jeudi 31 mars 2011
mercredi 30 mars 2011
Dans l'intimité des frères Caillebotte
La mise en regard inédite des tableaux de Gustave et des photographies de Martial invite le visiteur à entrer dans l’intimité d’une grande famille parisienne et à plonger dans la nouvelle vie citadine qui s’installe à l’aube du XXe siècle. Les frères Caillebotte se font en effet les témoins d’une époque en pleine mutation urbaine et technique, mais aussi d’un art de vivre si souvent illustré par les artistes impressionnistes.
UNE EXPOSITION INEDITE
mardi 29 mars 2011
Guido Crepax, Valentina
lundi 28 mars 2011
Apologie du livre de Robert Darnton
Pour prévoir l'avenir, il faut connaître le passé. Cette évidence devrait conduire tous ceux qui veulent comprendre la révolution numérique à lire ce recueil d'essais de Robert Darnton, peut-être le plus grand historien du livre vivant, par ailleurs directeur de la bibliothèque universitaire de Harvard. L'auteur fait le parallèle entre l'explosion des modes de communication électronique et l'invention de l'imprimerie à caractères mobiles par Gutenberg il y a cinq siècles. Contrairement aux prophètes de l'avènement du tout-numérique, il croit à la persistance du bon vieux codex inventé il y a deux mille ans, tout comme à celle des bibliothèques qui ont été et ne cesseront d'être les centres du savoir. Adepte enthousiaste de Google, il s'inquiète cependant de ses tendances monopolistiques. Bref, il délivre une contribution nuancée et pragmatique au débat sur l'avenir du livre.
dimanche 27 mars 2011
Retour du Tchad, sur les traces d'André Gide
En 1925, André Gide part au Congo et au Tchad pour son plus long voyage. À son retour, deux récits sont publiés chez Gallimard (dont Le Retour du Tchad) dans lesquels l’auteur décrit au jour le jour cette aventure exceptionnelle, à la frontière de l’écriture et du reportage. Marc Allégret (futur grand cinéaste français) l’accompagne, photographie et filme ce périple.
Le Retour du Tchad de Gide est le fil conducteur de ce carnet de voyage : 80 ans plus tard, une équipe d’artistes tchadiens et français refait une partie de l’itinéraire à bord d’un radeau puis d’une pirogue et croise ses impressions avec celles de ses illustres prédécesseurs.
Au fil des fleuves, du lac Tchad, des rives du Logone et du Chari, les auteurs retrouvent les Massa, Kotoko, peuls et arabes qui peuplent depuis des siècles ces régions centrales de l’Afrique.
Textes et aquarelles dénoncent aussi l’inquiétante baisse des eaux des fleuves et du lac Tchad : problème environnemental dramatique.

Joël Alessandra, un aquarelliste spécialiste de l'Afrique qui lui a consacré déjà plusieurs albums et carnets de voyage dont Fikrie (inspiré de son expérience de directeur artistique à Djibouti, à La Boite à Bulles), Séjour en Afrique (La Boite à Bulles), Fierté de Fer (sur le train Djibouto-Ethiopien aux éditions Paquet).
Pascal Villecroix, assistant technique et conseiller du Ministre de l’Enseignement Supérieur du Tchad, responsable de 2003 à 2007 du département d'histoire-géographie à l’Université de Djibouti, et déjà auteur de La Caravane Rimbaud : paysages de Djibouti et La caravane Kessel : sur les traces de la grande piste en collaboration avec Joël Alessandra.
samedi 26 mars 2011
Eduquer au XXIème siècle par Michel Serres
vendredi 25 mars 2011
Manet, inventeur du moderne
Le déjeuner sur l'herbe
jeudi 24 mars 2011
Le voyage imaginaire d'Hugo Pratt
À la Pinacothèque de Paris, du 17 mars 2011 au 21 août 2011
Le Voyage imaginaire d'Hugo Pratt
La Pinacothèque de Paris accueille, du 17 Mars au 21 Août 2011, une exposition des œuvres d’Hugo Pratt. A travers cette grande rétrospective, le public pourra découvrir toute l’étendue du talent du créateur de Corto Maltese.
Cette exposition présentera plus de cent cinquante aquarelles, pour la plupart peu connues du grand public, ainsi que des planches historiques, notamment la totalité des cent soixante-quatre planches de la mythique Ballade de la mer salée. Depuis la rétrospective du Grand Palais en 1986, c’est la première fois que Paris accueille une exposition consacrée à l’œuvre de cet artiste hors norme, considéré comme l’inventeur de la bande dessinée littéraire.
La vie d’Hugo Pratt est un véritable roman marqué par une généalogie qui brasse différentes cultures. Son existence et son travail sont influencés par sa culture littéraire –Robert Louis Stevenson, Joseph Conrad, Herman Melville, Jack London, Ernest Hemingway ou encore Antoine de Saint-Exupéry, auquel il consacre un album à la fin de sa vie: Le Dernier Vol– en même temps que par ses voyages aux quatre coins de la planète.
En 1967, après un périple aux Caraïbes, Hugo Pratt crée La Ballade de la mer salée, qui marque la première apparition de Corto Maltese. C’est une véritable révolution dans le neuvième art: jamais l’art du conteur et celui du narrateur n’avaient été à ce point unis.
mercredi 23 mars 2011
Hervé Guibert Photographe
Hervé Guibert
Je tenais à remercier celui qui sous le pseudonyme "Olympus" m'a signalé cette exposition Première rétrospective en France de l'œuvre photographique d'Hervé Guibert, cette exposition regroupe 230 tirages de l'écrivain photographe, et présente son film, La Pudeur ou L'Impudeur. À sa mort, le 27 décembre 1991, Hervé Guibert était salué comme le jeune écrivain libre et flamboyant que son livre "À l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie" venait de rendre célèbre. On indiquait aussi qu'Hervé Guibert laissait une œuvre photographique reconnue et publiée. Ponctuée d'escales, habitée d'êtres aimés, l'œuvre franchit sans effort le passage de l'intime à l'universel, aux heures lumineuses des rencontres et des voyages comme aux derniers mois consumés par le sida. La photographie invente chez Hervé Guibert une ligne narrative plus intime qu'autobiographique, laissant au stylo ou à la vieille machine à écrire, figurants intelligents de plusieurs images, le soin de prendre les notes d'un éventuel journal. Les photographies que laissent Hervé Guibert, passionné par Rembrandt, s’adressent intimement au regard du visiteur. Une œuvre intégralement réalisée avec le petit appareil Rollei 35 donné très tôt par son père. 15 ans de production photographique retracés en 200 tirages noir et blanc à la Maison Européenne de la Photographie à Paris jusqu’au 10 avril
15 ans de production photographique retracés en 200 tirages noir et blanc à la Maison Européenne de la Photographie à Paris jusqu’au 10 avril
mardi 22 mars 2011
Le petit garagiste
« Le petit garagiste est avant tout un voyage au coin de la rue, une découverte à domicile. La première fois que j’ai découvert le garage en bas de chez moi, je me suis littéralement fait transporter dans un univers. Je suis sensible à l’ambiance que peut dégager un espace quel qu’il soit, et ici, l’atmosphère que j’ai entrevue m’a tout de suite captivée ; à la fois dense et lumineuse, chaude et humide. Une unité à part entière. » Après cette première rencontre, Guillaume Martial sillonne à bicyclette les quartiers alentours de l’Ecusson (centre-ville de Montpellier) à la recherche de ces petits garagistes. Il y rencontrera ainsi mécaniciens, électriciens automobiles, peintres en carrosserie, selliers, réparateurs de radiateurs automobiles, spécialistes en voitures de collection… une vingtaine d’ateliers lui ouvre leur porte. L’architecture atypique de ces ateliers allie souvent plusieurs matières (pierre, bois, métal, verre, plastique). Chaque atelier dégage une atmosphère particulière. Les murs portent l’empreinte des hommes qui se sont approprié ces espaces de travail, quelquefois depuis plusieurs générations. « Je trouvais ces lieux emprunt d’une extrême beauté plastique, chargée d’histoire. J’aime les murs qui parlent, quand la matière s’exprime de façon authentique ».
Le petit garagiste, texte de Lilian Berthelot, photos deGuillaume Martial, Editions Singulières
lundi 21 mars 2011
Stéphane Duroy : Distress
Du 3 mars 2011 au 23 avril 2011, In Camera Galerie à Paris.
Ces photographies ont été choisies avec un fort parti pris dans un travail réalisé dès 1971 au Royaume Uni : Pays de Galles, Irlande du Nord, Angleterre, Ecosse, ainsi qu’en Irlande et en Bretagne.
Cette description de la condition humaine, de ses frustrations interminables, entre ennui et résignation, réactualise les injustices profondes qui, tout au long du XX° siècle, ont plongé les peuples européens dans une tragédie sans fin.
Hier, le reniement de leurs valeurs humanistes par les nations européennes, aveuglées par la peur a précipité nombre d’entre elles dans l’abjection totalitaire.
Aujourd’hui, recrudescente, la détresse humaine demeure — quelque soit son visage…solitude, esclavage, antisémitisme, racisme — une menace réelle pour la collectivité quand un nombre infime d’individus accède au savoir laissant la majorité dans l’ignorance et le mépris.
Stéphane Duroy
dimanche 20 mars 2011
Salon du livre de Paris 2011
Cette année, le Salon du livre de Paris met à l’honneur non pas un, mais cinq pays !
samedi 19 mars 2011
August Sander à Nice
August Sander compte parmi les grands photographes du XXe siècle. On connaît de lui surtout ses très beaux portraits qu’il réalise dès 1910 dans son studio de Cologne. Pourtant, tout au long de sa vie, il construit une œuvre globale, incluant aussi le paysage et les études botaniques, l’homme et la nature ayant à ses yeux la même importance artistique. Il a laissé une œuvre immense dont la lucidité et l’obsession de vérité furent d’une grande modernité.
L’exposition qui se tiendra jusqu’au 15 mai 2011 au Théatre de la Photographie et de l’image de Nice.regroupera autour de ces trois thèmes : portraits, paysages et architecture, 120 images dont une partie en tirages d’époque ou tirages postérieurs réalisés par son fils, Gunther à qui il a laissé un inestimable patrimoine riche de 10.000 négatifs, et proposera ainsi au visiteur un panorama représentatif du travail artistique de ce grand photographe. auxquels le Théâtre de la Photographie et de l’Image de Nice entend rendre régulièrement hommage en présentant des ensembles de pièces majeures qui ont marqué l’Histoire de la Photographie et dont l’influence sur nombre de photographes et artistes contemporains reste aujourd’hui très présente.
L’exposition a été conçue par Gerd Sander, petit-fils d’August Sander, et organisée en collaboration avec la Galerie Priska Pasquer, à Cologne et le Théâtre de la Photographie et de l’Image.
August Sander : Portraits, paysages, architecture, jusqu’au 15 mai 2011 au Théatre de la Photographie et de l’image de Nice.
vendredi 18 mars 2011
Vanessa Winship : Not Only Rare Birds Sing -
Vanessa Winship privilégie le portrait posé à la chambre, souvent individuel, toujours de face et de préférence en pied. Elle n'est pas pour autant ce qu'on a coutume d'appeler une portraitiste. Convaincue que la photographie « est peut-être la représentation la plus fidèle de la mémoire », elle n'utilise le portrait que pour construire, au fil de ses séjours et déplacements aux confins des terres d'Europe et d'Asie, une œuvre habitée par les notions de temps, de territoire et d'identité et plus encore, par la toute relativité de ces notions.
Aujourd'hui présentées pour la première fois par la Galerie VU', les séries Sweet Nothings (2007), Georgia (2009) et Latvia (2009) nous font découvrir de jeunes écolières en uniformes avec collerettes en dentelle, les invités de mariages géorgiens, de jeunes et fluets judokas, quelques boxeurs ou bien encore des adolescents d'une petite communauté lettone, à la frontière russe. Les visages sont souvent graves, les silhouettes minces, les regards frontaux, intimidés mais fiers. jeudi 17 mars 2011
Les aubépines
"Je le trouvai tout bourdonnant de l'odeur des aubépines. La haie formait comme une suite de chapelles qui disparaissaient sous la jonchée de leurs fleurs amoncelées en reposoir ; au-dessous d'elles, le soleil posait à terre un quadrillage de clarté, comme s'il venait de traverser une verrière ; leur parfum s'étendait aussi onctueux, aussi délimité en sa forme que si j'eusse été devant l'autel de la Vierge, et les fleurs, aussi parées, tenaient chacune d'un air distrait son étincelant bouquet d'étamines, fines et rayonnantes nervures de style flamboyant comme celles qui à l'église ajouraient la rampe du jubé ou les meneaux du vitrail et qui s'épanouissaient en blanche chair de fleur de fraisier. Combien naïves et paysannes en comparaison sembleraient les églantines qui, dans quelques semaines, monteraient elles aussi en plein soleil le même chemin rustique, en la soie unie de leur corsage rougissant qu'un souffle défait."
"Mais j'avais beau rester devant les aubépines à respirer, à porter devant ma pensée qui ne savait ce qu'elle devait en faire, à perdre, à retrouver leur invisible et fixe odeur, à m'unir au rythme qui jetait leurs fleurs, ici et là, avec une allégresse juvénile et à des intervalles inattendus comme certains intervalles musicaux, elles m'offraient indéfiniment le même charme avec une profusion inépuisable, mais sans me le laisser approfondir davantage, comme ces mélodies qu'on rejoue cent fois de suite sans descendre plus avant dans leur secret. Je me détournais d'elles un moment, pour les aborder ensuite avec des forces plus fraîches. Je poursuivais jusque sur le talus qui, derrière la haie, montait en pente raide vers les champs, quelque coquelicot perdu, quelques bluets restés paresseusement en arrière, qui le décoraient çà et là de leurs fleurs comme la bordure d'une tapisserie où apparaît clairsemé le motif agreste qui triomphera sur le panneau. Rares encore, espacés comme les maisons isolées qui annoncent déjà l'approche d'un village, ils m'annonçaient l'immense étendue où déferlent les blés, où moutonnent les nuages, et la vue d'un seul coquelicot hissant au bout de son cordage et faisant cingler au vent sa flamme rouge au-dessus de sa bouée graisseuse et noire, me faisait battre le cœur, comme au voyageur qui aperçoit sur une terre basse une première barque échouée que répare un calfat et s'écrie, avant de l'avoir encore vue : " La Mer ! " Puis je revenais devant les aubépines comme devant ces chefs-d’œuvre dont on croit qu'on saura mieux les voir quand on a cessé un moment de les regarder, mais j'avais beau me faire un écran de mes mains pour n'avoir qu'elles sous les yeux, le sentiment qu'elles éveillaient en moi restait obscur et vague, cherchant en vain à se dégager, à venir adhérer à leurs fleurs. Elles ne m'aidaient pas à l'éclaircir, et je ne pouvais demander à d'autres fleurs de le satisfaire."
"Alors me donnant cette joie que nous éprouvons quand nous voyons de notre peintre préféré une œuvre qui diffère de celles que nous connaissions, ou bien si l'on nous mène devant un tableau dont nous n'avions vu jusque-là qu'une esquisse au crayon, si un morceau entendu seulement au piano nous apparaît ensuite revêtu des couleurs de l'orchestre, mon grand-père m'appelant et me désignant la haie de Tansonville, me dit : " Toi qui aimes les aubépines, regarde un peu cette épine rose ; est-elle jolie ! " En effet c'était une épine, mais rose, plus belle encore que les blanches. Elle aussi avait une parure de tête - de ces seules vraies têtes que sont les têtes religieuses, puisqu'un caprice contingent ne les applique pas comme les têtes mondaines à un jour quelconque qui ne leur est pas spécialement destiné, qui n'a rien d'essentiellement férié. - Mais une parure plus riche encore, car les fleurs attachées sur la branche, les unes au-dessus des autres, de manière à ne laisser aucune place qui ne fût décorée, comme des pompons qui enguirlandent une houlette rococo, étaient " en couleur", par conséquent d'une qualité supérieure selon l'esthétique de Combray, si l'on en jugeait par l'échelle des prix dans le "magasin" de la Place, ou chez Camus où étaient plus chers ceux des biscuits qui étaient roses. Moi-même j'appréciais plus le fromage à la crème rose, celui où l'on m'avait permis d'écraser des fraises. Et justement ces fleurs avaient choisi une de ces teintes de chose mangeable, ou de tendre embellissement à une toilette pour une grande tête, qui, parce qu'elles leur présentent la raison de leur supériorité, sont celles qui semblent belles avec le plus d'évidence aux yeux des enfants, et à cause de cela, gardent toujours pour eux quelque chose de plus vif et de plus naturel que les autres teintes, même lorsqu'ils ont compris qu'elles ne promettaient rien à leur gourmandise et n'avaient pas été choisies par la couturière."
"Et certes, je l'avais tout de suite senti, comme devant les épines blanches mais avec plus d'émerveillement, que ce n'était pas facticement, par un artifice de fabrication humaine, qu'était traduite l'intention de festivité dans les fleurs, mais que c'était la nature qui spontanément, l'avait exprimée avec la naïveté d'une commerçante de village travaillant pour un reposoir, en surchargeant l'arbuste de ces rosettes d'un ton trop tendre et d'un pompadour provincial."
"Au haut des branches, comme autant de ces petits rosiers aux pots cachés dans des papiers en dentelles, dont aux grandes têtes on faisait rayonner sur l'autel les minces fusées, pullulaient mille petits boutons d'une teinte plus pâle qui, en s'entrouvrant, laissaient voir, comme au fond d'une coupe de marbre rose, de rouges sanguines et trahissaient plus encore que les fleurs, l'essence particulière, irrésistible, de l'épine, qui, partout où elle bourgeonnait, où elle allait fleurir, ne le pouvait qu'en rose. Intercalé dans la haie, mais aussi différent d'elle qu'une jeune fille en robe de tête au milieu de personnes en négligé qui resteront à la maison, tout prêt pour le mois de Marie, dont il semblait faire partie déjà, tel brillait en souriant dans sa fraîche toilette rose, l'arbuste catholique et délicieux."
Marcel Proust, Du côté de chez Swann.
mercredi 16 mars 2011
Le monde par le trou d’une aiguille
mardi 15 mars 2011
lundi 14 mars 2011
5ème rencontre internationale de la photographie au sténopé

