Le 5 juillet, l’Algérie fêtera les 60 ans de son indépendance. Pour l’occasion, la bibliothèque de l’Institut du Monde Arabe a décidé de mettre en parallèle le regard de deux artistes : le photographe Raymond Depardon
qui a shooté cette période charnière à Alger et à Évian (où les
prémices des accords ont été établis) en 1961 et y est revenu en 2019,
et l’auteur Kamel Daoud.
Entre Alger, Évian et Oran, des années 60 à 2019, cette exposition se divise en 3 parties et révèle plus de 80 clichés, un film et des textes inédits de Kamel Daoud sur le sujet.
Rendez-vous à la bibliothèque de l’Institut du Monde Arabe, du 8 février au 17 juillet 2022.
Cette exposition sur l’art et la culture de la Neue Sachlichkeit
(Nouvelle Objectivité) en Allemagne est la première vue d’ensemble sur
ce courant artistique en France. Outre la peinture et la photographie,
le projet réunit l’architecture, le design, le cinéma, le théâtre, la
littérature et la musique.
Métropole
au cœur d’une Europe traversée de multiples crises, foyer choisi par
tant d’artistes, Berlin est un carrefour où se croisent les enjeux
géopolitiques et les nouvelles formes de la création, l’hospitalité
envers les réfugiés et les mutations de l’urbanisme, les traces d’une
histoire heurtée et l’expression des générations à venir. Croisant tous
les arts et toutes les disciplines, dans des ambiances festives et
sérieuses, « Berlin, nos années 20 » est une invitation à interroger ce
qui fait battre le cœur de Berlin en ces nouvelles années vingt : sa
place dans le monde, son univers littéraire ou théâtral, ou encore ses
scènes électro ou queer…
Du
rap de Yetundey au théâtre de Rimini Protokoll, de la parole de Thomas
Ostermeier, Wolfgang Tillmans ou Tino Sehgal aux chorégraphies filmées
par Meg Stuart sur les toits de Berlin, toutes les facettes de la ville
se dévoilent en salle et dans le Forum, dans une scénographie originale
conçue par le collectif berlinois Raumlabor (Lion d'or de la Biennale
d'architecture de Venise 2021).
En invitant de grandes
voix à raconter « leur » Berlin ; en conviant la Berlinale à prendre ses
quartiers à Paris pour une édition spéciale de ce grand festival de
cinéma, le Centre Pompidou, la Bibliothèque publique d’information (Bpi)
et l'Institut de recherche et coordination acoustique/musique (Ircam)
ne vous convient pas seulement à découvrir celles et ceux qui font
l’actualité de la capitale allemande : ils vous invitent à regarder le
monde depuis cette ville hors-normes.
Il photographiait les paysans, les ouvriers,
les femmes, les artistes… dans l’Allemagne du premier XXe siècle. Dans
le cadre de l’événement “Allemagne/Années 1920/Nouvelle
Objectivité/August Sander”, le centre Pompidou expose le travail de ce
témoin essentiel des révolutions de son temps. À voir jusqu’au 5
septembre.
Près de 1 800 négatifs, 619 images, 45 portfolios et des centaines d’hommes, de femmes, d’enfants. Projet fou qu’Hommes du XXe siècle, « œuvre majeure de l’histoire de la photographie,traversée par les forces et les contradictions d’une Allemagne qui bascule dans le fascisme »,
analyse le conservateur Florian Ebner et cocommissaire de l’exposition
qui lui est consacrée au Centre Pompidou. Son auteur ? Le grand portraitiste allemand August Sander (1876-1964). « On
oublie souvent que c’était un photographe ambulant : toutes les fins de
semaine, il arpentait la forêt du Westerwald, au sud de Cologne, à la
recherche de personnes à photographier. » De la petite gitane au
pâtissier, toute la société défile devant l’objectif d’August Sander.
Son style ? Documentaire, à savoir des portraits archétypaux, pris selon
un même protocole, mettant en avant non pas l’intériorité, mais les
signes extérieurs des sujets photographiés, habit ou posture.
L’eau est le bien commun le plus important… Et c’est aujourd’hui le plus menacé.
Au cours de sa quête exhaustive des peuples et des paysages premiers
d’Amazonie, d’Islande, de l’Arctique… le photographe Sebastião Salgado a
côtoyé toutes les expressions de l’eau, et en a éprouvé toutes les
fragilités. Muni de son appareil photo, il a capturé l’eau au
cœur de paysages uniques, plus précieux les uns que les autres, et nous
les présente pour la première fois dans cette exposition.
L’exposition de photographies a lieu
dans un imposant pavillon de bambou imaginé par l’architecte colombien
Simon Velez. De renommée internationale, il est connu pour décliner des
structures complexes en bambou. Après son “Nomadic Museum” à Mexico et
son colossal pavillon à l’exposition universelle de Hanovre en 2000, il
s’est lancé dans le projet du pavillon Aqua Mater.
Après avoir
été installée une première fois à Arles en 2018, cette structure
naturelle unique en Guadua d’Amazonie, un bambou géant, est arrivée à
Paris, sur le parvis de La Défense. Au milieu des tours en béton, elle
offre un écrin naturel singulier aux photos de Sebastião Salgado nous
rappelant combien l’équilibre de la nature reste subtil.
Depuis quelques années les recherches sur l’impressionnisme tardif
ont mis en valeur les correspondances souvent insoupçonnées entre les
œuvres de Claude Monet et celles des peintres de l’abstraction.
Le maître de l’impressionnisme a inspiré un nombre important d’artistes de la seconde moitié du XXe siècle. La récente exposition du musée de l’Orangerie l’a parfaitement démontré : Nymphéas. L’abstraction américaine et le dernier Monet (13
avril – 20 août 2018) permettait une mise en perspective des grandes
peintures de Monet avec celles de Ellsworth Kelly, mais aussi Jackson
Pollock, Mark Rothko, Barnett Newman, Clyfford Still, Helen
Frankenthaler, Morris Louis, Philip Guston, Joan Mitchell, Mark Tobey,
Sam Francis et Jean-Paul Riopelle.
Monet / Rothko proposera un dialogue inédit, à Giverny,
entre le maître de l’abstraction et la référence absolue sur
l’impressionnisme. Cette vision, cette mise en regard de la production
de ces deux grands artistes mettra en exergue la puissance évocatrice de
leur peinture.
Alors que Monet cherche à rendre l’immédiateté d’un ressenti, Rothko
tente une approche plus intense, là où la contemplation dilate la
pensée. S’il n’est pas mystique, sa peinture plonge le public en
lui-même. Mettre en rapport Mark Rothko et Claude Monet revient à
inviter le spectateur à une expérience visuelle et sensorielle. Les
yeux, mais aussi la perception de l’espace et du temps sont soumis à une
épreuve artistique originale.
L’exposition proposera le rapprochement entre six œuvres de Rothko et
six peintures de Monet. Déclinée en thématiques chromatiques, elle
donnera à voir les peintures de ces deux maîtres sous un jour inédit. La
formation de l’abstraction, telle que Monet l’a conçue, trouvera ainsi
un écho moderne chez Rothko. Là où l’impression fugitive du moment a été
l’obsession de Monet, Rothko déploie une peinture où l’espace se dilue
dans le temps de l’observation. Vertige ou contemplation, l’exposition
laissera le public trouver une autre perception de l’abstraction et de
la modernité.
Conçue et organisée par le musée des impressionnismes Giverny,
l’exposition sera présentée dans le village de Monet, là où il peignit
ses célèbres Nymphéas, et le lieu idéal d’une rencontre entre ses œuvres et celles de Rothko, son admirateur inconscient.
Horaires et jours d’ouverture
L’exposition est ouverte tous les jours (y compris les jours fériés),
de 10h à 18h (dernière admission 17h30), du 18 mars au 3 juillet 2022.
Tarifs
Tarif plein | Tarif réduit
Exposition : 9 € | 6 €
Exposition + jardin du musée : 10 € | 7 €
Audioguide : 4 €
L’entrée est gratuite :
Pour les moins de 18 ans.
Pour tous les visiteurs le 1er dimanche du mois (sauf en juillet).
Pour tous les habitants de l’Eure le 1er dimanche du mois de juillet (sur présentation d’un justificatif).
Du mercredi 16 mars au dimanche 31 juillet 2022, la Cinémathèque Française rend hommage à l’actrice Romy Schneider avec une exposition exceptionnelle, du 16 mars au 31 juillet 2022. Quarante ans après sa disparition le 29 mai 1982, Romy Schneider est toujours aussi aimée et populaire. Débutant sa carrière à l'âge de 15 ans en Allemagne, avant de s'installer en France, elle devient une star grâce à des films qui ont marqué à jamais l'histoire du cinéma. L'exposition que lui consacre la Cinémathèque française propose de la faire revivre à travers ses rôles mais aussi ses textes, son journal, des interviews ou des images de tournage qui la montrent aussi vibrante que gaie. Suivant le fil de sa vie si romanesque, le parcours permettra de comprendre comment l'interprète de Sissi Impératrice est devenue une icône, incarnation de la femme moderne.
Le Voyage de Chihiro, Le Château ambulant, Princesse Mononoké, Nausicaä de la Vallée du Vent, ... Grâce à un partenariat avec le Studio Ghibli, 5 tapisseries monumentales vont être tissées d’après des images des célèbres films du maître du cinéma d'animation Hayao Miyazaki.
Le dévoilement de la première tapisserie de la tenture L'imaginaire de Hayao Miyazaki en tapisserie d'Aubusson, « Ashitaka soulage sa blessure démoniaque », aura lieu le vendredi 25 mars 2022 à la Cité internationale de la tapisserie. Cette tapisserie, qui a été réalisée d'après une image du film d'animation Princesse Mononoké produit par le Studio Ghibli, devait initialement être dévoilée le 04 février 2022, mais l'événement a dû être reporté en raison du contexte sanitaire. La cérémonie de tombée de métier et le dévoilement de la tapisserie seront retransmis en direct sur la chaîne YouTube de la Cité internationale de la tapisserie, à partir de 14h45. Tout au long du week end du 26-27 mars 2022, le public pourra découvrir cette œuvre qui sera exposée dans l'amphithéâtre de la Cité et profiter également de différentes animations et médiations en lien avec l'univers du Studio Ghibli et du Japon.
Est-on
juif quand on ignore sa religion et sa culture ? À la fin des années
1970 et au début des années 1990, Patrick Zachmann mène une longue «
enquête » sur les juifs de France, à la recherche de sa propre identité.
De Paris à Marseille, de la
rue des Rosiers aux Buttes-Chaumont, des plus orthodoxes aux plus
laïques, de la communauté loubavitch aux grossistes du Sentier, des
derniers typographes communistes du quotidien yiddish Naye Presse
aux juifs les plus « invisibles », le photographe saisit les
différentes facettes de la judaïcité française, alors même que, pour la
première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, se produisent en France
des attentats antisémites. Et, pressentant ce que l’on nommera bientôt
l’« ère du témoin », il photographie le premier rassemblement de
survivants de la Shoah à Jérusalem en 1981.
Membre depuis 1985 de la prestigieuse agence Magnum, il fait de
nombreux reportages hors de France. Son activité le mène en Afrique du
Sud en 1990 pour la libération de Nelson Mandela, où il assiste à une
manifestation de partisans de l’apartheid, avec croix gammées et
chemises brunes. Il parcourt le Chili en 1999 à la recherche des traces
des camps de prisonniers politiques dans le désert d’Atacama. Du Rwanda
en 2000, six ans après le génocide des Tutsis, il rapporte des portraits
de survivants et des images d’ossuaires qui évoquent implacablement
l’ampleur du crime de masse. La même année, il fait le voyage
d’Auschwitz-Birkenau, où furent assassinés ses grands-parents paternels,
et en revient avec des images glaçantes. En contrepoint, dans les
années 2010, reparti en Pologne et en Ukraine, il prend des
photographies inattendues et joyeuses des pèlerinages de juifs
orthodoxes sur les tombes des fondateurs du hassidisme. Enfin,
retournant aux origines de sa famille maternelle, il arpente l’Oranie et
l’Est marocain pour retrouver les vestiges de ce judaïsme d’Afrique du
Nord présent durant des temps immémoriaux, et qui constitue aujourd’hui
au Maghreb un « monde disparu », à l’instar de celui de sa famille
paternelle d’origine polonaise.
Première grande exposition personnelle au mahJ d’un photographe
vivant, « Voyages de mémoire » présente près de 300 œuvres de Patrick
Zachmann, des années 1970 aux années 2015, dont de très nombreux inédits
et un film, La Mémoire de mon père. Elles nous révèlent un
regard humaniste posé sur le monde, nourri par l’expérience juive et
donc habité par les questions universelles de l’exil, de la disparition
et de l’oubli.
Si cette exposition que j'ai pu voir est terminée, nous reste le magnifique catalogue complet avec les présentations et commentaires de Patrick Zachmann.
Le musée des années 30 à Boulogne-Billancourt rend hommage à un monstre sacré du cinéma français: Jean Gabin, qui détient le record de films tournés dans ses célèbres studios. Icône du cinéma, mythe du XXe siècle, Jean Moncorgé alias Gabin a incarné la France plus qu’aucun autre acteur. Cette rétrospective propose ainsi de raconter son histoire.
Son enfance sur les bords de l’Oise, puis chez ses grands-parents à Boulogne-Billancourt ; ses débuts dans son « métier de saltimbanque » ; ses rôles légendaires du réalisme poétique à la crise des années 1930 ; son engagement militaire au sein de la 2e DB lors la Seconde Guerre mondiale ; les Trente Glorieuses et la transformation du pays… sans oublier sa passion pour la terre et les chevaux.
Son jeu inimitable demeure gravé dans notre mémoire collective.
Du flic au truand, du cheminot au chef de clan, du légionnaire au
banquier, Gabin a incarné tous les Français avec puissance et sobriété.
Un siècle de notre société, représenté par ses films les plus
emblématiques, dont 26 furent tournés dans les illustres studios de
Billancourt (La Grande Illusion, Le Jour se lève…) et de Boulogne
(Touchez pas au grisbi, Le Chat, Deux hommes dans la ville…). Conçue en étroite collaboration avec la famille de l’acteur et les partenaires associés à la Ville, l’exposition déclinera notamment, sur 700 m² :
– des objets authentiques conservés au Musée Jean-Gabin de Mériel
– des effets personnels uniques confiés par le fils de l’acteur, Mathias Moncorgé
– des trésors sortant pour la première fois des réserves de la Cinémathèque française
– des pièces issues de la plus grande collection privée consacrée à Jean Gabin
– du matériel cinématographique provenant des studios de Boulogne et de Billancourt
– une vingtaine d’écrans projetant des extraits de films et de documentaires
Sources : Musée des Années Trente – Espace Landowski
Exposition Grand Paris : Jean Gabin L’exposition
Dates : Du 9 mars au 10 juillet 2022
Lieu : Musée des Années Trente – Espace Landowski
28, avenue André-Morizet
92100 Boulogne-Billancourt
Métro : Marcel Sembat (9)
En voiture : Boulogne-Billancourt, direction Hôtel-de-Ville, parking Hôtel-de-Ville, suivre la direction ‘Espace Landowski’
Horaires : Ouvert tous les jours (sauf lundi, 1er janvier, 30 avril, 1er mai, 14 juillet, 15 août, 25 décembre) 11h-18h.
Il me restait alors de nombreux mois à faire avant
de retourner à la vie civile. A mon retour d’outre-mer, après mes quatre mois de permission, ma nomination à
bord du B.S.L. Loire, affecté à la surveillance des pêches à Terre
Neuve, n’avait rien arrangé. Il me fallut alors faire des pieds et des
mains pour obtenir ma mutation en métropole. J’ai atterri sur le
Pétunia, un dragueur de mines comprenant huit hommes d’équipage, où j’ai
officié en tant que vaguemestre jusqu’à mon départ définitif en avril
1974. Cela m’autorisait à quitter le bord chaque matin et me promener
dans l’arsenal en compagnie de notre vieux bâtard chéri, Zef, un chien stupide. La vie
aurait pu s’écouler ainsi.
Sur le pont de Recouvrance, elle s’est pointée dans ma vie comme une
jolie fleur de printemps avec une étroite jupe en jean et
d’interminables bottes blanches. Elle m’avait fait croire à une
formation d’un an dans une école de puériculture à Brest. Il n’en était
rien. Seulement le désir de quitter Paris et venir vivre avec moi. Déjà à
l’époque le travail était inexistant. Et elle passait le plus clair de
son temps à m’attendre en rêvant à un demain merveilleux tout en courant
les magasins pour décorer de deux ou trois fanfreluches notre maigre
intérieur.
A deux pas de Recouvrance, dans une rue des plus sordides, nous vivions
dans une piaule chichement meublé, dont le loyer prohibitif grevait
largement le salaire d’un simple matelot.
Nous n’avions pas grand chose et vivions d’encore moins. Le dimanche
nous nous levions tôt, prendre le bateau et traverser le rade et le
goulet de Brest jusqu’à Camaret. Quel que soit le temps, la journée
s’écoulait à regarder la mer. Une heure avant le dernier passage, nous
partagions une crêpe en guise de repas du soir. L’amour ne nous coûtait
guère, bien moins que les livres de poche que nous lisions au lit pour
nous garantir un peu du froid. Seul un poste à transistors nous reliait
encore au monde. Partager nos joies avec nos proches demandait de
descendre armés de pièces dans une cabine au coin de la rue pour
téléphoner, en attendant des jours meilleurs afin de remonter en train à
la capitale y passer quelques jours. C’est dire si les nouvelles
technologies ne nous encombraient guère. Nous ne nous en portions que
mieux. Son frère Alain nous avait prêté un magnéto à bandes, avec pour
seule et unique bande l’intégrale Barbara de 1962 à 1970. Ainsi s’est
écoulée notre vie un an durant en compagnie de la dame brune.
Et je souviens de Barbara quand la pluie battait le carreau. Je me
souviens de cette voix claire, émouvante, fragile et forte qui montait
crescendo en dedans de nous. Je me souviens ce piano noir, imaginé
longtemps dans un coin de la pièce avec la belle dame brune qui jouait
et pleurait la vie tout pour nous des heures durant. Barbara. La dame
brune. Le piano noir. Inoubliables. Je me souviens : « Je ne suis pas
une grande dame de la chanson. Je ne suis pas une tulipe noire. Je ne
suis pas poète. Je ne suis pas un oiseau de proie. Je ne suis pas
désespérée du matin au soir. Je ne suis pas une mante religieuse. Je ne
suis pas dans les tentures noires. Je ne suis pas une intellectuelle. Je
ne suis pas une héroïne. Je suis une femme qui chante.»
Il pleuvait sans cesse sur Brest. Je me souviens de Barbara. Et chaque
fois que je l’écoute, la même émotion m’étreint. Je me souviens de cette
ville si triste ou une brise de mer nous assaillait soudain, et le
froid nous prenait en traversant Recouvrance où pourtant nous étions
heureux.
Je prends un peu d'avance sur le calendrier mais qu'importe.
Depuis
ce jour en 1973 où, Alain, le frère de ma future belle soeur, est arrivé avec
François, sous forme de galette vynile sous le bras, François ne m'a plus quitté.
Vous serez certainement déçus, moi le premier, de n’avoir fait la
connaissance de cet honnête homme que par l’intermédiaire des ses
albums. Toutefois, je répète que ce soir-là, tandis que la conversation
s’animait autour de la table autour du PSU, de la fac de Vincennes et de la vie politique, moi, les yeux rivés sur la pochette du disque
qui représente une chaise paillée terminée en corps de femme, eh bien
François chantait pour moi. Il chantait pour moi comme il le fait à
chaque fois que je l’écoute avec le même trouble, la même émotion, la
même colère, les mêmes espoirs.
Alors,
bien sûr dès le lendemain de notre rencontre je l’ai invité à
s’installer chez moi. Je lui ai trouvé une place avec Regianni, Barbara,
Le Forestier… Il était entré dans ma vie. Il y est toujours.
Le
15 octobre 2003 j’ai appris son décès à 66 ans. Je note que Laurent
Ruquier lui a rendu hommage et diffusé sur les ondes une de ses
chansons. Je ne sais pas s’ils ont été nombreux à faire la même chose
pour François, lui qu’ils ont toujours, refusé, négligé, ignoré,
méprisé. Et depuis "qu’un soir il avait pissé sur sa télé tellement
c’était chouette," cette grande dame n’avait jamais invité ce pas poli.
Elle n’allait certainement pas commencer aujourd’hui. Cette journée du
15 octobre fut un peu triste. Déjà octobre c’est gris, mais alors là.
Chez l’Agitateur Culturel du coin, pas le moindre hommage et dans les
bacs une plaque à son nom, vide de tout contenu comme si François
n’avait jamais existé. « Je suis né, je mourirai.»
L’année
suivante Futur Acoustic publiait une très belle anthologie contenant
trois CD, un DVD accompagnée d’un livret de 43 pages sous le titre « Le
vrai changement, c’est quand ? » Toujours d’actualité, le François. La
réédition des albums a suivie grâce à la volonté de ce label diffusé par
Harmonia Mundi, peut-être l’un des seuls disquaires encore vivants.
NB : Je reviendrai sur François Béranger en republiant les billets : Béranger par Béranger.
Après un mois à me gratter les couilles à Lorient à débarquer la literie complète de notre aviso et choper des morpions, il a bien fallu rentrer chez moi. J'y ai retrouvé, ma piaule, mes parents, mes potes et celle qui m'avait attendu deux ans.
Question musique elle était loin d'être rock n' roll. Plutôt chanteur à texte, si possible à s'ouvrir les veines. Des chanteurs qui gagnaient à être connu et dont certains sont entrés dans mon Panthéon, je dois le reconnaître, sans que jamais je ne cherche à mettre fin à mes jours. Barbara en fait partie. Elle aimait Barbara. Alors je me suis fendu.
La
chose avait été promise de longue date et la table retenue depuis
maintenant trois semaines. A l'occasion J’ai traîné ma peine boulevard Barbès. Les vitrines
affichaient des slogans accrocheurs et des prix modiques. Le chevron me
semblait indémodable. Je me suis laissé tenté par un costume de couleur
indéterminé dont le vendeur, à l’humour pince sans rire, m’affirma
qu’il m’allait commme un gant. Les affaires allaient-elles donc si mal pour
qu’il se montre aussi obséquieux à mon égard ? Le pantalon
tirebouchonnait et le rendu arrière de la veste baillait de façon
disgracieuse quand je la fermais.Il m'allait comme une moufle.
Seul avantage en sa faveur le prix. Je
cédais donc à l’appel des sirènes, complétais ma garde robe d’une
chemise pastel, déjà froissée d’impatience, et m’acquittais de mes
achats.
Les
retouches n’y changèrent rien. « Costard Pochon, t’as l’air d’un con. »
Un slogan qui tient toujours ses promesses. En dépit du repassage à
sec, un mauvais lainage reste un mauvais lainage. Un mauvais lainage qui
pochait désespérément aux coudes et aux genoux. A moins des rester en
permanence debout les bras ballants. Et encore. Les accessoires
outranciers ajoutaient au ridicule. Mon double manquait cruellement
d’élégance. Il ne manquait plus qu’une mauvaise eau de toilette pour
rajouter une touche de mauvais goût. J’y remédiais derechef. Parfait.
Il
pleuvait ce soir là. Nous sommes descendu à la station Palais Royal et
avons rejoins l’avenue de l’Opéra. C’était la première fois que je me
rendais à un dîner spectacle. Elle aussi. Dès le seuil franchi, le
premier passage obligé fut le vestiaire. Parmi les manteaux chics et
sombres, nous laissâmes son manteau clair, ma serpillière, et un
parapluie que personne ne nous volerait jamais. La salle était petite.
Elle pouvait accueillir tout au plus une centaine de personnes. Deux
longues tables dressées sur les côtés la rétrécissaient encore plus. A
voir ces femmes en lamés et ces hommes en smoking j’ai senti que je
n’étais pas à ma place mais il était trop tard pour reculer. Bien
entendu il n’y avait qu’une table au centre et ce fut la notre. A notre
entrée les regards se sont portés sur nous. Nous faisions sensation.
Certainement la couleur poireau pomme de terre de mon costume Pochon, ma
chemise poussin albinos, ma cravate et ma pochette aussi cramoisi que
ma gueule, le tout assorti aux chaussettes. Avec les pochons aux genoux,
mon pantalon avait bien perdu dix centimètres de longueur, juste
question de laisser admirer la qualité du fil d’Ecosse de mes
chaussettes agonisantes sur mes chevilles. Mon portefeuille faisait
sailli dans ma poche. Sans compter celles du pantalon bourrées
d’accessoires tels des bajoues de hamster. La grande classe. Elle me
précédait en robe claire à godets et chaussée de bottes blanches. Aidée
par un bellâtre qui ne nous quitta plus de la soirée elle s’assit à ma
gauche tandis que je me jetais sous ma chaise question de tenter de
passer inaperçu. Rien n’y fit. Bien heureusement rapidement les habitués
nous oublièrent. Sauf le bellâtre toujours disposé à nous rendre
service. M’allumer ma clope, me servir du vin, lui servir de l’eau, nous
couper la viande, m’essuyer la bouche, me faire les ongles. Nous foutre
la paix, non. Il était payé pour nous faire chier et je dois admettre
qu’il fit bien son boulot. Rien à reprocher. Il faisait chaud. Nous prime
un rafraîchissement au prix d’un réfrigérateur. La soirée s’annonçait
belle. Je la voyais heureuse. Je l’étais donc aussi. Nous étions très
bien placé. Sans avoir le bras long, je reste assuré qu’en le tendant
bien, je pouvais griffer le vernis du piano du bout de ma fourchette. Je
ne m’y suis pas aventuré. C’était juste question de dire.
En
première partie, nous eûmes droit à Yvan Dautin et Pierre Vassiliu. De
quoi attaquer les entrées et le plat, une volaille aux cerises pas
vraiment morte que ma fourchette chatouillait de temps à autre pour la
faire rire. Je rangeais mon mikado en os sur le bord de l’assiette,
suçait les cerises et épongeais la sauce. Rien d’extraordinaire à faire à
la maison mais à un dîner spectacle, cela restait une autre affaire.
Ah! il devait bien se marrer le bellâtre à me voir tel un bretteur en
découdre avec la volaille pas morte.
A
l’issu du combat, Vassiliu retourna dans sa loge. J’abandonnais la dure
en cuisse. Nous fîmes une pause. Faute de clopes, je commandais un
paquet au prix d’une cartouche. Radical contre le cancer du poumon. On
amena alors le dessert. Un truc indéfinissable avec des pailles des
parasols des cerises, du citron, des fruits confits et de la chantilly.
Un objet d’art, quoi ! C’est à ce moment que nous sommes retrouvés dans
le noir une fraction de secondes jusqu’à la venue de la longue dame
brune. Sous les applaudissements, elle s’est installé au piano à un vol
de pintade de mon assiette. Elle s’est mise à chanter. Normal, elle
était là pour cela et on était venu pour. Au prix ou je payais il aurait
plus manqué qu’elle nous fasse des ombres chinoises ou un numéro de
prestidigitatrice. C’est vrai qu’on était prêt aussi. Pas la peine de
brailler et taper comme un sourd sur son piano. J’entendais parfaitement
bien. J’ai même failli m’esbigner un oeil avec ma petite cuiller.
Comment, je respecte rien. Barbara, d’accord ! Faire plaisir, d’accord !
Mais ce sont mes oreilles et mon pognon, tout de même. Pis je sortais
de deux années de désert culturel. Tout ça pour apprendre qu’il pleuvait
sur Nantes, avouez qu’une fiche météo m’aurait suffi. Pourtant, je dois
sincèrement avouer que je me laissais rapidement gagner par le charme
de la grande dame brune. je dois même reconnaître que je fus
littéralement sous le choc avec une Barbara intime et possédée. C’est
bien simple, je n’avais d’yeux que pour elle. Je mangeais mes clopes,
fumait ma chantilly. Écrasais ma clope dans la chantilly. Embrassait le
bellâtre. Le grand jeu. Et quand j’aime, je ne compte pas. A l’entracte,
je commandais un alcool au prix d’une distillerie que je consommais
d’une glotte gustative jusqu’au final explosif.
A
la fin des applaudissements, alors que la longue dame brune
disparaissait dans une brume légère derrière le rideau rouge, que les
lumières étaient encore tamisées, le bellâtre qui ne perdait jamais une
occasion de rire me glissa discrètement la note qu’éclairait la lueur
vacillante d’une maigre bougie en fin de vie. Je m’y attendais, mais
quand même. Ma pâleur fut mise sur le compte de l’émotion. Voir Barbara,
manger un pintadeau aux cerises et mourir. Mon CCP aurait été du plus
mauvais effet. De toutes les façons, il ne s’en serait pas remis. Je
réglais rubis sur l’ongle, faute de monnaie, laissait un pourboire royal
et nous filâmes rejoindre la cohue aux vestiaires récupérer son manteau
et ma guenille. Toujours faute de monnaie, je réglais gracieusement le
vestiaire sans pouvoir conserver en souvenir les cintres en plaqué or.
Paris est certes trop petit pour ceux qui s’aiment comme nous d’un aussi
grand amour. Mais la banlieue est lointaine pour ceux qui à pied
doivent rentrer se coucher. Le taxi de rigueur, je ne vis pas un brin de
la route, l’œil rivé sur le compteur qui avalait mes derniers francs.
Je la laissais à sa porte dans la froidure d’un matin de décembre. Elle
me proposa fort gentiment de conserver le taxi jusque chez moi. Je
doutais que le prix de la course ne dépasse pas les cinquante centimes
qui me restaient en poche. Je n’en fit donc rien. D’ailleurs, rentrez à
pied me ferait le plus grand bien. Et puis c’était encore gratuit.
Alors, autant que j’en profite.
Restait du bleu à l’âme et l’inoubliable Barbara.
De quoi occuper une vie.
Depuis mon dernier billet du mois de
mai sur le sujet, nous avons eu largement le temps de ranger nos
malles après avoir procédé à de multiples échanges ou ventes de
souvenirs jugés inutiles voire superflus.
Et nous voilà tous alignés sur le
pont afin d'accéder au quai noir de monde. Deux ans de cohabitation
à bord et deux ans d'absence avec la métropole. Les retrouvailles
furent chaleureuses. Les marins s'égaillèrent telle une volée de
moineaux retrouver fiancés, épouses, familles et amis. Cette
effervescence passée, ce fut le débarquement. Restait un bâtiment
privé de son équipage qu'il fallait vider avant son carénage. Cela
me valu de rester à bord un mois de plus avant de bénéficier des
quatre mois de permission avant ma nouvelle affectation.
Je n'avais jamais mis les pieds à
Lorient. Je ne l'ai jamais fait depuis. Restait l'hôtel de la Gare
où nous avions loué des chambres au mois.
Matelas, couchages furent débarqués.
Et au bout d'une journée à macérer dans le linge de bord nous
fîmes connaissance avec le Phtirius inguinalis, un insecte de
couleur marron mesurant environ 3 millimètres qui se nourrit
exclusivement du sang de son hôte. Le morpion et notamment ses
larves sont visibles à l’œil nu. Quand elles sont vivantes, elles
sont grises et bien accrochées aux poils. Quand elles sont mortes,
cela ressemble à de tout petits œufs blancs situés à la racine
des poils et facilement détachables. On leur faisait la chasse à
grand coup de produit antiseptique qui faisaient ressembler nos
partie génitales à des culs de bébé talqués et ce durant
plusieurs semaines. Et chaque soir nous les sortions en ville
question de les promener et les aérer un peu.
Friands
des nouveautés musicales hexagonales, nous fumes quelque peu déçu
en cette fin d'année 1972 de voir et surtout d'entendre Stone et
Charden : L'avventura, Ringo : Elle, je ne veux qu'elle,
Mike Brant : Qui saura, C. Jérôme : Kiss me Ringo :
Trop belle pour rester seule, Mike Brant : C'est ma prière,
Frédéric François : Laisse-moi vivre ma vie, un coup à
reprendre la mer vers Diego danser le Salegi et manger des brochettes
pimentées de zébu.
Les prémisses de la musique électronique fit
son apparition avec Hot Butter et son tube international : Pop
corn qui trainaient dans tous les juke box de France et de Navarre.
Le rock comme nos couilles était il dévasté par les Phtirius
inguinalis au point de s'attaquer aux cerveaux de nos contemporains ?
Une
visite chez un disquaire digne de ce nom nous rassura quelque peu.
Jeff Beck Group,Black Sabbath , David Bowie Deep Purple,
Emerson, Lake And Palmer, Genesis, Jethro Tull, Lou Reed, The
Rolling Stones, Roxy Music, Slade, Neil Young, ZZ Top
veillaient au grain. Le rock pas mort. Il respirait encore.
Le musée Marmottan Monet organise la première exposition jamais
consacrée à Julie Manet, fille unique de Berthe Morisot et nièce
d’Edouard Manet. Intitulée « Julie Manet, la mémoire impressionniste »
elle aura lieu du 19 octobre 2021 au 20 mars 2022. Légataire de Julie
Manet par l’intermédiaire de ses enfants, dépositaire du premier fonds
mondial de l’œuvre de Berthe Morisot mais aussi des collections de la
famille, le musée Marmottan Monet souhaite apporter un éclairage sur le
rôle de Julie Manet dans la vie des arts.
À
l’aube du XXᵉ siècle, le cinéma est tout autant, sinon plus, une
manière de s’approprier le monde, les corps et les représentations,
qu’une machine ou un média. Nouveau regard éminemment social et
populaire, il est le produit d’une culture urbaine fascinée par le
mouvement des êtres et des choses et désireuse de faire de la «
modernité » un spectacle.
Aucune rupture brusque ou
révolution violente cependant, les esprits et les corps avaient été
largement préparés. Les premières projections de « photographies
animées » par les frères Lumière à Paris en 1895 sont en effet les
dernières-nées d’une longue succession de dispositifs visuels et
d’attractions (du panorama aux musées de cire, en passant par la morgue,
les aquariums et les foires) qui trouve son apogée lors de l’Exposition
universelle de 1900 à Paris. Issus d’une tradition de la circulation
des images, ces premiers films, encore imparfaits, sont également les
héritiers de multiples pratiques, artistiques ou scientifiques, savantes
ou vulgaires. Nombreuses sont les propositions ou interrogations
formulées par les artistes du XIXe siècle qui ont précédé
leur avènement – au premier rang desquels le fantasme du « réalisme
intégral » – que le cinéma prolonge, recycle, questionne, et bientôt
dépasse. L’évidence de la mobilité du monde ou de l’écoulement du temps
est interrogée et analysée au prisme de certains motifs culturels comme
l’agitation de la ville ou le ressac perpétuel des vagues. En ce sens,
Jean-Luc Godard eut raison de rappeler que le cinéma fut inventé par le
XIXe siècle.
Ne cherchant pas à présenter une chronologie des inventions,
l’exposition « Enfin le cinéma ! » est volontairement synchronique et
thématique. Elle fait dialoguer la production cinématographique
française des années 1895-1907 avec l’histoire des arts, depuis
l’invention de la photographie jusqu'aux premières années du XXe
siècle, au fil de quelques grands sujets que sont la fascination pour
le spectacle de la ville, la volonté d’enregistrer les rythmes de la
nature, le désir de mise à l’épreuve et d’exhibition des corps, le rêve
d’une réalité « augmentée » par la restitution de la couleur, du son et
du relief ou par l’immersion, et enfin le goût pour l’histoire. Elle se
conclut vers 1906-1907 alors que la durée des films s’allonge, les
projections se sédentarisent dans des salles et les discours
s’institutionnalisent. Le cinématographe devient le cinéma, à la fois
lieu et loisir de masse.
L’exposition rassemble près de 300 œuvres, objets et films aussi bien
anonymes que signés de noms bien connus du grand public, de Pierre
Bonnard à Auguste Rodin en passant par Gustave Caillebotte, Loïe Fuller,
Léon Gaumont, Jean Léon Gérôme, Alice Guy, Auguste et Louis Lumière,
Jules Etienne Marey, Georges Méliès, Claude Monet, Berthe Morisot,
Charles Pathé ou Henri Rivière.
A l’âge de 84 ans, le célèbre peintre britannique David Hockney continue de faire l’actualité avec une nouvelle exposition au musée de l’Orangerie, à Paris, au bout du jardin des Tuileries. L’endroit choisi n’est pas anodin : sa longue frise de 90 m fait écho aux fameuses Nymphéas de Claude Monet, autre grandissime figure normande de la peinture.
Discrètement installé en pays d’Auge depuis 2019, à deux pas de Beuvron-en-Auge, David Hockney a traversé les confinements en peignant à l’aide de son Ipad l’évolution des saisons
depuis son propre domicile. Dans cette grande fresque faisant aussi
écho à la Tapisserie de Bayeux, le peintre le plus cher en activité
décrit le rythme du temps en mode Vivaldi depuis le printemps 2020.
En parallèle de l’expo Soutine – De Kooning, cette
proposition baptisée « Un an en Normandie » trouve place dans la grande
galerie, juste à côté des collections permanentes. Trois dessins
précèdent également les Nymphéas de Monet.
David Hockney, Un an en Normandie
Paris
Musée de l’Orangerie
Du 13 octobre 2021 au 14 février 2022