mercredi 22 décembre 2010

Breezy de Clint Eastwood

échec
Programmé dans une seule salle au Ciné 104 à Pantin, Yann et moi ne pouvions râter le troisième film produit et réalisé par Clint Eastwood qui fut un échec commercial injustifié lors de ses premières projections.
"Dans une esthétique calme et pondérée, faite de longs plans et d'une lumière aux teintes oranges, très particulière aux films des années 70, on suit le personnage de Breezy, jeune hippie qui au hasard de ses rencontres tombe amoureuse d'un agent immobilier quinquagénaire. "
"Breezy, comme son nom l'indique, est libre comme l'air, joyeuse comme un tourbillon. Sa situation financière l'amène à s'imposer peu à peu dans la vie de l'agent immobilier. Refuge et père protecteur, il est l'homme mûr un rien agacé face à l'enfant turbulente. Bouleversant ses habitudes, elle questionne son mode de vie. Ses apparitions au hasard, sa conception de l'investissement et de la sincérité, modifie le regard de cet homme solitaire et en apparence désabusé. Il ne s'investira dans cette relation amoureuse qu'au moment où il posera ses armes, lâchera sa peur du ridicule et lregardera Breezy non plus comme une adolescente mais en tant que femme. L'un à l'égal de l'autre, ayant la même capacité à blesser l'autre, ils ne s'épargnent aucune douleur, aucune question. Après les avoir résolues sans complaisance, ils se retrouvent pour commencer à se rencontrer et tisser les liens d'un couple sans apparats."
Une bonne soirée pour un film bien trop rare.

mardi 21 décembre 2010

Les primitifs de la photographie

du 19 octobre 2010 au 16 janvier 2011 à la BNF
Le calotype est le terme qui désigne le négatif sur papier et son tirage, technique mise au point par l’anglais William Henry Fox Talbot (1800-1877) dès 1840, presque en même temps qu’apparaît en France le daguerréotype de Daguerre. Le calotype, par la possibilité qu’il offre de multiplier les tirages à partir d’un négatif, porte en lui l’avenir de la photographie. Il se fait connaître lentement en France à partir de 1843. Mais c’est surtout entre les années 1848 et 1860 que le calotype connaît une fortune extraordinaire et d’autant plus étonnante que ce ne sera jamais un procédé commercial. La possibilité alors nouvelle de réaliser des tirages sur papier, de varier leurs teintes, de les retoucher intéresse particulièrement les peintres, les archéologues, les voyageurs, les éditeurs. De très grands photographes : Gustave Le Gray, Charles Nègre, Edouard Baldus, Henri le Secq par exemple, démontrent rapidement les possibilités esthétiques de ce procédé et entraînent à leur suite nombre d’artistes (Delacroix, Hugo, Bartholdi) ainsi que la fine fleur du monde des affaires (Aguado, Delessert, Odier), de la politique (Périer, Bassano, d’Haussonville, Bocher) qui durant quelques années deviennent des amateurs passionnés par cette nouvelle technique. L’apport esthétique du calotype dans les années 1850 est considérable, son influence sur l’art, l’architecture et l’archéologie également. C’est grâce à lui que la photographie considérée auparavant comme un objet scientifique ou commercial est acceptée définitivement par les élites intellectuelles et artistiques. En quelques 180 tirages issus des collections de la BnF et de grandes collections françaises, cette exposition propose de comprendre cette histoire, ses acteurs et les œuvres qu’ils ont produites.

lundi 20 décembre 2010

Un soir au Cyclo à Belleville....

Photos Papou. Cliquez sur l'image pour agrandir.

A Paris lorsqu'il neige, Brice Hortefeux à beau mobiliser les blindés de la gendarmerie, cela ne tient jamais bien longtemps. Ce week-end nous avons eu deux averses de neige, l'une samedi soir, qui a créé un léger début de panique sur les infrastructures routières ou chacun patinait tout schuss jusqu’à rencontrer la taule du voisin et l'autre ce matin où je suis sorti prendre quelques piètres images de désolation

Samedi soir , pour aller au resto, fallait être courageux, avoir faim, équipé et suicidaire. J’avais pris toutes les options question d’être tranquille. Avec mes godasses à semelles lisses, Isabelle à vite fait d’abandonner les figures en couple pour me laisser seul faire mon petit Brian Joubert qui rime souvent avec par terre. Vu que je n’avais rien à perdre, j’ai tout tenté et tout donné à mon public chéri : le pas de géant, le saut de lapin, le demi-flip, demi-lutz, de très belle boucles piqués avec rotation sur le front, quelques axels, deux luxations, une jambe cassée, des courbatures et une glissade ventrale avec triple fracture du crane pour terminer. Un triomphe. En attendant les notes, nous avons diné au Cyclo, en l’occurrence, un excellent restaurant vietnamien que je vous recommande chaleureusement. Par la vitrine, on regardait glisser les clients qui ne parvenaient pas à attraper la poignée de la porte, sans parler des autres qui ne comptaient pas s’arrêter et d’ailleurs ne le tentaient pas du tout. On a ri quelque temps avant que ce ne soit notre tour. Déjà que les notes des juges n’avaient pas été bonnes, le patron a insisté pour que nous payions l’addition avant de partir. A sa tête il restait persuadé ne jamais nous revoir. Sur le trottoir j’ai immédiatement compris qu’il avait raison.

samedi 18 décembre 2010

Un balcon sur la mer de Nicole Garcia

Depuis toujours les souvenirs me hantent. Ceux associés à l’enfance, au temps qui passe et celui des amours perdus. Et ceux de Marc lui sautent au visage lorsqu’il croise le regard d’une jolie et mystérieuse femme blonde, qui lui rappelle une fillette qu’il a connu et aimé à Oran dans les années noires de l’Algérie.
Depuis « Le fils préféré » Nicole Garcia, réalisatrice rare, sait filmer avec talent les hommes enfermés dans leur secret. Nous suivons ici avec passion la destinée de Marc et Cathy, tandis dans un écheveau subtil, Nicole Garcia laisse ouverte à nos interrogations la destinée de l’ensemble des protagonistes comme autant de films à inventer pour nourrir notre imaginaire. Talentueux. La vie d'un film étant de très courte durée, courrez y avant qu'il ne soit plus à l'affiche.

Un soir à St Germain

Photos Papou. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.
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jeudi 16 décembre 2010

La formation...serrée



Dans la boite ou que je travaille, ils m’ont envoyé au bout du monde sur le site de Courbevoie sans toque en peau d’opossum ni chiens de traîneau. La galère. Dans les moiteurs fétides du petit matin, j’ai pris le kipu avec trois mille stations et douze changements pour débarquer au Pont de Neuilly que j’ai traversé en regardant dériver les cadavres des suicidés professionnels de tous bords que picoraient des flopées de corbeaux. Un air de vacances et d’enchantement que ce petit Paris Plage hivernal. J’ai pris une photo afin qu’il sache où j’étais au cas où ils retrouvent mon cadavre congelé dans l’eau glauque. Vous me direz qu’en dérivant la photo ne sert pas à grand chose. J’aurais plutôt fait de prendre une photo de chez moi afin qu'ils puissent rapatrier mon corps. Par grand froid, la peur au ventre, on ne pense pas toujours à tout.


Poussé par les bourrasques de vent glacé, je me suis retrouvé à Courbevoie sur une passerelle étrange qui traversait les voies routières. Je suivais un flot de gens pressés en mi-touflés. Moi, j'étais touflé complètement pour mieux braver les intempéries. Au terme de cinq kilomètres de passerelles aériennes je me suis sentiau bord des larmes, un rien perdu. J’ai croisé les mêmes gens des milliers fois. Il y avait quelques désespérés, morts sur le bord des passerelles que des employés municipaux jetaient à la baille. Je ne savais plus ou j’étais. J’ai lorgné un plan. Vous êtes ici. Le point rouge, c’était moi. J’ai flippé un max de me savoir surveillé comme Johnny Depp dans The Tourist. J’ai osé demander ma route à une commerçante qui n’avait rien à voir avec Angelina Jolie. « C’est la première fois que je viens à New-York », j’ai hasardé. Elle m’a regardé comme si j’allais mourir. J’ai suivi ses indications pour emprunter un ascenseur en direction du niveau de la rue. Une rue sans nom que j’ai longé jusqu’à la pharmacie Victor Hugo. Je me suis senti soudain misérable. La pharmacie Victor Hugo ne pouvait se trouver que Rue Victor Hugo, celle homonyme indiqué sur le plan. A moins que ce ne soit la rue Esmeralda. Rue Paul Féval. Le bossu. Bossu. Quasimodo. Victor Hugo. CQFD. Rue Anatole France. J’ai shooté dans le cadavre de Sylvestre Bonnard avant de rentrer dans la boite. J'étais sauvé. Jusqu'à quand ?

mercredi 15 décembre 2010

Un soir au ciné....

Photos Papou 2010. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.
Pour allez voir l'excellente comédie sentimentale de Pierre Salvadori, aux dialogues ciselés comme des diamants, comme toujours chez lui, avec pour décor la ville de Sète sous le soleil. Un régal.

mardi 14 décembre 2010

Half Life,de Michael Ackerman

Né en 1967 à Tel Aviv. Il vit à Berlin. Depuis sa première exposition en 1999, il créé son univers en adoptant une approche radicale et unique. Son travail sur Varanasi, intitulé End Time City, rompt avec toute sorte d'exotisme, avec toutes tentatives descriptives, anecdotes, pour questionner le temps et la mort avec une liberté qui lui permet de passer du panoramique - dont l'usage est ici réinventé - aux carrés et aux rectangles. En noir et blanc, avec une prise de risque permanente, il explore d'impossibles lumières, autorise le regard à travers le grain pour créer des visions énigmatiques et fécondes.Michael Ackerman cherche - et trouve -dans le monde qu'il traverse, l'image de son propre malaise, des ses doutes personnels, et de son anxiété. Half Life - Michael Ackerman, éditeur Delpire