samedi 23 juin 2018

Genesis, Sebastiao Salgado, fondation GoodPlanet jusqu'au 16 décembre 2018



La Fondation GoodPlanet accueille l’exposition Genesis du photographe Sebastião Salgado à compter du 9 juin jusqu’au 16 décembre 2018. 60 photos grand format présentées en extérieur comme la quête du monde des origines par son auteur.





Genesis est la quête du monde des origines, celui qui a évolué pendant des millénaires avant d’être confronté au rythme de la vie actuelle, avant d’oublier ce qui fait de nous des êtres humains. Cette exposition nous présente des paysages, des animaux et des peuples qui ont su échapper au monde contemporain. Elle met à l’honneur ces régions vastes et lointaines où, intacte et silencieuse, la nature règne encore dans toute sa majesté.
On peut s’abreuver à la splendeur des régions polaires, des forêts tropicales, des savanes, des déserts torrides, des montagnes dominées par des glaciers et des îles solitaires. Si certains climats sont trop froids ou arides pour la plupart des formes de vie, on trouvera dans d’autres régions des animaux et des peuples qui ne pourraient survivre sans cet isolement. Ils forment ensemble une incroyable mosaïque où la nature peut s’exprimer dans toute sa grandeur.
Les photographies de Genesis aspirent à révéler cette beauté. L’exposition constitue un hommage à la fragilité d’une planète que nous avons tous le devoir de protéger.

Lélia Wanick Salgado Commissaire de l'exposition


Fondation GoodPlanet
Agence environnementale à Paris
1 Carrefour de Longchamp, 75116 Paris















jeudi 14 juin 2018

Hugo Pratt, lignes d'horizons



Plongez dans l’univers d’Hugo Pratt. (lien), cet artiste qui a marqué durablement le paysage de la bande dessinée en donnant naissance à Corto Maltese, le marin romantique ; incarnation parfaite de l’anti héros.
À l’image de Corto, Hugo vécut intensément : de voyages, de lectures et de rencontres. Des thèmes qui sont autant d’escales dans un parcours d’exposition au long cours ; immersif, presque initiatique. Du « Grand Nord » au « Grand Océan », cette « littérature dessinée », ouverte sur le monde, dialogue avec les objets de collections présentés dans l’exposition.





Hugo Pratt, lignes d'horizons, au Musée des confluences de Lyon, jusqu’au 24 mars 2019. Ouvert du mardi au vendredi de 11 heures à 19 heures (nocturne le jeudi jusqu’à 22 heures), samedi et dimanche de 10 heures à 19 heures. Tarifs: 9 euros (normal) et 6 euros (réduit).




lundi 11 juin 2018

Gilles Caron, Paris 1968, hôtel de ville de Paris





A l’occasion du 50e anniversaire des évènements de Mai 68, la Ville de Paris et la Fondation Gilles Caron présentent la première grande exposition du photographe Gilles Caron à Paris. Du 4 mai au 28 juillet 2018 à l’Hôtel de Ville, les Parisien·ne·s, mais aussi les visiteuses et les visiteurs pourront découvrir les étapes d’une année décisive.
Une exposition majeure du photographe Gilles Caron sera présentée à l’Hôtel de Ville, dans la salle Saint-Jean, à partir du 4 mai, à l’occasion du 50ème anniversaire des événements de mai 1968. En 7 sections, le public pourra découvrir le Paris de 1968 à travers la présentation d’environ 300 photographies, incluant des clichés d’époque et des épreuves modernes d’après les négatifs originaux conservés dans les archives en grande partie inédites de la fondation Gilles Caron.




 Gilles Caron est un des  photographes qui a révélé certaines icônes de mai 1968. Parisien, il décrypte la société française tout en couvrant les conflits autour de la planète pour l’agence Gamma. Il met en images les contrastes de la France des Trente Glorieuses, riche de la culture populaire et inquiète des luttes sociales. 





L’exposition proposera ainsi de découvrir ce Paris 68, devenu la capitale d’une révolte que Gilles Caron met en résonance avec le monde. Suivre Gilles Caron en 68 c’est plonger dans une France des premiers combats étudiants et du succès du cinéma de la Nouvelle Vague, de la mode des sixties qui s’exprime dans la rue comme sur les plateaux de télévision, une vie politique qui tourbillonne autour du vénérable Général de Gaulle qui achève son destin d’homme d’État, un pays qui se regarde dans sa capitale en pleine effervescence. 1968 pour Caron, c’est aussi le double regard sur sa ville et sur un monde qui se fracture.





Du 4 mai 2018 au 28 juillet 2018
Hôtel de Ville
Place de l'Hôtel de ville
75004 Paris 4
Gratuit

jeudi 7 juin 2018

Simone de Beauvoir : Mémoires



   «Une journée où je n'écris pas a un goût de cendres», disait-elle. Simone de Beauvoir (1908-1986) fut philosophe, romancière, théoricienne du féminisme, militante anticolonialiste, elle fut la moitié du «couple existentialiste» (et mythique) qu'elle forma avec Sartre, et elle fut aussi, bien sûr, une des grandes mémorialistes de notre temps. 

   L'écriture de soi a toujours été présente dans sa vie. Dès ses dix-huit ans, elle tint un journal intime. Elle continua sa vie durant, par intermittence. C'est la volonté de raconter son amie d'enfance, Zaza, et la douleur liée à sa disparition qui font se concrétiser son désir autobiographique. Commencées en 1956, les Mémoires d'une jeune fille rangée paraissent en 1958. Ce livre allait devenir le premier volume d'une vaste et ambitieuse entreprise mémoriale. Pourtant, à l'origine, il devait se suffire à lui-même : Simone de Beauvoir y avait assouvi son ambition de «totalité». Mais il amorça un processus d'écriture qui allait se déployer sur un quart de siècle.
  «On ne peut jamais se connaître mais seulement se raconter.» Des Mémoires à La Cérémonie des adieux (1981), six ouvrages couvrent pratiquement toute l'existence de Beauvoir, de sa naissance à la mort de Sartre en avril 1980. S'y succèdent toutes les modalités du récit de soi. L'autobiographie dans Mémoires d'une jeune fille rangée, où elle retrace la conquête de son autonomie et fait revivre son désir d'adolescente : «devenir un écrivain célèbre». Les mémoires, récit d'une vie dans sa condition historique, avec La Force de l'âge (1960), qui suit le parcours du «Castor» de 1929 à 1944 – dix années de liberté et de bonheur brisées par la guerre, et par la prise de conscience d'une sorte d'aveuglement –, puis La Force des choses (1963), où le passé remémoré finit par rejoindre le moment de la rédaction et où l'écriture de soi rallie l'écriture du monde. L'autoportrait, dans Tout compte fait (1972), où la stricte chronologie le cède au thématique. Le témoignage enfin, dans La Cérémonie des adieux, où Beauvoir évoque les dix dernières années de la vie de Sartre. Au centre, Une mort très douce (1964), court et admirable récit consacré à la maladie et à la disparition de sa mère.
L'œuvre mémoriale de Simone de Beauvoir ne cessa d'enlacer l'Histoire. «Répertoire des rêves d'une génération», embrassant la presque totalité du XXe siècle, elle fut souvent lue comme un document, un précieux témoignage sur une époque. «Ses souvenirs sont les nôtres, disait François Nourissier ; en parlant d'elle, Simone de Beauvoir nous parle de nous.» Le temps est sans doute venu de la lire autrement, comme une œuvre littéraire. On a parfois reproché à Beauvoir sa sèche précision, la monotonie de son style ou bien encore une écriture trop «intellectuelle». C'était ne pas voir que ce style, recherché par elle, relevait de la mise à distance du monde et de la volonté de faire entendre sa propre voix, vivante.

sources Gallimard

mercredi 23 mai 2018

Philip Roth





  «Le combat avec l'écriture est terminé», avait-il noté sur un post-it collé sur son ordinateur.
Grand ténébreux au sourcil broussailleux, petit-fils d'immigrés juifs d'Europe de l'Est, Philip Roth a écrit, debout à son pupitre, près de 30 romans: récits provocateurs des mœurs de la petite bourgeoisie juive américaine, satires politiques, réflexions sur le poids de l'Histoire ou sur le vieillissement, ses œuvres sont presque toujours entre autobiographie et fiction. 
   Sa plume exigeante et sa lucidité implacable sur la société américaine ont fait de lui une figure majeure de la littérature d'après-guerre. C'est le seul écrivain vivant dont l'oeuvre a été éditée par la Library of America. En France, il vient d'être édité dans la prestigieuse collection de La Pléiade. 

   Philip Roth a livré une vision à la fois délicate et lucide de l'Amérique moderne, entre pornographie, adultère, antisémitisme et fanatisme, détricotant patiemment le rêve américain. «La littérature n'est pas un concours de beauté morale», affirmait-il.

 ll est notamment l'auteur de La Tache, Le Complot contre l'Amérique et Pastorale américaine, qui lui a valu le prix Pulitzer en 1998. C'est Portnoy et son complexe  qui l'avait révélé au grand public en 1969. L'ouvrage avait fait scandale, à la fois pour ses descriptions sexuelles très crues et sa façon d'aborder la judaïté.




 Après trente-six ans, Zuckerman l'écrivain retrouve Seymour Levov dit « le Suédois », l'athlète fétiche de son lycée de Newark. Toujours aussi splendide, Levov l'invincible, le généreux, l'idole des années de guerre, le petit-fils d'immigrés juifs devenu un Américain plus vrai que nature. Le Suédois a réussi sa vie, faisant prospérer la ganterie paternelle, épousant la très irlandaise Miss New Jersey 1949, régnant loin de la ville sur une vieille demeure de pierre encadrée d'érables centenaires : la pastorale américaine. Mais la photo est incomplète, car, hors champ, il y a Merry, la fille rebelle.
Et avec elle surgit dans cet enclos idyllique le spectre d'une autre Amérique, en pleine convulsion, celle des années soixante, de sainte Angela Davis, des rues de Newark à feu et à sang... Passant de l'imprécation au lyrisme, du détail au panorama sans jamais se départir d'un fond de dérision, ce roman de Philip Roth est une somme qui, dans son ambiguïté vertigineuse, restitue l'épaisseur de la vie et les cicatrices intimes de l'Histoire.



 À la veille de la retraite, un professeur de lettres classiques, accusé d'avoir tenu des propos racistes envers ses étudiants, préfère démissionner plutôt que de livrer le secret qui pourrait l'innocenter. Tandis que l'affaire Lewinski défraie les chroniques bien-pensantes, Nathan Zuckerman ouvre le dossier de son voisin Coleman Silk et découvre derrière la vie très rangée de l'ancien doyen un passé inouï, celui d'un homme qui s'est littéralement réinventé, et un présent non moins ravageur : sa liaison avec la sensuelle Faunia, femme de ménage et vachère de trente-quatre ans, prétendument illettrée, et talonnée par un ex-mari vétéran du Vietnam, obsédé par la vengeance et le meurtre. Après Pastorale américaine et J'ai épousé un communiste, La tache, roman brutal et subtil, complète la trilogie de Philip Roth sur l'identité de l'individu dans les grands bouleversements de l'Amérique de l'après-guerre, où tout est équivoque et rien n'est sans mélange, car la tache " est en chacun, inhérente, à demeure, constitutive, elle qui préexiste à la désobéissance, qui englobe la désobéissance, défie toute explication, toute compréhension. C'est pourquoi laver cette souillure n'est qu'une plaisanterie de barbare et le fantasme de pureté terrifiant ".




 Jour et nuit, au travail et dans la rue - à trente-trois ans d'âge, et il rôde toujours dans les rues, avec les yeux hors de la tête. Un vrai miracle qu'il n'ait pas été réduit en bouillie par un taxi étant donné la façon dont il traverse les grandes artères de Manhattan à l'heure du déjeuner. Trente-trois ans, et toujours à mater et à se monter le bourrichon sur chaque fille qui croise les jambes en face de lui dans le métro.


- 1959: "Goodbye, Colombus" (recueil de nouvelles)
- 1962: "Laisser courir"
- 1967: "Quand elle était gentille"
- 1969: "Portnoy et son complexe"
- 1971: "Tricard Dixon et ses copains"
- 1972: "Le sein"
- 1973: "Le grand roman américain"
- 1974: "Ma vie d'homme"
- 1976: "Du côte de Portnoy et autres essais" (essai)
- 1977: "Professeur de désir"
- 1979: "L'écrivain des ombres"
- 1981: "Zuckerman délivré"
- 1983: "La leçon d'anatomie"
- 1985: "L'orgie de Prague"
- 1986: "La contrevie"
- 1988: "Les faits: autobiographie d'un romancier" (mémoires)
- 1990: "Tromperie"
- 1991: "Patrimoine: une histoire vraie" (mémoires)
- 1993: "Opération Shylock: une confession"
- 1995: "Le théâtre de Sabbath"
- 1997: "Pastorale américaine"
- 1998: "J'ai épousé un communiste"
- 2000: "La tache"
- 2001: "La bête qui meurt" et "Parlons travail" (essai)
- 2004: "Le complot contre l'Amérique"
- 2006: "Un homme"
- 2007: "Exit le fantôme"
- 2008: "Indignation"
- 2009: "Le rabaissement"
- 2010: "Némésis"









lundi 21 mai 2018

Corot, le peintre et ses modèles, musée Marmottan jusqu'au 08 juillet 2018







 
    
Aujourd’hui universellement célèbre pour ses paysages, Camille Corot fut aussi un immense peintre de figures ; Degas l’estimait d’ailleurs tout particulièrement en ce domaine, soulignant sa modernité. Portraits d’intimes et nus étranges, paysannes romaines et moines absorbés dans la lecture, enfants et modèles d’ateliers, femmes à la mode et hommes en armures, Corot aborda tous les genres avec succès, des toutes petites effigies de ses intimes à ses monumentales figures de fantaisie, dont la Femme à la perle du Louvre est la plus célèbre.


   
Contemporain aussi bien d’Ingres auquel il rend hommage que de Courbet ou du jeune Manet, auquel il se confronte, Corot, au cours de sa longue carrière, cherche, avec ses figures, à élever un pont entre tradition et modernité.

 
    Riche d’une soixantaine de chefs-d’œuvre provenant des plus importantes collections publiques et privées d’Europe et des États-Unis (musée du Louvre, musée des Beaux-Arts de Lyon, musée d’Art et d’Histoire de Genève, Fondation Collection E.G. Bührle de Zurich, le Metropolitan Museum of Art de New York, la National Gallery of Art de Washington, la collection Thyssen-Bornemisza de Madrid,…), l’exposition organisée par le musée Marmottan Monet entend mettre en lumière cet aspect aussi original que brillant de la production de celui qui fut le premier paysagiste moderne.