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samedi 10 juin 2017
samedi 3 juin 2017
dasn le sud marocain (10)
Chez le babouchier
Dans le royaume des babouchiers on a fait un malheur. J'en voulais des belles en cuir jaune avec une semelle pour affronter le macadam. Avec mes grolles jaunes, je ne serais jamais allé plus loin que la boulangerie mais qu'importe, j'en voulais des comme ça, un point s'est tout. Je cherchais ma taille dans tout ce capharnaüm. Je m'en suis déniché une belle paire en 43, d'un jaune éclatant, issue l'une et l'autre du même bain et sans aucune tâche. Je me suis tourné vers le vendeur pour négocier le prix. Il me les a arrachées des mains et remis en place
- Ne prend pas ça! Ça déteint partout! C'est pour les touristes! Tu fais combien ? 43 ? Prend plutôt ça!
Il m'a refilé une paire de babouches naturelles, ouvertes, qui crougnoutaient farouchement la biquette.
Dans toute cette cacophonie, on avait bien du mal à se faire entendre. J'ai essayé mon 43 dans un coin, sur un bout de journal jeté à terre. C'était un 43 thaïlandais. Le vendeur se battait avec les autres clients. Il y avait des cadavres de babouches partout.
Les rouges ne me semblaient pas mal non plus. Peut-être même mieux que les jaunes. J'ai tenté de m'en glisser un 43 au pied. Le vendeur s'est pointé et me les a confisquées.
- Ça va la taille ?
- Pardon!
- La taille ?... Fais voir!...Trop petit!...Tiens, essaye celles-là!
Je n'ai pas eu le temps d'en placer une, qu'il était déjà reparti me laissant avec une paire de babouches de la dimension d'une raquette. Elles étaient si raides qu'on aurait pu jouer au Jokari, mais le jeu n'était pas complet.
Tout le monde le cul en l'air à essayer ses babouches, j'ai chapardé un 44 en jaune pour me les glisser subrepticement aux pieds question de voir de quoi ça avait l'air.
- Tu vas pas mettre ça ? M'a demandé le babouchier
-Je vais me gêner !
- C'est des babouches de ville, pas pour ta maison !
- Je peux mettre des babouches de ville dans ma maison.
- Des babouches de ville, c'est des babouches de ville, pas de maison !
- Et alors!
Ça va la taille ?
Qu'est-ce qu'ils avaient tous à me faire chier avec les babouches jaunes. Et si j'en voulais moi, une paire de babouches de ville de couleur jaune ou rouge qui déteint sur les pieds, taillée dans un mauvais cuir à touristes pour marcher chez moi, c'était strictement mon droit, merde !
- Trop petit encore! Il te faut 45!
-Voulezavéhenroujouenjaunefermésiouplaît!
Le type m'a donné un 45 et filé au fond du magasin. Il manquait de grandes tailles en babouches, J'ai essayé une paire de poufs en 45. je me sentais flapi.
Du 45 en babouches, c'est impressionnant. J'étais fin prêt pour la saison de ski nautique. Pour la taille, je ne pouvais être plus à l'aise, la couleur foncerait au soleil et debout, l'odeur était quasiment inexistante. Question souplesse, ce n'était pas encore le top, mais elles allaient se faire rapidement. D'ailleurs je commençais déjà à m'y faire. Je boitais dans le magasin.
On est reparti avec une dizaine de paires de raquettes. J'étais fin prêt pour la saison estivale de ski nautique.
Le type m'a donné un 45 et filé au fond du magasin. Il manquait de grandes tailles en babouches, J'ai essayé une paire de poufs en 45. je me sentais flapi.
Du 45 en babouches, c'est impressionnant. J'étais fin prêt pour la saison de ski nautique. Pour la taille, je ne pouvais être plus à l'aise, la couleur foncerait au soleil et debout, l'odeur était quasiment inexistante. Question souplesse, ce n'était pas encore le top, mais elles allaient se faire rapidement. D'ailleurs je commençais déjà à m'y faire. Je boitais dans le magasin.
On est reparti avec une dizaine de paires de raquettes. J'étais fin prêt pour la saison estivale de ski nautique.
mardi 30 mai 2017
Magnum Du 28 avril au 20 août 2017 Le Bal, Paris
"A la simple évocation du nom Magnum, on imagine un monde en noir et
blanc, les plus grandes icônes de la photographie, le succès et le
prestige… une gourmandise glacée ou une série un peu ringarde. Mais l’on
parle bien ici de la célèbre agence photographique créée en 1947 par
Robert Capa, David « Chim » Seymour, George Rodger et Henri
Cartier-Bresson. Si la création de cette coopérative fut le fruit d’une
longue amitié entre ses initiateurs, elle était aussi une nécessité
pour les photographes indépendants, alors soumis aux volontés des
patrons de journaux tout-puissants. Dès ses débuts, Magnum s’est donné
pour objectif de raconter le monde. Le talent des photographes de cette
agence est tel, qu’il était inévitable de voir leurs travaux apparaître
sur le marché de l’art. Mais loin des fantasmes prêtés à cette illustre
agence, LE BAL présente un parcours dans les trésors de la coopérative
parmi les tirages d’époque, maquettes de livres et publications. Vous y
verrez des images inédites jamais exposées en dialogue avec les paroles
des photographes sur la définition, les enjeux et les contradictions de
leur pratique. Une expérience loin de tout formalisme qui contribue
encore un peu plus à l’adoubement de cette institution iconique.
Du 28 avril au 20 août 2017
6 impasse de la Défense, 75018 - M° Place de Clichy (2/13)
Du mer. au sam. de 12h à 20h et le dim. de 11h à 19h
Le jeu. jusqu’à 22h - Fermé le dim. et lun.
Tarif : 6€ - TR : 4€
Le cinéma dans l'oeil de Magnum sur ARTE le 31 mai 23h20
Résumé : L'agence Magnum, créée en 1947 par Robert Capa,
est intimement liée au cinéma depuis 70 ans. Ses photographes iconiques,
Capa, Cartier-Bresson, Josef Koudelka ont accompagné des tournages,
leurs réalisateurs et leurs vedettes. Ils ont ainsi documenté des scènes
de vie quotidienne et de travail, ou choisi de s'écarter du cadre pour
figer leur propre vision artistique. Venant du reportage de guerre ou du
documentaire, ces photographes du réel ont appliqué leurs méthodes de
travail à ce monde d'illusions : appareil léger, lumière naturelle,
photo sur le vif et sans retouches. Marilyn Monroe, James Dean, Kate
Winslet, Michelangelo Antonioni ou Theo Angelopoulos sont passés sous
l'oeil de l'agence, instaurant un lien unique qui ne s'est pas défait en
sept décennies.
vendredi 26 mai 2017
samedi 20 mai 2017
Dans le sud marocain (9)
A
elle seule, la place Jemma el Fna, est l'attraction de la ville, le
point de rencontre obligé. Il y grouille à toutes heures du jour un
monde cosmopolite.
Le matin se tient sur cet ancien terminal des autobus, un immense
marché tenant à la fois de la brocante et de la halle aux fruits et aux
légumes. D'échoppe d'apothicaire en étal d'herboriste, de vendeuses de
pains accroupies sur le sol, aux marchands de jus de fruit frais, de
quincailliers en vanniers, de ferrailleurs en chiffonniers, chacun
déambule et se plonge dans ce foisonnement pour y faire ses achats. La
place appartient à cette foule bigarrée du matin à la tombée du jour, où
le lieu se transforme en un restaurant de plein air aux vagues allures
de foire. A la lueur des lampions, funambules, lutteurs, conteurs,
acrobates, danseurs, baladins, camelots, commerçants ambulants et
bateleurs drainent une foule de badauds et d'habitués autours des
gargotes illuminées.
"Les
souks sentent les épices, il y fait frais et ils ruissellent de
couleurs. L'odeur, qui est toujours agréable, change toutefois suivant
la nature des marchandises. Il n'y a pas de noms, pas d'enseignes, il
n'y a pas de vitrines. Tout ce qui est à vendre est exposé. On ne sait
jamais ce que coûteront les objets, leurs prix ne sont pas indiqués et
ne sont d'ailleurs pas établis.
Tous les étalages et les échoppes où se vendent les mêmes articles, se pressent les uns à côté des autres par vingt ou trente à la fois. Ici c'est un bazar d'épices, là il n'y a que de la maroquinerie. Les cordiers ont leur quartier, les vanniers en ont un autre. Parmi les marchands de tapis, beaucoup disposent de grandes salles voûtées et spacieuses. Vous passez devant sans y prendre vraiment garde et on vous invite avec insistance à y pénétrer. Les joailliers sont rangés autour d'une cour spéciale. Dans beaucoup de leurs étroites boutiques on voit des hommes au travail. On trouve de tout, mais toujours à d'innombrables exemplaires."
Elias Cannetti les voix de Marrakech (1954)
Tous les étalages et les échoppes où se vendent les mêmes articles, se pressent les uns à côté des autres par vingt ou trente à la fois. Ici c'est un bazar d'épices, là il n'y a que de la maroquinerie. Les cordiers ont leur quartier, les vanniers en ont un autre. Parmi les marchands de tapis, beaucoup disposent de grandes salles voûtées et spacieuses. Vous passez devant sans y prendre vraiment garde et on vous invite avec insistance à y pénétrer. Les joailliers sont rangés autour d'une cour spéciale. Dans beaucoup de leurs étroites boutiques on voit des hommes au travail. On trouve de tout, mais toujours à d'innombrables exemplaires."
Elias Cannetti les voix de Marrakech (1954)
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