mardi 7 mai 2019

1969 l'année de mes 16 ans (4) : Crosby Stills & Nash : Judy Blue Eyes



    Au Prisunic de Noisy-le-Sec près de la gare, tandis que ma mère traquait la denrée nourricière, je cherchais dans les rayons ce qui est considéré de nos jours comme le «meilleur album de Johnny» : «Voyage au Pays des Vivants». Le succès aidant Monoprix comme la plupart des vendeurs étaient en rupture de stock et moi, l’âme en peine, privé de Johnny. Vous connaissez la jeunesse. Peut-être vous-même un jour avez-vous été jeune ? La jeunesse est friante de nouveautés, insatiable et impatiente. Lorsque ma mère s’est pointée, j’ai senti que le temps m’était compté. D’autant plus qu’étant dans un bon jour ou ayant certainement abusé de substances toxiques puisqu'elle  était prête à se fendre de 25 francs dans l’achat d’un disque pour mézigue. Parlez d’une histoire. Telle que je la connaissais c’était maintenant et tout de suite. Il n’y aurait pas à revenir là-dessus. Oui mais pas de Johnny, alors que prendre ?
 Et il y avait trois mecs sous la véranda installés sur un canapé qui me regardait. Trois mecs à cheveux longs avec des boots pour deux d’entre eux et des chaussures de montagne pour celui à la guitare. Des mecs dans le genre à mettre les boots sur le canapé sans se faire engueuler par ma mère. Des mecs classe quoi ! Des futurs potes même, qui sait. Ma mère s’impatientait ferme et j’ai chopé l’album avant qu’il ne soit trop tard. On à repris le bus, ma mère, mes trois potes et moi. On a finis à pieds jusqu’à la maison. J’ai mis sur le tourne disque le premier album du super groupe formés, excusez du peu, par un ancien des Byrds, David Crosby, un ex Buffalo Springfield, Steve Stills et l’ex Hollies, Graham Nash.
Sûr ce n’était pas du Johnny et je n’avais jamais entendu quelque chose de pareil, mais ce premier disque eut un succès immédiat avec des titres comme Suite : Judy Blue Eyes, Marrakesh Express et Guinnevere. Cet album permit d’établir CSN comme un groupe majeur, prenant la suite d’autres groupes moins en phase avec l’esprit contestataire des années 68-69. L'album est remarquable par les harmonies des voix des trois chanteurs et est représentatif de l’esprit cool qui régnait en Californie à l’époque.
Si j’ai abandonné définitivement Johnny début 1970, Crosby, Stills & Nash m’accompagnent encore et toujours. Des vrais potes, je vous dis.



jeudi 2 mai 2019

Impressions cubaines 9 : vallée de Los Ingenios & Manacas Iznaga






    Trinidad fut l’un des principaux centres de production de la canne à sucre. Une ressource qui fit la fortune de Cuba aux siècles passés. Les Espagnols, et dans une moindre mesure les Français, tinrent les rênes de l’économie locale. Employant des milliers d’esclaves, les plantations prospérèrent et permirent de construire de riches bâtisses bourgeoises à Trinidad. Et dans tout le pays.

    Composée des trois vallées de San Luis, Santa Rosa et Meyer, la vallée de Los Ingenios tient son nom d'une cinquantaine d'ingenios, sucreries qui y étaient implantées au XIXe siècle.

Plus de 12000 esclaves africains y ont travaillé à l'époque de l'essor de l'industrie sucrière.

   S'étendant sur une quarantaine de kilomètres entre Trinidad et Sancti Spiritus, la vallée offre ses splendides paysages où se mêlent de riches et antiques haciendas, des castels aux maisons d'esclaves.


    Au centre de la vallée, la Torre Manacas-Iznaga est le symbole de la toute puissance d'une famille de l'aristocratie du sucre.
 Ce village, à 12 km à l'est de Trinidad vers Sancti Spíritus, abritait à l'époque l'une des plus importantes fabriques de sucre du XIXe siècle. Facilement repérable, sa tour haute de 42,5 m se détache du paysage.



    Ce clocher de 45 m de hauteur permettait la surveillance des plantations de sucre, ce qui évitait la possibilité de fuite des esclaves. Les cloches situées dans la partie haute de la tour signalaient le début et la fin de l’horaire de travail. De plus, elles servaient pour avertir en cas d’incendie des terrains aux alentours.


    Au pied de la tour, demeure une ancienne hacienda animée par des artisans qui vous proposent de biens belles nappes et vêtements faits à la main.




samedi 27 avril 2019

Impressions cubaines 8 : Trinidad


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    Rues pavées, façades bariolées, maisons basses, églises baroques… Située dans le centre de l’île, Trinidad est sans doute la plus belle ville de Cuba.
En 1514, la ville de la Santísima Trinidad fut la troisième colonie fondée par les conquistadors espagnols à Cuba. De cette époque, elle a conservé un patrimoine architectural quasiment intact. Il témoigne de la richesse de cette cité qui tira sa prospérité de la canne à sucre, cultivée sur les terres fertiles environnantes. D’où le classement au patrimoine mondial par l’Unesco du centre ancien et de la Valle de los Ingenios, qui sera l'objet du prochain billet, où se concentrait l’industrie sucrière à son apogée, au début du 19e siècle.

    Le cœur de Trinidad, se parcourt tranquillement à pied, en contemplant les alignements de petites maisons bariolées, les nobles façades des palais, les églises aux frontons d’inspiration baroque et aux clochers parfois décrépis.
Point de circulation, les belles carrosseries américaines, Lada rafistolées, charrettes branlantes, vieux tracteurs russes et rutilants scooters électriques chinois n’ont pas accès au centre historique.
Celui-ci s’articule autour la Plaza Mayor, séduisant quadrilatère bordé de palmiers et d’élégants édifices anciens pour s’immerger dans la vie bourgeoise des 18e et 19e siècles.