, Fondation Calouste Gulbenkian à Lisbonne, Fondation Bührle à Zurich… De nombreuses oeuvres proviennent également de collections privées. Rarement exposés, ces chefs-d’oeuvre sont réunis ici pour la première fois.

Exposition Mary Cassatt - Une impressionniste américaine à Paris
Du 9 mars au 23 juillet 2018. Musée Jacquemart André
158 Boulevard Haussmann
75008 Paris