mercredi 8 décembre 2010

Impressions sénégalaises 6

L'estuaire des fleuves Saloum et Sine, au nord de la Gambie, est un dédale de plus de 200 îles recouvertes de mangroves, palétuviers, baobabs, fromagers, constituant un réseau d'innombrables bolongs où se mélangent l'eau salée et l'eau douce. Le meilleur moyen de visiter les îles du Saloum et d'observer les oiseaux reste l'excursion en pirogue.

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mardi 7 décembre 2010

L'art de la fougue

Les quatre derniers quatuors à cordes de Beethoven (cinq, si l'on compte à part la Grande Fugue, op. 133) dressent au coeur du répertoire de musique de chambre une cordillère de sommets absolus et solidaires. « Drame des formes, conflits internes du langage, tout, ici, est intégré, assumé, dépassé, observait le clairvoyant André Boucourechliev (1) ; Beethoven s'est forgé une langue, il la parle. » Le Quatuor Artemis est d'autant plus convaincant qu'il s'engage, dès les premiers accords à l'unisson, avec une fougue démoniaque. Cette course à l'abîme échevelée, les Artemis s'y engouffrent avec une ivresse du danger et une témérité qui les font surclasser leurs rivaux.

lundi 6 décembre 2010

Retrospective

Depuis le milieu des années 1950, le prix Niépce récompense chaque année l’œuvre d’un(e) photographe professionnel(le). Fondé pour donner à la photographie ses lettres de noblesse, le prix Niépce, premier prix de photographie professionnelle créé en France, le prix "Goncourt" de la photographie, contribue depuis 55 ans à la reconnaissance des photographes.L’intérêt de cette exposition est d’embrasser d’un seul coup d’œil ou presque la création photographique de ces 55 dernières années.Cette rétrospective de tous les lauréats du prix Niépce (entre 1955 et 2010) rassemble plus de cent vingt photographies dont certaines proviennent des collections de la Maison européenne de la Photographie.
Rétrospective 1955-2010 du prix Niépce des Gens d’images - exposition jusqu'au 12 décembre, musée et galerie du Montparnasse, Paris XV.

dimanche 5 décembre 2010

Impressions sénégalaises 5

Des volutes de poussière ocre se soulèvent sur le passage du 4x4 dont nous partageons les cahots. Sous mes yeux défile un paysage étrange et merveilleux. Semblant sortir de nulle part, du moins dans ce que je connais du monde aujourd'hui, où dont je me souviens avec émotion et tristesse, puisque que rien semble avoir changé depuis quarante ans que je ne suis pas venu en Afrique.
Photos Papou, novembre 2010
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samedi 4 décembre 2010

Impressions sénégalaises 4

Photos Papou, novembre 2010
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Cultivateurs et éleveurs les Sérère représentent 18% de la population. Il se rencontrent sur la Petite Côte et dans la région de Sine-Saloum. La veille de la fête du mouton, coloré et animé, le marché hebdomadaire d'un village Sérère bat son plein. Rires, négociations, paillements se mêlent aux parfums entêtants et acides.

vendredi 3 décembre 2010

Une flûte enchantée de Peter Brook

Voila bien longtemps que je n'avais pas mis les pieds aux Bouffes du Nord. Depuis La Tempête en 1991, c'est vous dire. Et puis, il y a eu ce coup de téléphone d'Emmanuelle mardi soir, qui m'a gentiment convié à la représentation d'une flûte enchantée de Peter Brook, pour laquelle elle disposait d'une place suite à la défection de son amie Lou. Je dois avouer que je fus triplement touché par l'invitation, Emmanuelle et le spectacle. Tout tenait de la grâce en l'espace d'une soirée. Et ce fut du pur bonheur. Peter Brook libère le chef-d'oeuvre de Mozart des conventions du genre pour faire surgir du livret les émotions les plus pures. La scène dépouillée du Théâtre des Bouffes du Nord n'abrite qu'un simple sol sur lequel se dressent quelques joncs, tels des repères pour stiliser une forêt ou les piliers d'un temple, et côté cour, simple et solennel un piano noir pour une adaptation musicale tout aussi dépouillée d'une émouvante version piano-chant-jeu d'un des chefs-d'oeuvre de Mozart, rebaptisé pour l'occasion Une flûte enchantée.
Peter Brook et ses collaborateurs ont réuni une troupe internationale de chanteurs disponibles et passionnés. Tous jeunes, certains très jeunes, puisque l'une des Pamina à moins de 20 ans. Tous, si possible, débarrassés de l'obsession du "bien chanter" pour être au plus près de chaque personnage et des spectateurs qu'ils touchent presque. Une bien belle réussite où l'émotion était partout.
Je ne sais ce qu'en a pensé le ministre de la Culture présent ce soir là, conspué qu'il fut par un ou deux spectateurs réclamant une subvention pour le théâtre, ni Lou pour laquelle Emmanuelle a filmé en cachette le spectacle avec une caméra glissée alternativement sous son aisselle droite ou gauche et réciproquement. Emmanuelle est grande. Ses aisselles sont à hauteur de mes oreilles. Mais je crains que cette flûte ne se soit transformée en un concert de nuques. Un concert auquel Lou restera sourde puis qu'Emmanuelle a bouché le micro situé sur le dessus de la caméra. Espérons que Peter Brook aura eu l'intelligence de capter cet instant de bonheur pour nous le communiquer en CD et en DVD. Quant à moi je dis merci à Emmanuelle, Lou, Brook & Mozart.
"Une flûte enchantée", du 9 nov. au 31 déc., du mar. au ven. 21h, sam. 15h30 et 21h, Théâtre des Bouffes du Nord, 37 bis, bd de la Chapelle, 10e, 01-46-07-34-50

jeudi 2 décembre 2010

Impressions sénégalaises 3

Photos Papou, novembre 2010
Dans un pays à majorité musulmane la fête du mouton prend une place prépondérante dans la vie des ses habitants. Ils sont partout et les prix flambent. Cette semaine sera à la fête et les sourires sont sur toutes les lèvres en dépit des apparences que je ne manque pas de noter.

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mercredi 1 décembre 2010

Impressions sénégalaises 2

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Après deux heures d'un route harassante et cahotante, la traversée vers Gorée s'avère plus calme. Plantée dans l'azur profond de l'océan Atlantique, Gorée l'attachante, aux maisons fleuries de bougainvillées nous invite à la promenade et la rêverie. Une journée serait nécessaire. Nous n'avons qu'un couple d'heure.
Photos Papou, novembre 2010

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mardi 30 novembre 2010

Dityvon : un monde oublié

Le thème de l’homme au travail est récurrent dans l’oeuvre de Claude Dityvon. Dès 1967 et 1968, il l’aborde magistralement à travers deux grands sujets, la pêche au chalut et les mineurs, puis jusqu’à la fin, il ne cessera de s’y intéresser, réalisant de grandes séries personnelles comme celle consacrée à la construction de la Bibliothèque nationale de France en 1993. Pourtant, comme beaucoup d’aspects de son travail, celui-ci reste peu connu, voire totalement inédit. Une première série de photographies sur ce thème a été présentée en 2005 au festival Visa pour l’Image de Perpignan et elle a été largement complétée pour concevoir l’exposition proposée aujourd’hui. Couvrant presque l’intégralité de sa carrière, de 1967 à 2005, et comportant de nombreuses photographies jamais exposées, cette imposante sélection souligne l’exceptionnelle modernité du photographe qui se traduit par des effets totalement nouveaux – choix des cadrages et des angles de vues, constructions faites d’ombre et de lumière, jeux de reflets - dans un genre qui se contente généralement d’un simple constat documentaire.Elle révèle également une véritable empathie de Claude Dityvon envers ces hommes laborieux qu’il respecte et dont les « regards fraternels » le touchent. En créant des images pleines de mystère et de poésie, où les corps semblent parfois animés par une véritable chorégraphie, en jouant de la lumière et des contre-jours qui magnifient leurs gestes, il rend à ces hommes un magnifique hommage photographique.Claude Dityvon invente des espaces dans lesquels il inscrit des signes qui lui sont propres, il organise à sa manière la réalité et exprime ainsi l’un des principes qui régit son travail : « Dans le corps, il y a tout le langage des significations de ce qu’est l’homme. Sa gaucherie, sa légèreté, sa lourdeur, son volontarisme. On apprend beaucoup de l’homme quand on sait regarder son corps. »* L’effort, la fatigue, la fierté, l’inquiétude ou la tension sont palpables parfois dans ces images, mais celles-ci demeurent pourtant intemporelles, le symbole ayant supplanté le simple témoignage. Sans nostalgie ni pathos, le « monde oublié » de Claude Dityvon nous livre un regard original sur le monde du travail propre à éveiller nos émotions et nos réflexions.
Claude Dityvon "Un monde oublié" à Gentilly, Maison de la Photographie Robert Doisneau du 14 octobre 2010 au 30 janvier 2011