lundi 6 juin 2011

Le lift

Le lift David Richardson

"Je me décidai à rentrer l'attendre ; le directeur vint lui-même pousser un bouton : et un personnage encore inconnu de moi, qu'on appelait "lift" (et qui à ce point le plus haut de l'hôtel où serait le lanternon d'une église normande, était installé comme un photographe derrière son vitrage ou comme un organiste dans sa chambre), se mit à descendre vers moi avec l'agilité d'un écureuil domestique, industrieux et captif. Puis en glissant de nouveau le long d'un pilier il m'entraîna à sa suite vers le dôme de la nef commerciale. A chaque étage, des deux côtés de petits escaliers de communication, se dépliaient en éventails de sombres galeries, dans lesquelles portant un traversin, passait une femme de chambre. J'appliquais à son visage rendu indécis par le crépuscule, le masque de mes rêves les plus passionnés, mais lisais dans son regard tourné vers moi l'horreur de mon néant. Cependant pour dissiper, au cours de l'interminable ascension, l'angoisse mortelle que j'éprouvais à traverser en silence le mystère de ce clair-obscur sans poésie, éclairé d'une seule rangée verticale de verrières que faisait l'unique water-closet de chaque étage, j'adressai la parole au jeune organiste, artisan de mon voyage et compagnon de ma captivité, lequel continuait à tirer les registres de son instrument et à pousser les tuyaux. Je m'excusai de tenir autant de place, de lui donner tellement de peine, et lui demandai si je ne le gênais pas dans l'exercice d'un art, à l'endroit duquel, pour flatter le virtuose, je fis plus que manifester de la curiosité, je confessai ma prédilection. Mais il ne me répondit pas, soit étonnement de mes paroles, attention à son travail, souci de l'étiquette, dureté de son ouïe, respect du lieu, crainte du danger, paresse d'intelligence ou consigne du directeur."

Marcel Proust, A la recherche du temps perdu, A l'ombre des jeunes filles en fleurs.

Marcel Proust, A l'ombre des jeunes filles en fleurs.

dimanche 5 juin 2011

Le Rapace (1968)

Après avoir passé l'après-midi avec les gosses de riches au Club des Cannetons, je me suis retrouvé dans une salle obscure avec mon frère et un paquet de caramels. J'aime les caramels. J'aime les fauteuils de velour rouge. J'aime le cinéma. J'aime Lino Ventura. Un type au regard franc à qui tu balances ton larfeuille avant qu'il te balance une gifle. Un homme, un vrai.
Chut, ça commence. Musique sud américaine de François de Roubaix-Tourcoing avec harmonica et Los Incas au vocal. Fait tellement chaud à Vera Cruz en 1938 que mes caramels sont mous de chez mou. Et le Lino ben il porte un sac sur son épaule. Pour un peu, il siffloterait. Il rejoint une bande de conjurés à la con qui ont décidé de supprimer l'actuel Président arrivé à la date de péremption. C'est un peu comme si nous on demandait à Lino Ventura de venir nous débarasser de notre Président que plus personne trouve crémeux à coeur, voyez. Et Lino, Il est pas chiant Lino, si c'est bien payé il prend son sac sur l'épaule et il arrive te débarrasser du camembert. Moi, il aurait fallu que je demande à ma mère qu'elle me fasse un mot pour l'école et que je me renseigne pour savoir à est Vera Cruz. C'était pas gagné.
Durant l’attente au passage à l’acte il trompe son ennui avec le petit-fils de l'ancien Président qui, dès que la révolution aura triomphé, sera promu au rang de héros national.
Et quand Lino s'apprête à tuer le Président, tu te dis, bon c'est la scène où il va lui faire la conversation pendant trois plombes question de lui essepliquer le pour quoi du comment il est venu le tuer. Alors tu plonges la main dans le paquet de caramels qui n'en contient plus que trois. Tu dépiotes le premier caramel venu comme une lapin de garenne, excuse Swann, je prendrai un autre exemple la prochaine fois. Tu le portes à la bouche tranquille quand Lino fait : "Hé, Président!" Le Président se retourne et pan t'es mort, vlan, pan, crac, par terre mort. Putain, tu te fais, rigole pas le Lino. Pas le temps de bequeter un caralmel que le Président est déjà mort.
Mais les conjurés envisagent de supprimer Lino et son compagnon lors d'un guet-apens sur la route après l’attentat. Alors là, Lino, il aime pas. Tu déplie un autre caramel mou qu déjà Lino à dézingué toute la bande de malpolis. Bien fait. Il est maintenant évident aux yeux de Chico que ses compagnons sont des traîtres et des crapules. Ben tiens. D'ailleurs, la révolution échoue totalement et le pouvoir passe entre les mains du plus rétrograde des généraux. Se postant sur un pont Lino décimera tous les chefs des conjurés. Ca leur apprendra à ces salauds pas de gauche. Après quoi, il sautera dans un wagon de marchandises, continuant sa destinée de tueur à gages en laissant le pays aux mains des Généraux. Une dictature, quoi ! Faut pas déconner avec Lino.
.

jeudi 2 juin 2011

Geraldine Laurent

En trois ans, Géraldine Laurent s'est imposée, au niveau mondial, comme une des trois ou quatre forces évidentes au sax alto aujourd'hui. Cet excellent disque en quartet en promet d'autres qui seront grands. C'est notre pari.

dimanche 29 mai 2011

La Creuse par le trou d'une aiguille (4)

Masure à La Charse, St Yrieix les Bois
Photos au sténopé par Papou Eglise de St Yrieix les Bois
Masure à Lavaux
Le noyer
Masure à Villerégnier