vendredi 17 mai 2019

Peindre dans la vallée de la Creuse 1830-1930







      Piqure de rappel. Plus que quelques jours pour aller voir la magnifique exposition présentée à l'atelier Grognard de Rueil Malmaison : Peindre dans la vallée de la Creuse. 
      Pendant un siècle, les paysages entre Berry et Limousin révèlent leur intérêt artistique à des peintres classiques, modernes ou avant-gardistes, dont le séjour dans cette région reste encore aujourd’hui un moment moins connu de leur vie et de leur production. Théodore Rousseau, Claude Monet, Francis Picabia, Othon Friesz, Anders Osterlind, Armand Guillaumin, tous sont venus en Creuse pour capturer la beauté de cette « mignonne suisse » comme se plaisait à l’appeler George Sand.

Les œuvres présentées dans l’exposition retracent l’histoire du foyer artistique de la vallée de la Creuse qui se distingue, dès 1832, grâce à Jules et Victor Dupré qui attirent d’autres paysagistes à la recherche de motifs pittoresques. 

Une partie importante de l’exposition sera consacrée aux paysages impressionnistes autour de deux figures majeures : Claude Monet et Armand Guillaumin. Le premier y débute le principe des séries en réalisant dix-sept variations picturales du même motif, le dernier y travaille pendant près de 30 ans et transforme la Creuse en site de référence artistique en utilisant, bien avant les premiers Fauves, les couleurs pures. Une vingtaine de ses œuvres seront, exceptionnellement, présentées à l’Atelier Grognard.

Entre 1900 et 1930, les paysages de la Creuse continuent d’attirer les peintres en recherche d’innovations plastiques comme Othon Friesz ou Francis Picabia mais la mise en eau du barrage d’Éguzon en 1926 met brusquement fin à cette aventure creusoise qui aura accueilli, pendant près d’un siècle, plus de 400 artistes venus de toute l’Europe.

L’importance du foyer artistique de la Creuse dans l’histoire de l’art a longtemps été éludée alors que s’y déroulèrent de nombreuses expériences picturales majeures. La conception de cette exposition inédite est le fruit d’un important travail mené sous la gouverne de Véronique Alemany, commissaire scientifique de l’exposition et historienne de l’art. De nombreuses œuvres d’art, jamais montrées en Ile-de-France, ont été restaurées pour l’occasion.


6, avenue du Château de Malmaison 92500 Rueil-Malmaison France

Du 01/02 au 26/05/2019 de 13h30 à 18h.
Fermé le lundi.
Visites guidées tous les samedis à 15h (sur réservation).
Prix
Plein tarif : 6 €, Tarif réduit : 4 €.


lundi 13 mai 2019

Impressions cubaines 10 : Sancti Spiritus





   Capitale de la province éponyme située à l'intérieur des terres, Sancti Spiritus a dû se battre pour survivre. Saccagée et brûlée à plusieurs reprises, la ville a malheureusement perdu beaucoup de son patrimoine. Moins bien conservée que Trinidad, sa voisine, Sancti Spíritus dispose cependant d'atouts architecturaux certains, d'autant plus qu'elle demeure néanmoins le poumon économique de la province et la ville la plus peuplée avec ses 90 000 habitants.
   Sanctí Spíritus a fêté ses 500 ans en juillet 2014 et pour préparer cet anniversaire, de nombreuses rénovations ont eu lieu au centre-ville : l'église Parroquial Mayor a été repeinte dans une jolie couleur bleue, la plupart des édifices ont vu leur façade repeinte dans de belles couleurs et le parc central Serafín Sánchez a été complètement réaménagé. La ville gagne donc vraiment à être connue et il est désormais particulièrement agréable de se promener dans ce beau centre-ville pittoresque aux rues pavées.



mardi 7 mai 2019

1969 l'année de mes 16 ans (4) : Crosby Stills & Nash : Judy Blue Eyes



    Au Prisunic de Noisy-le-Sec près de la gare, tandis que ma mère traquait la denrée nourricière, je cherchais dans les rayons ce qui est considéré de nos jours comme le «meilleur album de Johnny» : «Voyage au Pays des Vivants». Le succès aidant Monoprix comme la plupart des vendeurs étaient en rupture de stock et moi, l’âme en peine, privé de Johnny. Vous connaissez la jeunesse. Peut-être vous-même un jour avez-vous été jeune ? La jeunesse est friante de nouveautés, insatiable et impatiente. Lorsque ma mère s’est pointée, j’ai senti que le temps m’était compté. D’autant plus qu’étant dans un bon jour ou ayant certainement abusé de substances toxiques puisqu'elle  était prête à se fendre de 25 francs dans l’achat d’un disque pour mézigue. Parlez d’une histoire. Telle que je la connaissais c’était maintenant et tout de suite. Il n’y aurait pas à revenir là-dessus. Oui mais pas de Johnny, alors que prendre ?
 Et il y avait trois mecs sous la véranda installés sur un canapé qui me regardait. Trois mecs à cheveux longs avec des boots pour deux d’entre eux et des chaussures de montagne pour celui à la guitare. Des mecs dans le genre à mettre les boots sur le canapé sans se faire engueuler par ma mère. Des mecs classe quoi ! Des futurs potes même, qui sait. Ma mère s’impatientait ferme et j’ai chopé l’album avant qu’il ne soit trop tard. On à repris le bus, ma mère, mes trois potes et moi. On a finis à pieds jusqu’à la maison. J’ai mis sur le tourne disque le premier album du super groupe formés, excusez du peu, par un ancien des Byrds, David Crosby, un ex Buffalo Springfield, Steve Stills et l’ex Hollies, Graham Nash.
Sûr ce n’était pas du Johnny et je n’avais jamais entendu quelque chose de pareil, mais ce premier disque eut un succès immédiat avec des titres comme Suite : Judy Blue Eyes, Marrakesh Express et Guinnevere. Cet album permit d’établir CSN comme un groupe majeur, prenant la suite d’autres groupes moins en phase avec l’esprit contestataire des années 68-69. L'album est remarquable par les harmonies des voix des trois chanteurs et est représentatif de l’esprit cool qui régnait en Californie à l’époque.
Si j’ai abandonné définitivement Johnny début 1970, Crosby, Stills & Nash m’accompagnent encore et toujours. Des vrais potes, je vous dis.



jeudi 2 mai 2019

Impressions cubaines 9 : vallée de Los Ingenios & Manacas Iznaga






    Trinidad fut l’un des principaux centres de production de la canne à sucre. Une ressource qui fit la fortune de Cuba aux siècles passés. Les Espagnols, et dans une moindre mesure les Français, tinrent les rênes de l’économie locale. Employant des milliers d’esclaves, les plantations prospérèrent et permirent de construire de riches bâtisses bourgeoises à Trinidad. Et dans tout le pays.

    Composée des trois vallées de San Luis, Santa Rosa et Meyer, la vallée de Los Ingenios tient son nom d'une cinquantaine d'ingenios, sucreries qui y étaient implantées au XIXe siècle.

Plus de 12000 esclaves africains y ont travaillé à l'époque de l'essor de l'industrie sucrière.

   S'étendant sur une quarantaine de kilomètres entre Trinidad et Sancti Spiritus, la vallée offre ses splendides paysages où se mêlent de riches et antiques haciendas, des castels aux maisons d'esclaves.


    Au centre de la vallée, la Torre Manacas-Iznaga est le symbole de la toute puissance d'une famille de l'aristocratie du sucre.
 Ce village, à 12 km à l'est de Trinidad vers Sancti Spíritus, abritait à l'époque l'une des plus importantes fabriques de sucre du XIXe siècle. Facilement repérable, sa tour haute de 42,5 m se détache du paysage.



    Ce clocher de 45 m de hauteur permettait la surveillance des plantations de sucre, ce qui évitait la possibilité de fuite des esclaves. Les cloches situées dans la partie haute de la tour signalaient le début et la fin de l’horaire de travail. De plus, elles servaient pour avertir en cas d’incendie des terrains aux alentours.


    Au pied de la tour, demeure une ancienne hacienda animée par des artisans qui vous proposent de biens belles nappes et vêtements faits à la main.