jeudi 19 février 2015

Chris Dorchester And The Gardeners



                                      

L’Association « Rocking Stone Production »





a l’honneur de vous inviter
Jeudi 26 Février 2015 à 18h00

Au Café Littéraire 
32 rue François Mitterrand et Hall de la BFM 87000 Limoges
Concert du groupe

Chris Dorchester And The Gardeners

À l’occasion de la sortie de leur nouvel album
Entrée libre


mardi 17 février 2015

Corancancan


L'artiste de rue anglais Nick Walker, spécialiste du graffiti au pochoir, a réalisé une fresque de 4 m de long sur un mur de Paris mettant en scène six femmes portant le voile et représentées en train de danser le french cancan, a constaté l'AFP.


Réalisée sans autorisation jeudi soir dans une rue de Paris à deux pas de la place de la République, l'oeuvre intitulée par l'artiste "Corancan", était toujours visible dimanche. Un bureau de vote se trouvait à quelques dizaines de mètres, a constaté un journaliste de l'AFP.

Sur cette fresque, les femmes portent un voile noir ne laissant à découvert que leurs yeux, mais soulèvent leur jupe et lèvent la jambe, dévoilant jarretières et froufrous aux couleurs du drapeau français, à la manière des danseuses de french cancan.

Nick Walker a été invité à Paris par le "Studio 55", galerie spécialisée dans l'art urbain. Dans un communiqué commun de l'artiste et de la galerie, l'oeuvre est présentée ainsi : "voile islamique + tradition française = le +Corancan+ ?".

"Entre les deux tours des élections régionales qui ont connu une forte progression du vote frontiste, un artiste anglais met les pieds dans le plat français", souligne le Studio 55 qui a publié une vidéo de la réalisation de l'oeuvre sur la plate-forme Dailymotion.



Nick Walker paints Paris, "LE CORANCAN" par Mattwicks





vendredi 13 février 2015

Désormais la police municipale a un nouvel ami



Il n'y a pas que sur Fesses de Bouc que l'on peut avoit des amis. .Maintenant la police municipale de Béziers s'en est fait de nouveaux. Des 7,65 flambants neufs en attendant une livraison de kalachnokov du réseau  Koulybalot. Preuve que l'inspecteur Menard ne renonce jamais.
 Suite à cette campagne musclée, voici quelques variations sur le même Je t'aime. Ah!  demain pour la St Valentin que d'histoires d'amour et de petits meurtres entre amis. 



mercredi 11 février 2015

les aventures fantastiques de Karel Zeman en DVD



   En 1962 j’avais dix ans, une seule chaîne télé et les copains en vacances. Déjà que rester seul le jeudi avec ma mère me faisais chier, alors, le jeudi tous les jours, forcément ça me facilitait le transit. Heureusement parfois, une fée vient à point pout titiller l'imagination.

  Je me souviens d’avoir vu à cet époque là un super film à l’occasion des fêtes de fin d’années avec l’école. Un film adapté des aventures de Jules Verne avec des décors absolument merveilleux qui ressemblaient aux illustrations de Leon Bennett pour les albums des Aventures extraordinaires. 
ce merveilleux film est "les aventures fantastiques" (1958) de Karel Zeman d'après "Face au drapeau" de Jules Vernes.






Karel Zeman, dessinateur tchèque, invente une forme de cinéma hybride, mi-prise de vue réelle, mi-animation, qui puise son inspiration dans les récits de Jules Verne et lorgne du côté de l’esthétique début de siècle de Georges Méliès. La ressortie des Aventures fantastiques nous permet de redécouvrir ce cinéaste qui fait de chaque plan une invention formelle.


Zeman a intégré en 1943 les studios d’animation de Zlin fondés par Hermina Tyrlová, s’inscrivant ainsi dans une foisonnante école tchèque d’animation. Développant un style très singulier s’appuyant sur le mélange entre prise de vue réelle et animation, il reste fidèle à une esthétique du XIXe siècle, tout en choisissant des récits peuplés de machines futuristes. Goût du passé et discours raisonné sur la fureur du modernisme se côtoient donc dans ses films très singuliers. 

il a fallu attendre presque 60 ans pour que la version française soit restaurée et rééditée enfin en DVD que bien entendu je me suis empressé de commander.

A commander chez Malavida 6 rue Houdon 75018 PARIS









 En 1962, le jeudi suivant cette mémorable projection, j'ai voulu reproduire à l'identique ce que j'avais vu. Je me suis affairé dans ma chambre. Pour réaliser mon rêve il m’a fallu me procurer une boite en carton suffisamment grand pour pouvoir y glisser la tête et les épaules, trois boites à chaussures, du papier translucide, du papier d’aluminium, deux tendeurs, un tuyau rigide d’aspirateur et son flexible, un ceinturon, du gros ruban adhésif, des ciseaux, de la colle, un marqueur, une assiette à dessert, un foulard turquoise piqué à ma mère, des gants de manutention, une lampe torche, une paire de grosses chaussettes montantes en laine à mon père, un tournevis et le couteau à pain. Ce n'était pas rien.

  Mon père au boulot et ma mère à papoter chez une voisine j’étais tranquille. Personne donc pour contrecarrer mes plans. Munis de tout mon matos je me mis travail. Tout d’abord je pris soin de préparer mon pick-up avec l’exemplaire souple de la "Chevauchée des Walkyries» adressé gratuitement à mes parents avec l’offre promotionnelle d’acquisition de la collection complète de l’œuvre de Wagner chez Deutsche-Grammophon.


   Bon d'abord le scaphandre. Sur la grosse boite en carton il y a six faces. Celle du dessous pour y glisser ma tête jusqu’aux épaules, celle du dessus prévue pour un autre usage. A l’aide du marqueur j’ai dessiné un cercle autour de l’assiette à dessert sur trois des faces restantes avant de les découper délicatement. Sur la face du dessus j'ai pratiqué une ouverture de cinq centimètres de diamètre maximum. Après un rapide essayage je n’ai pas omis une découpe semi-circulaire pour l’emplacement de mes frêles épaules. J’ai recouvert du mieux que j’ai pu toute la boite avec le papier d’aluminium sans en obstruer les ouvertures. Puis à l’aide du ruban adhésif j’ai collé à l’intérieur un grand carré de papier translucide sur l’ouverture faciale, les deux latérales devant me permettre de respirer. Sur le dessus de la même boite, j’ai fixé la lampe avec du ruban adhésif. C'était un boulot d'enfer mais le résultat était digne d’une super production du grand Ed Wood, qui je l'avoue, je ne connaissais nullement à l'époque. Ensuite j’ai vidé de leur contenu balancé sous le lit d’un coup de pied, les trois boites à chaussures. En parlant de pied justement, sur deux des boites à chaussures j’ai opéré une ouverture afin d'y glisser mes petons délicats. Sur une des faces la moins large de la troisième boite à chaussures, j’ai exécuté une ouverte de cinq centimètres de diamètre similaire à celle faite sur la grosse boite. Le tournevis m’a aidé à percer des trous en haut et en bas pour y accrocher les tendeurs. Les trois boites furent ensuite fermées avec du ruban adhésifet emballées d'aluminium. J’ai pu alors me débarrasser de l’assiette à dessert, du papier translucide, de l’emballage vide d’aluminium des ciseaux et de la colle.

  J’étais prêt pour la grande aventure.

  J’ai tiré alors les rideaux de ma chambre et allumé le chevet. J’ai ensuite enfilé mon pyjama rayé ainsi que les grosses chaussettes de laine de mon père. J’ai glissé les bas du pyjama dans les chaussettes remontées jusqu’aux genoux.

 Les deux extrémités du flexible de l’aspirateur prirent place dans les trous de la boite à chaussures d’un côté et du casque en aluminium de l’autre. Comme pour un sac à dos, j’ai enfilé ma réserve en oxygène puis chaussé mes boites en aluminium. Le ceinturon autour de ta taille j’y ai glissé le couteau à pain. Enfilé les gants de manutention avant l’ultime geste du héros me coiffer du casque de mon scaphandre dont j'avais préalablement allumé le projecteur. Ma vue était troublée par lepapier translucide. Mais la lampe torche trouait avec une efficacité surprenante les ténèbres accentuées par le foulard turquoise posée sur le chevet. Je respirais par les ouvertures latérales. J’imitais à grands bruits l'oxygène qui s’échappait en faisant des Blurp ! Blurp ! Gloup ! Blurp ! Je m'y croyais à mort et c'était le panard. Pour me déplacer je me voyais contraint de lever lourdement mes jambes lestées avec le sentiment de me mouvoir dans les grandes profondeurs. La « Chevauchée des Walkyries » à fond je découvrais un monde inconnu à plusieurs dizaines de mètres dans les Abysses. Blurp ! Blurp ! Gloup! Gloup! Blurp ! Blurp ! Pour la circonstance mon lit fut dévastés. L’aventurier des mers rien ne redoute. J'étais à la recherche d'un fabuleux trésor dans ces fonds marins obscurs et mystérieux. Soudain, que vis-je surgir prêt à l’attaque ? Raymond, mon ours en peluche transformé en requin géant. Le couteau à pain jaillit de son fourreau. J’évitais la première attaque. A la seconde voire à la troisième je lardais Raymond de mon arme acérée. Ce fut une horreur ! Il y avait du crin partout mais j’avais vaincu la bête, ha, ha, ha. 
Blurp ! Blurp ! Gloup! Gloup! Blurp ! Blurp ! Je me mouvais avec difficultés sur le sable. Ma vue toublée, je ne voyais plus grand chose à travers le hublotde mon scaphandre. J’avais chaud. Très chaud. La peur sans aucun doute mais je continuais d'avancer en dépit de l’éclair fulgurant qui envahit l’espace. Une forte bourrade me propulsa en avant. Je me cassais la gueule face contre terre avec mes boites de chaussures lestées aux pieds. Dans ma chute j’ai perdu le couteau à pain. Je fis volte face prêt à affronter le poulpe géant que j’escomptais terrasser avec le tuyau rigide de l’aspirateur devenu un fusil sous-marin. Mais l’arme était trop loin de moi. Le poulpe, toutes tentacules déployés se rua sur moi. Elles m’emprisonnèrent. je n’entendais plus « La Chevauchée des Walkyries» seulement les cris horribles et oppressants de la bête. J'allais périr.

   Car ce n’était pas un poulpe géant, mais ma vieille qui avait fait irruption dans ma chambre à cause des Walkyries à fond les manettes d'abord, puis des tuyaux de l’aspirateur qu’elle cherchait depuis près d’une heure. Elle tira les rideaux et découvrit le chantier sous-marin. Le foulard turquoise avait eu comme un léger coup de chaud. Il avait même un gros trou en son centre. Ma mère a été obligée d’ouvrir la fenêtre à cause de la fumée. Les coups se sont mis àlors à pleuvoir, les Walkyries en direct avec tout Wagner dans les poings de ma mère. Je ne pouvais pas me sauver. Il m'étais plus que difficile de courir un cent mètres avec des boites à chaussures lestées aux pieds. D’évidence ma mère n’aimait pas l’Aventure Alors résigné, je me suis pris une des branlées du siècle, tout en sachant au plus profond de moi que je restais digne des aventures du grand Jules Verne.

  Le soir venu il m’a fallu affronter le courroux du Capitaine Nemo qui au lieu de lire l’Equipe tranquille a dû me faire la morale après un rapport circonstancié. De plus, ma mère devait faire au Capitaine des blancs de poulet en papillotes. Eh bien sans aluminium les papillotes se transformèrent en jambon blanc. Le jambon blanc, le Capitaine Nemo il n’aime pas trop ça sans des frites. Alors son second a dû se taper des frites, ce qui n’était pas prévu à son programme .J’ai constaté amèrement que ma mère n’avait qu’une envie : remplacer les patates dans la friteuse par ma personne. Je dois avouer que je fus très déçu de constater que mes parents étaient bassement matérialistes. Mais je compris aussi qu’un jour je quitterais ce foyer de merde pour la grande Aventure, celle de la vie, celle où tu ne te fais pas chier que le jeudi, mais bien tous les jours.

dimanche 1 février 2015

La Meute Rieuse à St Yrieix les Bois.


Cliquez sur les images pour les agrandir 


Alors que les réservations dépassaient la capacité de notre minuscule zénith local,La Meute Rieuse nous a offert un second récital le samedi 31 janvier. La salle polyvalente s'est retrouvée comble pour les deux soirées proposées par la CIATE * en partenariat avec l'Office du Tourisme ** ,la municipalité de St Yrieix-les-Bois et l'association AGIR.

Au cours de ces deux concerts, on a parlé d'amour, sous plusieurs de ses formes. Moqueuse, douloureuse, tendre et charnelle, que ce soit en langue d'Oc ou en langue d'Ail, elles se sont mêlées en un interminable baiser langoureux à nous en faire tourner la tête et frissonner jusqu'au bout de la nuit.

*communauté de communes la CIATE
** Office du tourisme Creuse Thaurion Gartempe


















                                                         captation KP samedi 31 janvier







Vous pouvez écouter et acheter les CD sur Cd1d (fédération de labels indépendants).

samedi 31 janvier 2015

La Meute Rieuse à St Yreix-les-Bois les 30 et 31 janvier 2015



              Photos KP captées le vendredi 30 janvier
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Ils sont occitans, comme tous ceux au sud de Clermont Ferrand, mais bien plus près de la mer que les volcans d'Auvergne, au pays biterrois qui roule son accent comme les cailloux de nos rivières. En ces temps de grand froid, La Meute rieuse (lien) est montée de son pays natal pour nous réchauffer le coeur avec ses mots sa musique et sa belle humeur. Il seront ce soir comme hier à la salle polyvalente de St Yriex les Bois à 20H30. Peuchère c'est que cinq euros.






Histoire de La Meute Rieuse par elle-même

Chansons mécanisées méditerranéennes depuis 2005Ca s’agite et ça frissonne dans le Sud de la France. La machine aux émois est en marche, mélange les langues, les mots français à leurs collègues occitans à tel point qu’on ne sait plus sur quel(s) pied(s) danser.
Le groupe: Il y a la fille, Camille Simeray, la poulette au bel accent. L’aile maquillée et la cuisse habile, qui chante les joies dans les fêlures sur un air aussi désespéré qu’une mélodie gitane. L’amour étant ce qu’il est, deux hommes lui tournent autour. Le premier, Morgan Astruc, l’oiseau agile, vous caresse de notes pour mieux vous surprendre et vous attirer dans son piège flamenco. L’autre, Julien Capus, le « transe-porteur » avance à grands pas cuivrés. C’est lui qui actionne la mécanique électronique, trouble les habitudes et dégrise les chansons à nous en donner la chair de poule.
La Meute Rieuse, féroce et humaine, nous laisse définitivement une vive émotion marquée par cet engrenage méditerranéen.





 



mardi 27 janvier 2015

Marceline Loridan-Ivens, Et tu n'es pas revenu (Grasset)




Marceline Rosenberg naît de parents juifs polonais, émigrés en France en 1919. Au début de la Seconde Guerre mondiale, sa famille s'installe dans le Vaucluse. C'est là que Marceline Rosenberg entre dans la Résistance. Capturée par la Gestapo avec son père, Szlama Rosenberg, elle est envoyée à Auschwitz-Birkenau par le convoi 71 du 13 avril 1944, dans le même convoi que Simone Veil, puis à Bergen-Belsen et enfin au camp de concentration de Theresienstadt. Elle recouvre la liberté à la libération du camp, le 10 mai 1945  par l'Armée Rouge.

Elle adhère au Parti communiste français en 1955 et le quitte un an plus tard. Elle croise alors des « déviationnistes », comme le philosophe Henri Lefebvre ou le sociologue Edgar Morin.

En 1963, elle rencontre et épouse le réalisateur de documentaires Joris Ivens de trente ans son aîné. Elle l'assiste dans son travail et coréalise certains de ses films comme Le 17ème parallèle en 1968.

De 1972 à 1976, pendant la révolution culturelle initiée par le Président Mao Zedong, Joris Ivens et Marceline Loridan travaillent en Chine et réalisent Comment Yukong déplaça les montagnes composé d'une série de 12 films. Critiqués par Jiang Qing, la femme de Mao, ils doivent quitter précipitamment la Chine.

En 2003, elle réalise un film de fiction : La Petite Prairie aux bouleaux, avec Anouk Aimée, très inspiré de son parcours dans les camps (le titre est la traduction du terme polonais Brzezinka, germanisé en Birkenau).


Marcelline Loridan-Ivens, vient de publier "Et tu n'es pas revenu" (Grasset), À l'occasion du 70e anniversaire de la libération du camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau par les troupes soviétiques, la cinéaste revient sur cette période de sa vie. Elle fait aussi part de son inquiétude après les attentats de Paris.

"J’ai vécu puisque tu voulais que je vive. Mais vécu comme je l’ai appris là-bas, en prenant les jours les uns après les autres. Il y en eut de beaux tout de même. T’écrire m’a fait du bien. En te parlant, je ne me console pas. Je détends juste ce qui m’enserre le cœur. Je voudrais fuir l’histoire du monde, du siècle, revenir à la mienne, celle de Shloïme et sa chère petite fille." Ces mots sont ceux que Marcelline Loridan-Ivens écrit à son père, Salomon, dans son dernier livre "Et tu n’es pas revenu".

Née Rosenberg de parents juifs polonais, émigrés en France en 1919, Marcelline Loridan-Ivens a été arrêtée avec son père, en France, en 1944. Ils ont été déportés à Auschwitz-Birkenau par le convoi 71 du 13 avril, le même que celui de Simone Veil. Elle a ensuite été envoyée au camp de Bergen-Belsen, puis à Theresienstadt, où elle est libérée par l’Armée rouge, le 10 mai 1945. Salomon Rosenberg, lui, n’est jamais revenu.

Marcelline Loridan-Ivens, qui porte aujourd’hui les noms hérités de ses deux mariages, fait partie des 2500 Français sur 76 500 rentrés des camps. Elle a survécu ; même vécu, ensuite, plus d’un demi-siècle d’histoire. Mais à 84 ans, elle rappelle comme le retour à la vie a été difficile. "On ne revient jamais vraiment d'Auschwitz, on vit toute sa vie avec un camp dans la tête. Parfois, on essaye de fermer son cœur, de se geler de l’intérieur, de s’occuper des autres quand on est incapable de s’occuper de soi".

Pour elle, cela s’est incarné dans une vie d’artiste engagée. Marcelline est devenue actrice, documentariste, militante "gauchiste", signataire du manifeste des "343 salopes" en 1971, écrivain. Avec Jean-Pierre Sergent, elle a coréalisé "Algérie année zéro" (1962), sur les débuts de l'indépendance algérienne qu’elle a défendue. Avec son époux, le documentariste hollandais Joris Ivens rencontré en 1963, elle a vécu de l’intérieur la Révolution culturelle maoïste. Ils ont travaillé ensemble jusqu’à la mort de ce dernier, en 1989, et notamment réalisé des films sur la guerre du Viêt-nam ou le Laos.

Après la mort de son grand amour, elle s’autorise la subjectivité et réalise son film, "La Petite Prairie aux bouleaux" (traduction littérale de "Birkenau"), une fiction autobiographique où son double est incarné par Anouk Aimée. "Mais au bout de 18 films, on revient aux mêmes dangers. Quand on entend crier dans les rues de Paris 'Mort aux Juifs' ou 'Juif, va-t-en !', on se demande ce qu’on va devenir. Est-ce que je vais revivre ça une seconde fois ? Je ne peux pas", prévient-t-elle simplement.

Il est des blessures dont on ne guérit pas. Des maux du cœur, de l’âme, du corps. Marcelline Loridan-Ivens le raconte avec des mots crus. Les camps lui ont pris son père, une quarantaine de membres de sa famille, mais aussi son enfance, son corps, son intimité. "J’étais une fille de 15 ans et je ne m’étais jamais déshabillée. Et tu arrives au camp, on te met nue devant des hommes, on te tatoue, on te coupe les cheveux, on t’habille de guenilles, on te traite de sale juive. Alors tu deviens un 'stuck', un morceau [en yiddish, NDLR], une figurine, une marionnette", témoigne-t-elle.

Elle se souvient de Josef Mengele, le médecin SS d’Auschwitz, qui passait dans les rangs des jeunes femmes nues pour "trier" celles qui seraient tuées de celles qui pouvaient travailler. "Le corps des femmes a été défiguré par les camps", estime-t-elle. Marcelline a toujours refusé d’avoir des enfants, de peur de voir son corps abîmé au cas où "ça" recommencerait : "Dix, vingt, trente ans plus tard, je me disais qu’il fallait que je reste svelte pour pas passer au gaz". Et comment faire un enfant quand on ne sait que trop bien que l’Histoire peut rejouer ses passages les plus noirs ?

Marcelline fait partie de la dernière génération des survivants de la Shoah et elle n’a qu’une peur : qu’après leur disparition, la mémoire s’efface. "Pour l’instant, l’État est avec nous. Mais que se passerait-il si un nouvel État était contre nous ?" s’interroge-t-elle. Pour que cette histoire reste vivante, Marcelline souhaite que le matricule que les nazis ont tatoué sur son bras soit gravé sur sa tombe. "Ceux qui passent comprendront peut-être quelque chose qu’ils ont oublié ou dont ils ne savent rien. C’est une manière de rappeler qu’il y a eu cette époque où des juifs ont été envoyés au gaz", témoigne-t-elle, "il faut absolument que les traces restent, où que ce soit".

mardi 13 janvier 2015

JE SUIS CHARLIE



Depuis Pierre Desproges qui disait «on peut rire de tout, ça dépend avec qui» je savais que l'humour était la chose la plus difficile à partager. Les événements tragiques l'ont prouvé.
Au-delà de nos larmes, le jour s'est levé sur une étrange idée, celle qu'au lendemain d'une journée aussi exceptionnelle que celle vécue le dimanche 11 janvier 2015, plus rien ne serait jamais comme avant. Mais l'effervescence passée, chacun est rentré chez soi, le cœur en émoi, reprendre sa vie et son anonymat. L'esprit Charlie flotte dans l'air. Pour combien de temps ? Je crains hélas que des bourrasques n'emportent ce gigantesque espoir de changement, comme elles ont balayé bien des idées généreuses et bien des rêves au fil du temps. 
On a tué des hommes armés de crayons. On ne tue pas les idées et les rêves même si le vent cherche à les emporter. Sur leur petit nuage, Cabu et ses camarades devaient être bien étonnés d'une telle mobilisation, d'une telle fraternité. Des manifestants qui embrassent des CRS, qui applaudissent des policiers. De quoi croquer bien des dessins caustiques, irrévérencieux, à faire pleuvoir sur nos têtes de voltairiens candides. Puissions-nous être lucides. Puissions-nous rester voltairiens. Puissions-nous rester Charlie au pays de Voltaire et de Cabu.

lundi 12 janvier 2015

Restons CHARLIE




Depuis Pierre Desproges qui disait «on peut rire de tout, ça dépend avec qui» je savais que l'humour était la chose la plus difficile à partager. Les événements tragiques l'ont prouvé.
 Au-delà de nos larmes, le jour s'est levé sur une étrange idée, celle qu'au lendemain d'une journée aussi exceptionnelle que celle vécue hier, plus rien ne seraitjamais comme avant. Mais l'effervescence passée, chacun est rentré chez soi, le cœur en émoi, reprendre sa vie et son anonymat. L'esprit Charlie flotte dans l'air. Pour combien de temps ? Je crains hélas que des bourrasques n'emportent ce gigantesque espoir de changement, comme elles ont balayé bien des idées généreuses et bien des rêves au fil du temps. 
On tue hélas les hommes armés de crayons. On ne tue pas les idées et les rêves même si le vent cherche à les emporter. Sur leur petit nuage, Cabu et ses camarades devaient être bien étonnés d'une telle mobilisation, d'une telle fraternité. Des manifestants qui embrassent des CRS, qui applaudissent des policiers. De quoi croquer bien des dessins caustiques, irrévérencieux, à faire pleuvoir sur nos têtes de voltairiens candides. Puissions-nous être lucides. Puissions-nous rester voltairiens. Puissions-nous rester Charlie au pays de Voltaire et de Cabu.
                                                                   

mardi 6 janvier 2015

PARI PARI live et acoustique



Je dois être cinglé d'écouter tous les jours l'album de ce groupe découvert cet été sur un trottoir de Crozant, dans les conditions pratiquement identiques à celles que vous pourrez voir sur ces vidéos. voir l'article publié cet été. 
J'aime cet humour narratif et moqueur qui se dégage de ces textes  dans un français pas toujours compréhensif, un français autant étrange que bizarre mais bien rigolo. Bizarre! Vous avez dit bizarre ? Comme c'est bizarre.
 Je viens de découvrir cette petite série acoustique et vous la fait partager. 

 A quand des concerts en France et surtout en Creuse. En direct et en électrique ? 








mercredi 31 décembre 2014

A most violent year de J.C. Chandor





Après Margin Call et All Is Lost, J. C. Chandor s’impose comme une des valeurs sûres du cinéma américain, section néoclassique. Est-il un fils de Scorsese pratiquant l’ascèse ou un descendant de Lumet plus esthète ? Toujours est-il qu’avec Chandor on ne s’endort pas. A Most Violent Year nous ramène dans le New York hivernal de 1981, alors que la ville souffrait d’une montée de la criminalité. Dans ce contexte tendu, Abel Morales, homme d’affaires trentenaire d’origine latino, tente de développer sa société de convoyage d’essence. Alors qu’il tente d’acquérir un nouveau local, ses camions-citernes sont régulièrement et brutalement braqués. Gangsters ? Concurrence musclée ? Morales est aussi sujet à un vaste contrôle fiscal. Les ennuis lui tombent dessus de tous côtés. Comme son prénom l’y prédispose, Abel s’efforce d’être du côté du bien. C’est un homme ambitieux, matérialiste, certes, mais qui veut conquérir sa part du rêve américain honnêtement, légalement. Alors que son épouse, son avocat, les circonstances l’encouragent à commettre de petites (ou grandes) entorses à la loi, le ténébreux Abel n’en démord pas : le beurre oui, mais en se regardant droit dans la glace. Pas simple, dans un pays corrompu à tous les niveaux…

Le thème de l’homme droit contraint à tordre son éthique rappelle le Livre de Job ou les tragédies antiques, notamment via James Gray qui en a livré des déclinaisons contemporaines newyorkaises. Stylistiquement aussi, Chandor rappelle l’auteur de La nuit nous appartient avec sa facture classique, sans esbroufe, mais néanmoins enluminée d’éclats discrets. Le choix d’un New York enneigé, tout en teintes brunes et beiges striées par le vert des camions ou le rouge d’une giclée de sang, la transformation de Jessica Chastain en blonde vénéneuse, celle d’Oscar Isaac en parvenu intégré et tiré à quatre épingles (coupe brillantinée, pull mohair, pardessus poils de chameau, gants noirs et visage de sphinx très Pacino, loin d’Inside Llewyn Davis des frères Coen malgré NY et la neige), tout porte la marque d’un cinéaste élégant mais pas flashy. Une discrète mais ferme tenue formelle qui ne brille pas dans le vide mais rehausse une vision pessimiste et lucide de l’Amérique. Chandor pourrait faire sien le fameux vers du non moins célèbre contemporain de Llewyn Davis, Bob Dylan : “To live outside the law, you must be honest” (“Pour vivre en dehors de la loi, il faut être honnête”).

article les inrocks



mardi 30 décembre 2014

Chris Dorchester & the Gardeners






Une visite à Limoges, quelques emplettes de fin d'année et une petite bouffe dans les belles halles centrales place de la Motte. Effervescence du dimanche matin dans le ventre de Limoges, le brouhaha de voix et des notes de musique qui gonflent, enflent au fur et à mesure. Et là, pour accompagner un petit verre de blanc, un trio, qui deviendra exceptionnellement un quatuor, anime la fin de matinée d'un petit bar niché au cœur des halles.


Chris Dorchester & The Gardeners (lien) réunit en son sein trois musiciens, Roland Ribière (chant , guitare acoustique et harmonica), Ludovic Nagy (batterie) et Joël Arnaud (basse et contrebasse), très présents sur la scène régionale depuis de nombreuses années. Le trio a interprèté un mélange équilibré de compositions de Roland Ribière ainsi que des reprises dans un style folk, country et rock. Et un album que j'écoute depuis. 

pour acheter l'album dont vos trouverez un extrait en fin de message adresser un chèque de 15 euros à :

Rocking Stone Production
Chez Marie José Ribière
1, rue de la Fontanille
87350 Panazol



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