Chargé de sa cargaison humaine, le car s’insinue dans l’insoutenable trafic quotidien de Dakar. Le nez collé sur l’écran sale de ma vitre, je regarde défiler la ville lumineuse et ses faubourgs poussiéreux où je capte ces instantanés le long de la Petite Côte, propice aux stations balnéaires, alors que mon oeil occidental ne voit que misère et pauvreté. Il paraît que le Sénégal ne livre son âme qu'à ceux qui savent le respecter, l'écouter et lui parler. Je l'écoute respirer et nose pas lui dire tant pour l'instant les mots me manquent.
lundi 29 novembre 2010
dimanche 28 novembre 2010
samedi 27 novembre 2010
Saul Leiter, phtographie et peintures
Pour l’histoire de la photographie en couleur, l’oeuvre de Saul Leiter est une redécouverte majeure de ces dernières années. Leiter était certainement connu des spécialistes pour sa collaboration avec les meilleurs magazines de mode des années 60 et 70, mais son travail personnel des années 50, étonnament novateur, était resté dans ses tiroirs. A cette époque, Leiter hésitait entre la photographie et la peinture et ses images en couleur de la rue américaine portent la marque d’un regard de peintre. Elles innovent en privilégiant la sensation pure de la couleur, la déconstruction de l’espace et de la perspective par un cadrage jouant en virtuose des reflets, des transparences, des premiers plans.

Saul Leiter, phtographie et peintures
Galerie Camera Obscura, Paris 14ème jusqu'au 23 décembre 2010
vendredi 26 novembre 2010
jeudi 25 novembre 2010
Only in America
Chaque fois qu'il découvrait une nouvelle excentricité de son pays, mon grand ami américain Josh Ewing, rarement étonné, le plus souvent amusé et quelquefois consterné, s'exclamait :
" Only in America ! " Ce qui voulait dire : "II n'y a qu'en Amérique qu'on peut voir ça !" Pour le meilleur et pour le pire. La société américaine toujours en marche (rarement en marche arrière malgré tout), toujours à la découverte d'une nouvelle frontière, valorise l'éclatement, l'exceptionnel et en définitive amalgame comme norme une certaine forme du déséquilibre. C'est ce qui, pour nous Européens, représente l'excès américain, un grain de folie qui, à la fois, découle et remet en question le monde moderne. Même dans ses formes les plus conservatrices, cette société intègre des éléments de fantastique, d'étrange, d'insolite. Ce livre contient des images réalisées sur une période de plus de trente-cinq ans. Ce sont des images faites en Amérique plutôt que des images d'Amérique, des images de mon Amérique à moi, une Amérique insolite qui est en même temps banale, complètement folle et plus que raisonnable. " Only in America !!"
François Le Diacorn
Only in America de François Le Diascorn aux éditions Créaphis.
mercredi 24 novembre 2010
L'autre homme de ma vie de Stephen McCauley
La comédie de moeurs est, depuis plus de vingt ans, le genre dans lequel évolue avec aisance et humour l'Américain Stephen McCauley. C'est avec L'Objet de mon affection que, en 1989, nous avons fait connaissance avec ce natif de la côte Est des Etats-Unis, auteur urbain dans tous les sens du terme, peintre plein de finesse, corrosif juste ce qu'il faut, des us et coutumes sociales et sentimentales de la middle class prospère de Nouvelle-Angleterre. Ont suivi L'Art de la fugue, Et qui va promener le chien ?, La Vérité ou presque, Sexe et dépendances, et l'on s'est d'autant plus attaché à McCauley, à sa comédie humaine au long cours, que ses héros ont grandi et vieilli avec nous, avec lui.
Ils n'avaient pas encore 30 ans, et l'avenir était devant eux, au temps de L'Objet de mon affection ; les voici aujourd'hui au mitan de leur existence, plus ou moins durablement installés dans une vie professionnelle pas trop rébarbative, une vie personnelle synonyme de stabilité, de tempérance, de confort, de petits arrangements discrets avec la monogamie, la peur de l'ennui.
Ainsi Richard, dilettante directeur des ressources humaines dans une grosse entreprise, en couple avec Conrad, disposant de suffisamment de temps libre pour être inscrit dans deux clubs de fitness et pour entretenir depuis plusieurs années une liaison clandestine avec Benjamin. Lequel Benjamin est marié, père de famille, mais là n'est pas la source des tourments de Richard. C'est Conrad, en fait, qui l'inquiète, depuis qu'il a noué, lui aussi, une liaison extraconjugale qui semble menacer le couple qu'il forme avec Richard... Banal vaudeville gay ? Il y aurait de cela, ne serait la tendre et pétillante empathie que McCauley manifeste à l'endroit de ce petit monde dont il suit, non sans gravité parfois, les hésitations, les inquiétudes, les tiraillements. Cela tout au long d'un hiver spécialement glacial de la fin de l'ère Bush - climat dont la mélancolie s'accorde aux humeurs douces-amères de Richard, Conrad, Benjamin et les autres...
L'autre homme de ma vie de Stephen McCauley ed Baker Street.
Nathalie Crom
mardi 23 novembre 2010
Keith Richards : entretien
Pour beaucoup, il est le rock incarné. Abîmé par des années d'excès mais indestructible, fier garant de la longévité et de l'indéfectible crédibilité des Rolling Stones, Keith Richards, 66 ans, publie aujourd'hui son autobiographie. Un livre aussi épais qu'épique, aussi drôle que terrifiant, dans lequel l'homme qui a érigé sa science unique du riff en art majeur se raconte comme il a vécu : en homme libre, avec des principes et un sens moral bien à lui. De son enfance modeste dans une grande banlieue de Londres à la création, encore adolescent, des Rolling Stones, en 1961. De sa passion pour le blues authentique à sa vie extrême, en marge des lois et de la société. De son éternelle relation conflictuelle avec son frère ennemi, Mick Jagger, à ses amours et amitiés singulières et déjantées. Life raconte cinquante ans d'un parcours consacré à maintenir la flamme sacrée du « greatest rock'n'roll band in the world ». Richards le trompe-la-mort, véritable pirate des temps modernes, malicieux et sensible, impitoyable et lucide, nous a reçu, à New York, en exclusivité.
Longtemps, surtout dans les années 1970, vous avez figuré en tête du classement des rockers qui ne passeraient pas l'année. Vous avez intitulé votre livre Life (« La Vie »). C'est ironique ?
Alors que j'étais à mi-parcours de la rédaction du livre, mon éditeur m'a envoyé un projet de couverture. Il l'avait appelé My life (« Ma vie »). Ce n'était qu'un titre provisoire. Quand j'ai vu ça, j'ai réfléchi cinq minutes et j'ai barré le « My ». « Ma vie », c'était trop ronflant, prétentieux. « La Vie », ça me convient bien.
Parce que, derrière votre image autodestructrice, le livre révèle avant tout un être combatif, accroché à sa passion et à ses idéaux ?
Tant qu'on n'a pas à se pencher sur son existence, on n'y pense jamais. On vous dit « vous avez une histoire extraordinaire à raconter ». Première nouvelle. J'ai toujours eu l'impression de vivre au jour le jour, sur le fil du rasoir, d'avoir échappé à ceci, de m'être sauvé in extremis de cela, d'avoir évité la prison de justesse. Et puis, une fois plongé dans mes souvenirs, j'ai réalisé qu'il s'agissait d'un parcours hors du commun. Revoir toute sa vie défiler devant ses yeux, passer deux années à revivre son passé, c'est une drôle d'expérience, très chargée en émotions. Parfois aussi très douloureuse. Se souvenir d'humiliations subies à l'école, ou reparler de Tara, le petit garçon que j'ai perdu, bébé, en 1976. C'est une blessure qui ne cicatrise jamais, la rouvrir, c'est dur... Voilà comment un projet qu'on imagine plaisant et léger peut faire basculer dans des gouffres insoupçonnés.
Vous sentez-vous toujours proche du jeune Keith, enfant unique, chétif et déterminé, élevé à Dartford, dans le Kent ?
Oui, c'est assez étonnant. Le temps brouille les repères, on se croit toujours loin de l'enfant qu'on a été parce qu'on vit au présent. James Fox, qui a écrit ce livre avec moi, m'a poussé à aller toujours plus profond. Je pense avoir raconté le plus sincèrement possible la façon dont j'ai vécu. Le plus dur a été de supprimer des souvenirs embarrassants pour certains. J'ai vu des gens faire de drôles de choses que leur mari, femme ou enfant n'ont pas besoin de savoir... A l'arrivée, je n'ai pas trahi mes rêves d'adolescent : devenir musicien, enregistrer des disques, être libre... Mais la façon dont ma vie s'est déroulée reste un mystère. Je ne suis sûr que d'une chose : jamais je n'ai voulu être une star. Ma seule ambition était de jouer de la guitare. Mais, très vite, la célébrité m'est tombée dessus. J'ai compris qu'il fallait trouver un moyen de faire avec, sans qu'elle me vampirise. C'était un mal nécessaire pour faire de la musique comme je l'entendais.
Brian Jones, le premier guitariste des Stones, s'est laissé piéger par cette célébrité...Quand on devient une star, il faut le prendre comme un jeu. Ce n'est pas très difficile, ça peut même être assez amusant. Mais beaucoup de musiciens se prennent vite pour des dieux. Brian Jones particulièrement. Ce type qui pouvait être aussi charmant que détestable est tombé dans le panneau ! Jusque-là, les Rolling Stones étaient cinq gars soudés par leur amour de la musique. Mais il n'existe rien de plus fragile qu'un groupe de rock. Il suffit d'un maillon faible et la chaîne explose. Il a donc fallu être impitoyable. Les Stones ont toujours survécu ainsi : en se débarrassant des maillons faibles (1).
Brian Jones était pourtant, à l'origine du groupe, non seulement le musicien le plus accompli mais aussi le plus puriste d'entre vous...Oui, c'est bien le plus tragique dans cette affaire. Au début, nous n'étions qu'une bande de gamins idéalistes. Notre seule envie était de transmettre notre amour du blues, de faire connaître ces musiciens américains incroyables dont on essayait d'interpréter au mieux les chansons. Et puis, d'un coup, nous sommes devenus célèbres et nous avons vu Brian devenir dingue. Cette folie en a atteint tellement avant et après lui, d'Elvis à Michael Jackson. Moi, je me suis toujours préservé. Je n'ai jamais perdu de vue ce qui était le fondement de mon existence, ce groupe inespéré. Aujourd'hui, il reste encore Mick Jagger et Charlie Watts. Le noyau central, originel, est toujours là. Il ne faut pas y toucher. Je serais capable de tuer celui qui chercherait à le détruire.
D'où vient l'extraordinaire longévité des stars ?
Ce que les Stones ont accompli avec le temps est unique. L'énergie qui nous unit est miraculeuse. Il existe des centaines de guitaristes meilleurs, plus talentueux, plus virtuoses que moi, mais cela n'a jamais été mon souci. Tout ce qui m'intéresse, c'est de créer un son. Voilà la vraie magie des Rolling Stones. Ce ne sont pas les musiciens qui manquent et, pourtant, il y en a très peu avec qui j'aimerais travailler. Je suis lié à un batteur, Charlie Watts, fidèle comme un roc, et ça me suffit. C'est avec lui qu'on a bâti un art du rythme bien à nous. Tout ce que j'ai pu inventer au cours des ans repose sur cette force qu'il m'apporte. On se connaît si bien qu'on peut prendre tous les risques. La musique des Stones n'a jamais été une science exacte, tout se joue dans l'entre-deux, dans la complicité entre Mick, Charlie et moi. Sans oublier Ron Wood, un guitariste avec qui je m'entends parfaitement.
“Au fond, le problème principal de Mick, ce sont les femmes. Il les veut toutes... Quel imbécile !”
Dans le livre, vous êtes très sévère avec Mick Jagger, avec cette fascination qu'il avait pour les puissants, sa volonté de tout contrôler et, plus tard, son désir de faire cavalier seul...Aujourd'hui encore, je ne comprends toujours pas ce qui s'est passé. Au fond, son problème principal, ce sont les femmes. Il les veut toutes... Quel imbécile ! Après, ça m'est bien égal, s'il veut un harem au Tibet, tant mieux pour lui. Du moment qu'il est heureux, ça me va. Car une chose est certaine, une alchimie exceptionnelle nous lie.
Vous dites qu'à un moment il a décollé vers « jet-set land » tandis que vous avez sombré dans « dope land »... C'est à partir de là que votre relation d'amour et de haine a commencé.Ouais. Mais, en même temps, qui a dit qu'il fallait rester copains à vie, inséparables et d'accord sur tout, pour qu'une relation comme la nôtre puisse perdurer ?
Nos rapports ont toujours été faits de clashs et de conflits... Je tiens aussi à dire que cette opposition entre lui et moi est infime par rapport à ce qui nous unit toujours. Parce que, finalement, la seule chose qui compte, c'est la musique. Depuis presque cinquante ans, je m'efforce de faire tenir ce groupe et, à ce jour, j'ai rempli ma mission.
Votre approche particulière de la musique vous vient d'où ?
De mon grand-père Gus, qui jouait du violon et du saxophone. C'est lui qui m'a encouragé à jouer de la guitare, qui m'a initié. Il m'a appris Malagueña, le premier morceau sur lequel je m'écorchais les doigts du matin au soir. Surtout, il m'a prodigué ce conseil : « Tu sais, gamin, tant que tu joueras seul, tu auras toujours l'impression d'assurer. Mais essaie avec quelqu'un d'autre et tu verras, ce n'est jamais gagné. » Je n'ai pas bien compris à l'époque ce qu'il voulait dire, ni même s'il parlait seulement de musique ! Mais je n'ai pas tardé à faire de sa leçon une règle de vie. Fabriquer des chansons, c'est comme travailler sur un métier à tisser : mélanger les instruments, les sons, à un point où il est quasi impossible de les démêler, de savoir précisément qui joue quoi. C'est pour ça que peu de gens arrivent à jouer correctement un morceau des Stones. Parce que je joue sur cinq cordes, avec un doigté précis, particulier, et un rapport au temps qui m'est propre. Ça n'a rien à voir avec la technique ou la virtuosité. Juste du style, du feeling. Comme Chuck Berry, Muddy Waters, Phil Everly et tous ces musiciens qui m'ont inspiré.
Vous êtes retourné à Dartford pour la première fois depuis des dizaines d'années...Oui, pour le livre. Tout m'a paru si petit. A l'époque, c'était moi qui étais petit et malingre, tout le reste me paraissait grand. Mais les gens n'ont pas changé. Je suis allé chez le coiffeur et j'avais l'impression de rentrer au bercail. J'ai retrouvé chez les coiffeuses les mêmes attitudes, la même façon de parler qu'il y a cinquante ans ! Des pures « Dartford girls ». Et je me suis dit que la musique qu'écoutent ces filles aujourd'hui provient de tout ce que les Rolling Stones ont bouleversé autrefois. C'est ce qui m'émeut le plus. J'ai réussi à transmettre la musique que j'aimais. Dommage que, pour y arriver, on soit obligé de se coltiner ce star-système qui a détruit tant d'amis proches, comme Jimi Hendrix ou Gram Parsons. Combien de fois ai-je essayé de leur dire de ne pas aller trop loin...
“Le fait d'être junkie m'a permis de garder les pieds sur terre, ou du moins dans le caniveau !”
Vous-même avez testé jusqu'à l'extrême vos limites avec la drogue. Mais, semble-t-il, davantage dans le souci de vous protéger que de vous détruire...Ça paraît bizarre, mais il y a beaucoup de ça. Evidemment, la démarche n'était pas consciente. Mais le fait d'être junkie m'a permis de garder les pieds sur terre, ou du moins dans le caniveau ! Quand on est sur la route, comme je l'étais avec les Stones, le souci principal du junkie que j'étais était de trouver de la bonne came. Ce qui rend la vie assez simple, en définitive, car on ne se concentre que là-dessus : ne pas se faire avoir pour ne pas planter les autres, pouvoir assurer le soir en concert. Dans le milieu de la dope, vous n'êtes qu'un junkie comme un autre : il n'y a pas d'idole du rock'n'roll qui tienne. Pas de risque de se prendre pour un dieu, du coup.
De la même manière, vous avez exposé votre premier fils, Marlon, à cette vie « rock'n'roll ». Là encore, pour le protéger. Vous l'avez emmené en tournée avec vous à 7 ans, en 1976...
La famille, c'est important pour moi. J'ai emmené Marlon avec moi pour ne pas le laisser avec sa mère, Anita [Pallenberg, NDLR], qui était sérieusement à côté de la plaque à l'époque. Je pensais que Marlon serait plus en sécurité avec moi. J'ai assumé un rôle de papa et de maman avec lui. Bien sûr, ça fonctionnait surtout à l'instinct mais, à l'arrivée, tout le monde s'en est plutôt bien tiré. Marlon me servait de copilote quand je conduisais. On parcourait tous les deux l'Europe en voiture, de concert en concert. Quelque part, l'héroïne - et, que les choses soient claires, je ne recommanderais à personne d'en prendre ! - a bâti un mur autour de moi, qui m'a certainement beaucoup préservé de la folie qui nous entourait à l'époque.
Dans les années 1980, lorsque Jagger vous lâchait pour tenter une carrière solo, vous étiez dévasté. Vous avez alors renoué avec votre père, avec qui vous aviez coupé les ponts à 17 ans.
Mon père était un type très rigide qui ne comprenait pas que je veuille faire de la musique. J'étais fils unique et la dernière fois que je l'avais vu, je quittais la maison, ma guitare sous le bras. Il m'a lancé un « bonne chance, fils, va rejoindre les milliers d'autres guitaristes qui crèvent de faim... », et je ne l'ai plus revu. J'avais laissé un homme austère et sobre – au mieux, il s'autorisait une bière le week-end – et, vingt ans plus tard, je retrouvais un rude gaillard qui descendait sans broncher une bouteille de rhum par jour.
Est-ce lui qui a fini par me ressembler ou l'inverse ?
Toujours est-il qu'on est devenus inséparables. Lui qui n'était sorti d'Angleterre qu'une seule fois, le temps de sauter sur une mine en Normandie pendant la guerre – il boitait –, m'a suivi autour du monde. Il était devenu adorable, tout le monde l'aimait. Je m'absentais cinq minutes, et je le retrouvais avec la comédienne Brooke Shields sur les genoux !
“J'ai toujours pensé que John Lennon était un peu frustré d'être un Beatle ! Comme s'il se sentait coincé dans une bulle.”
John Lennon aurait eu 70 ans cette année. Dans Life, vous affirmez qu'avec Gram Parsons il est le musicien dont vous vous sentiez le plus proche...
J'ai toujours pensé que John était un peu frustré, insatisfait, d'être un Beatle ! Comme s'il se sentait coincé dans une bulle. Il voulait prendre des risques, essayer des choses nouvelles. Les trois autres me paraissaient beaucoup plus prudents. Mais John venait toujours me voir. On passait pas mal de temps à discuter de musique, à écrire des chansons qui n'ont jamais vu le jour !
A quel point était-ce calculé de vous présenter comme les anti-Beatles ?
Nous étions vraiment comme ça : mal fagotés et avec des mauvaises manières. Mais c'est Andrew Loog Oldham, notre manager, qui a su l'exploiter. Sous la direction de Brian Epstein, le manager des Beatles, c'est lui qui avait façonné l'image du Fab Four, avec leurs petits costumes. Mais les deux hommes se sont fâchés et Andrew a été viré. Il s'est dit alors : « Il doit bien y avoir un autre groupe aussi bon et avec un potentiel aussi gros que les Beatles. » Et il nous a trouvés. Il a voulu nous faire porter des costumes, mais en vain. Puis il a eu l'idée de génie : promouvoir notre côté voyous, faire de nous le groupe qui ferait passer les Beatles pour d'aimables petits toutous !
C'est aussi Andrew Loog Oldham qui vous a forcés à écrire des chansons ensemble, vous et Mick...
Il nous a dit que si on voulait durer, il fallait qu'on écrive nos propres chansons. Il nous a désignés, Mick et moi, et enfermés dans une cuisine en disant qu'on ne sortirait de là que lorsqu'on aurait composé une chanson. C'est ainsi qu'a jailli As tears go by. Ce qui nous paraissait impensable nous est venu facilement. Le tandem Jagger-Richards était né. Parfois, je me dis qu'on devrait peut-être s'enfermer à nouveau avec Mick dans une cuisine pour composer ! Je sais que, quoi qu'il se soit passé entre nous, nous sommes toujours capables de retrouver cet état d'esprit.
Lorsque votre mère, Doris, était mourante, vous êtes allé à l'hôpital lui jouer de la guitare. Notamment, Malagueña, le morceau que vous avait appris son père, Gus...
C'est un morceau spécial. Vers la fin des années 1960, on était allés au Pérou, avec Mick et Anita. On a voulu visiter le Machu Picchu et on est tombés en panne dans un bled paumé. Les gens ne savaient pas qui nous étions, ils nous regardaient avec méfiance. Alors j'ai sorti ma guitare et j'ai joué Malagueña. Et leur visage a changé. Ils nous ont accueillis et hébergés pour la nuit... C'est dire ce que je dois à Gus, à ma guitare, à cette chanson. Quant à ma mère, je lui dois plus encore. Je l'aime pour tout le sang qui coule dans mes veines. Et cet amour infini pour la musique qu'elle m'a transmis. Souvent, lorsqu'on devient musicien, en maîtrisant la technique, on perd la joie pure de l'apprécier en toute simplicité. Le plaisir intense d'entendre une chanson, sans l'analyser, que j'ai toujours malgré tout mon bagage, me vient de Doris. Je peux encore me laisser emporter par un air et le chanter, comme elle, un peu faux...
Propos recueillis par Hugo Cassavetti
(1) Brian Jones, anéanti par la drogue, fut limogé par Jagger et Richards en juin 1969. Quelques semaines plus tard, on le retrouvait mort dans sa piscine.

lundi 22 novembre 2010
dimanche 21 novembre 2010
Patti Smith : Just Kids
La musicienne Patti Smith raconte sa fidélité aux artistes qui l'ont nourrie : Rimbaud, Mapplethorpe, Warhol. Râpeuse, trépidante, serrée, aimante : cette autobiographie résonne comme la voix de son auteur. Patti Smith a l'art du survol. D'une pudeur frénétique, elle effleure sa mémoire et tressaille d'une émotion contagieuse. Celle qui a fait de sa vie une quête d'absolu, au plus près de l'art - poésie, rock, dessin, théâtre, performance - laisse surgir le miracle à chaque page. Comme ce jour où, petite fille du New Jersey, alors qu'elle traînait des pieds pour se promener avec sa mère près d'une rivière, elle vit un cygne émerger soudain de la lagune et fendre les airs : « La vision de l'oiseau créait un besoin pressant pour lequel je n'avais pas de mots, un désir de parler du cygne, de dire quelque chose de sa blancheur, de la nature explosive de son mouvement, et du lent battement de ses ailes », écrit Patti Smith en ouverture de son livre, avec ce sens de l'image simple et retenue qui caractérise tout son récit.
Marine Landrot
Traduit de l'anglais par Héloïse Esquié, éd. Denoël, 330 p., 20 EUR.
samedi 20 novembre 2010
Sally Mann
La galerie Karsten Greve à Paris présente jusqu'au 31 décembre uneune exposition consacrée à la photographe Sally Mann, sous la forme d’un parcours rétrospectif des différentes étapes du travail de l’artiste à travers des photographies réalisées depuis le milieu des années 1990 jusqu’à nos jours. Depuis ses débuts, Sally Mann est restée fidèle à son principe de photographier son environnement proche, qu’il s’agisse des paysages du Sud des États-Unis, où elle vit depuis son enfance, ou de sa famille. Elle y évoque des thématiques universelles telles que l’enfance, la mémoire ou le rapport à la mort.
vendredi 19 novembre 2010
Nous avons fait un très beau voyage
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Nous avons fait un très beau voyage : du 10 novembre au 13 décembre Espace photographique de l'hôtel de Sauroy, rue Charlot Paris 3ème
Photographies de Jacques Borgetto, Françoise Nuñez (tirages prêtés par la Galerie Camera Obscura), Bernard Plossu (tirages issus des collections de la Maison Européenne de la Photographie) et Sophie Zénon. En voyage, comme dans une exposition, il faut bien choisir son équipage, en fonction des affinités, des possibilités de dialogue et des enrichissements réciproques. Ici, les artistes se sont pris au jeu avec générosité et curiosité, de nouvelles images sorties des boîtes, sujets à de nouvelles lectures, des itinéraires jusque là divergents ont convergé et le voyage est devenu un beau voyage. Ainsi s’est construite l’exposition, tel un recueil de contes, sans unité de temps et de lieu, mais habitée par la poésie. Un ensemble de récits où planent solitude, mélancolie, souvenirs, fascination des grands espaces, émotion des rencontres et découvertes partagées. Tous les photographes, ici réunis, entendent le voyage comme on l’entendait autrefois. Avec du temps devant et de l’espace autour, avec l’esprit de tisser imaginaire et réel, loin des flux touristiques. Leurs références diffèrent, ainsi que les destinations et les motivations mais, malgré cela, un fil conduit d’une série à l’autre. Jacques Borgetto parcourt et photographie l’Amérique latine depuis des années, il restitue cette terre avec une écriture forte et précise et une vision peu incline aux clichés. Sophie Zénon, grande voyageuse, a sillonné à maintes reprises l’Asie, notamment la Mongolie, la Sibérie extrême-orientale et le Cambodge. Ses images de l’Asie côtoient ici celles plus familières de sa Normandie natale ou de l’Italie de ses origines. Partout, un univers au calme apparent et à la grâce omniprésente, une écriture subtile où le format panoramique semble mieux suivre le mouvement du voyage, tel un travelling.Avec Françoise Nuñez et Bernard Plossu, le voyage devient sentimental. Les lieux ne sont que prétextes et décors, la vraie destination est l’autre. Du Mexique en 1981 à l’Italie, de la Grèce à l’Andalousie, leur regards, en partant du même point de vue, donnent une vision stéréoscopique, où la photographie est autant le reflet de visions intérieures que de la réalité. Une sélection de vidéos des collections de la MEP accompagnent ces récits photographiques.
jeudi 18 novembre 2010
Les photographes d'Europe centrale
Il était temps que la première foire de l’image fixe au monde mette à l’honneur l’Europe centrale. Avec plus de 90 artistes tchèques, hongrois, polonais, slovènes ou slovaques représentés par un tiers des exposants, Paris Photo promet un panorama dense de la création photographique historique, contemporaine et émergente de la région.Figures de la scène d’Europe centraleLe secteur général du Salon évoque les avant-gardes historiques des années 1920 et 1930 avec ses figures tutélaires (le polonais Witkiewicz, les hongrois Brassaï, André Kertész, Làszlò Moholy-Nagy, les tchèques Jaromir Funke, František Drtikol, Josef Sudek), les artistes des années 1960/1970 à redécouvrir comme Tibor Hajas, Emila Medkova, Zofia Rydet, Teresa Gierzynska, et les figures contemporaines connues comme IRWIN, Zofia Kulik, Zbigniew Libera, Miroslav Tichý.
18-21 Novembre : Salon International pour la photographie du XIXème, moderne et contemporaine. Carrousel du Louvre.
mercredi 17 novembre 2010
Givre et sang de John Cowper powys
Dès les premières pages, puissamment nocturnes, c'est sombre, limite lugubre : un manoir, la lune, des pâturages inondés, une rivière menaçante le bruit d'une canne sur la route, des chouettes, et la mort qui rôde, déjà presque trop proche. Plus loin, comme s'il était besoin de rendre ce décor Quand il fait jour, la campagne se montre généreuse, avec ses fauvettes, ses vesses-de-loup, ses vaches brunes et blanches. Mais la plupart du temps, la lumière peine à éclairer cet univers réduit aux dimensions d'un confetti, où l'on mène une vie sans doute semblable à celle qui agite nos hameaux, une vie plutôt communautaire, pour le meilleur mais surtout pour le pire. Le lecteur va y vivre un huis clos oppressant.
Givre et sang John Cowper Points " Signatures "
mardi 16 novembre 2010
Boris Vian
Mourir à 39 ans, le 23 juin 1959, quand on a intitulé son premier roman Mort trop tôt, ne peut être le fait que d'un esprit facétieux... Plus qu'une fatalité, c'est une pirouette. Tragique tout de même, quand on sait que c'est pendant la projection de J'irai cracher sur vos tombes, film tiré de son roman, que le cœur de Boris Vian lâcha. Une faute de savoir-vivre qui aggravait la faute de cinéma, en quelque sorte. Boris Vian, trompettiste et poète, romancier et farceur, funambule indiscipliné de toutes les disciplines, fête en fanfare le cinquantième anniversaire de sa mort. A la façon tonitruante d'Alfred Jarry, dont il fut sans doute l'un des meilleurs et derniers vrais disciples. Il entre aujourd'hui dans la prestigieuse collection de la Pléïade en deux volumes.
dimanche 14 novembre 2010
Charlie Haden Quartet West
Ses compagnons de route sont Ornette Coleman, Pat Metheny, John Coltrane, Archie Shepp, Keith Jarrett, Chet Baker… Pionnier du free-jazz, son jeu caractéristique . a fait de lui un créateur de style parmi les contrebassistes du jazz contemporain.
A la fin des années 80, Charlie HADEN quitte New York pour s’installer sur la côte Ouest des Etats-Unis, où il fonde le Quartet West "In Angel City". Un casting de luxe : le pianiste néo-zélandais Alan BROADBENT, le saxophoniste ténor Ernie WATTS et Billy HIGGINS à la batterie, désormais remplacé par Rodney GREEN. Le Quartet West souscrit à un classicisme équilibré et de nombreux retours en arrière sur la scène jazz du milieu du XXe siècle.
First Song
“Avec le Quartet West, je ne cherche pas à reproduire la musique de qui que ce soit. Nous sommes inspirés par la beauté des mélodies populaires d’une époque qui en a produit beaucoup, mais nous jouons aussi des musiques d’aujourd’hui. Par ailleurs, la sonorité de ne cesse d’évoluer. C’est ce qui est enrichissant. (…) Le son, l’harmonie, la mélodie ont toujours été mes principales préoccupations.”



samedi 13 novembre 2010
Sophisticated Ladies....
Le compositeur et contrebassiste Charlie Haden, 73 ans, publie un album de ballades américaines, sous le titre de Sophisticated Ladies. Ces femmes sophistiquées sont six princesses de la voix : Cassandra Wilson, Diana Krall, Melody Gardot, Norah Jones, Renée Fleming et Ruth Cameron. Soit trois chanteuses mondialement connues (Krall, Jones et Gardot), une cantatrice classique d'égale réputation (Fleming), une chanteuse de jazz (Wilson) et la coproductrice et épouse de Charlie Haden, excellente interprète du répertoire américain (Cameron). Autant dire six beautés, un pari impossible. Et pour finir, une réussite due à leur élan pour la musique et la personnalité du contrebassiste qui n'hésite pas à dire : "Il peut leur arriver de chanter mieux qu'elles ne le font pour elles-mêmes, man..."
vendredi 12 novembre 2010
Manif pour la défense des Retraites du 6 novembre....à Guéret
Je vous l'accorde, le six n'est pas le douze mais je m'en fiche bien. Pour ma part je suis tout seul dans mon parti et c'est déjà un beau bordel, alors laissez moi m'arranger avec le calendrier. De toutes les façons, perpétuel mécontent devant l'Eternel je manifeste ma mauvaise humeur tout les jours de Paris à Guéret où la mobilisation tenait le coup.
jeudi 11 novembre 2010
Buena Vista Social Club de Wim Wenders
Ce soir ARTE 20H40
Ry Cooder a composé la musique de 'Paris Texas' et de 'The End of Violence'. Au cours du travail sur ce dernier film, il parlait souvent avec enthousiasme à Wim Wenders de son voyage à Cuba et du disque qu'il y avait enregistré avec de vieux musiciens cubains. Le disque, sorti sous le nom de 'Buena Vista Social Club', fut un succès international. Au printemps 1998, Ry Cooder retourne à Cuba pour y enregistrer un disque avec Ibrahim Ferrer et tous les musiciens qui avaient participé au premier album. Cette fois, Wim Wenders était du voyage avec une petite équipe de tournage.
mercredi 10 novembre 2010
mardi 9 novembre 2010
De Nittis
Du 21 octobre 2010 au 16 janvier 2011 au Petit Palais, Paris.
Né à Barletta dans la province de Bari en 1846- mort en 1884 à Saint-Germain-en- Laye, Giuseppe De Nittis a partagé sa vie entre Paris, Naples et Londres.Depuis 1886, aucune exposition à Paris n’a été consacrée à ce grand artiste qui fut l’ami de Manet et de Degas. Peintre de la vie moderne, De Nittis s’intéresse à la vie des boulevards, des Tuileries et aux courses hippiques d’Auteuil ou de Longchamp, attentif à noter les toilettes et les modes de l’élégance parisienne. C’est un paysagiste sensible, aussi habile à traduire les contrastes lumineux de son pays natal que les ciels brumeux d’Ile de France, ou les brouillards londoniens.
En résonance avec des collectionneurs raffinés, tels Goncourt ou Burty, il meuble son intérieur d’objets japonais et multiplie dans ses tableaux les hardiesses de composition ou de mise en page. Avec Manet et Degas, il est un des premiers artistes à expérimenter la technique du pastel dans des œuvres de grand format. De Nittis meurt à 38 ans « en pleine jeunesse et en pleine gloire», comme l’écrit Alexandre Dumas en guise d’épitaphe.
En collaboration avec la Ville de Barletta et la Surintendance aux Biens artistiques de la région des Pouilles
lundi 8 novembre 2010
Welcome In Vienna d'Axel Corti (1986)
CinéCinéma Club 20h40
Il n'est pas dans mes habitudes de conseiller des programmes en dehors des chaînes de la TNT. Pourtant, il est des jours comme çà ou j'en suis à regretter de ne pas être abonné à des chaînes du Cable, surtout lorsque celles-ci programment des films de la qualité du dernier volet de la trilogie d'Axel Corti : Vienne pour mémoire : Welcome in Vienna (1986).
Il est même dommage qu'aucune chaînes publique ne diffuse ce triptyque autour de la judaïté autrichienne sous la seconde guerre mondiale et expose une histoire de l’émigration au XXème siècle. Cette trilogie comprend : Dieu vomit les tièdes (1982, Sante Fe 1986, et Vienne pour Mémoire (1986).
Welcome in Vienna est de loin le meilleur pan de la trilogie. Non pas uniquement pour les qualités plastiques qui font défauts aux précédents films, mais parce que tout ce qui constitue la saga cinématographique se trouve réuni. La déliquescence du spectacle, incarnée dans le personnage de l’actrice fille de nazie Claudia, rejoint la déception de l’idéal communiste, personnifier par le sergent Adler. Les ruines sur lesquelles s’ouvrent le film et dans lesquelles se développe le récit se font le théâtre d’une Europe moribonde à reconstruire. Dès lors, c’est le problème que soulève le film : Comment construire une Europe faite d’« émigrés de profession » comme se définit Freddy ? Comment refonder une société où Dieu encore répond absent (c’est ce que rappelle le renouveau des contre-plongées abyssales) ? L’errance finale sur laquel termine le film et la trilogie projette des points de suspension que se refuse à compléter le film et sur lesquels notre époque continue à écrire.
dimanche 7 novembre 2010
Autour de l'enfant flou
Dans la collection de la MEP, cette photographie : « l’enfant flou » de Jean-philippe Charbonnier, s’est imposée. Bien que Jean-Philippe ne soit plus là pour acquiescer, cette photo, fruit d’un accident incompréhensible (personne n’a pu trouver l’explication technique du flou et du net du seul réverbère), apparue en 1947 comme une photo ratée. Pourtant Jean-Philippe l’a toujours aimée et conservée parmi ses photos préférées comme une énigme précieuse, le représentant lui, enfant. En effet, délaissé par son père, élevé au milieu de gens très brillants, il ne devait pas très bien savoir qui il était. Cet écolier, seul dans la rue, regardant hardiment le photographe, ressemble à ses portraits d’enfant. D’autres photographes ont eu l’occasion de vivre une expérience semblable : une photo, échappée, accidentelle, mystérieuse, cadeau du ciel ou irruption de l’inconscient.
"Autour de l'enfant flou" de Jean-Philippe Charbonnier.
28 octobre au 4 décembre
galerie Agathe Gaillard
3 rue du pont Louis Philippe
75004 Paris
samedi 6 novembre 2010
Autour de l'extrême
Du 10 novembre 2010 au 30 janvier 2011, la Maison Européenne de la Photographie présente, dans le cadre du Mois de la Photo à Paris, novembre 2010 - Autour de l’Extrême, un choix dans les collections de la MEP. Faire dialoguer des collections, tant publiques que privées, et à cette occasion, montrer des oeuvres inédites ou rarement vues, susciter au sein d’expositions confrontations et échanges, opérer des rapprochements inattendus, tel est le formidable pari engagé par ce Mois de la Photo qui, une fois encore, mobilise à Paris musées, centres culturels et galeries.
Photographes exposés :
Ansel Adams
Claude Alexandre
Manuel Alvarez Bravo
Claudia Andujar
Diane Arbus
Neil Amstrong
Richard Avedon
Roger Ballen
Martine Barrat
Gabriele Basilico
Jean-François Bauret
Valérie Belin
Rosella Bellusci
Philip Blenkinsop
Rodrigo Braga
Bill Brandt
George Robert Caron
Henri Cartier-Bresson
Jean-Philippe Charbonnier
Martial Cherrier
Larry Clark
Raphaël Dallaporta
Bruce Davidson
Jean Depara
Raymond Depardon
Philip-Lorca diCorcia
Doctor T
George Dureau
Harold Edgerton
Gilles Ehrmann
Fouad Elkoury
Touhami Ennadre
Elliott Erwitt
Bernard Faucon
Alberto Ferreira
Giorgia Fiorio
Robert Frank
Mario Giacomelli
Ralph Gibson
Nan Goldin
Gotscho
Emmet Gowin
Seymour Jacobs
Claudia Jaguaribe
Michel Journiac
Jürgen Klauke
Les Krims
Oumar Ly
Robert Mapplethorpe
Don McCullin
Duane Michals
Pierre Molinier
Vik Muniz
Ikko Narahara
David Nebreda
Helmut Newton
Pierre Notte
ORLAN
Martin Parr
Irving Penn
Pierre & Gilles
Tony Ray-Jones
Rogerio Reis
Bettina Rheims
Marc Riboud
Miguel Rio Branco
Sebastiao Salgado
Andres Serrano
Cindy Sherman
Jeanloup Sieff
Christine Spengler
Hiroshi Sugimoto
Shomei Tomatsu
Pierre Verger
Alain Volut
Weegee
William Wegman
Edward Weston
Joel-Peter Witkin
Bernard-Pierre Wolff
vendredi 5 novembre 2010
Mois de la photo à Paris
30 ans, déjà, que Paris célèbre chaque mois de novembre des années paires, la photographie, ou plutôt les photographies, qu’elles soient documentaires ou plasticiennes.30 ans que les acteurs culturels parisiens, dans la diversité de leurs statuts et de leurs programmations, contribuent à la richesse et au succès du festival. 30 ans qu’un public passionné, ou simplement curieux, français et international, se retrouve à Paris au moment du festival, pour prendre le pouls de la création photographique, contemporaine ou patrimoniale. Les évolutions survenues dans le champ photographique depuis 1980, date de la création du Mois de la Photo, sont nombreuses : de la multiplication des lieux de diffusion de la photographie au changement de statut des collections, en passant par la révolution technique du numérique et par le développement considérable du marché : le saut est à la fois qualitatif et quantitatif, et le Mois de la Photo a apporté, au fil de ses éditions, une contribution certaine à la légitimation d’un médium qui était encore insuffisamment reconnu au début des années 1980.C’est aussi le Mois de la Photo qui a suscité dès ses débuts, assez naturellement, grâce à l’enthousiasme et à la passion de ses initiateurs, la constitution d’un embryon de collection photographique, devenue aujourd’hui l’une des collections photographiques contemporaines internationales les plus emblématiques, celle de la Maison Européenne de la Photographie.« Paris collectionne » prend donc tout son sens pour les 30 ans du festival :c’est l’occasion de montrer des ensembles ou des pièces importantes de la collection de la MEP, à travers les expositions consacrées à Dieter Appelt, Alexandra Boulat, Harry Callahan, Larry Clark
jeudi 4 novembre 2010
Lady Chatterley & l'homme des bois
« Lady Chatterley et l'homme des bois » (publié chez Gallimard en 2006) est la deuxième version du roman de D.H. Lawrence L'Amant de lady Chatterley que le public « connait » pour la troisième version et hélas ses avatars cinématographiques pornographiques.
Après la version cinématographique en voici la version longue et télévisuelle dont la première partie est diffusée ce soir sur Arte à 20h40.
« Il est probable que Lady Chatterley-le film subisse un sort comparable à celui du roman. Le même mais à l’envers. Il y a 80 ans, Lawrence avait tenu à prévenir les contre-sens en précisant qu’il n’avait pas écrit un « roman de sexe », que son projet n’était nullement l’exaltation d’amours bucoliques et torrides dans l’Angleterre industrielle des années 20. Rien à voir, donc, avec l’image de porno soft au coin du feu parvenue jusqu’à nous, qui à cause d’elle ne lisons plus L’Amant de Lady Chatterley. Le livre visait ailleurs : la conquête d’un érotisme qui ne soit pas coupé du reste de la vie, l’adaptation de la conscience aux réalités physiques premières, la reconnexion du corps et de l’esprit. « Je veux qu’hommes et femmes puissent penser les choses sexuelles pleinement, complètement, honnêtement et proprement. »Parce qu’elle actualise un tel programme dans un film dégagé de tout affect négatif dans l’approche des scènes sexuelles,Pascale Ferran risque d’être louée pour ce qu’elle n’a pas voulu : faire un cinéma du corps. Le corps, dernier rempart, dernier réel, c’est le leitmotiv depuis presque dix ans. Il faut donc écouter la cinéaste quand elle déclare avoir réalisé un film contre l’époque, c’est-à-dire à l’écart des deux représentations usuelles du désir au cinéma. Un très vieux modèle : violons, ralenti et fondus. Et un modèle plus récent : le désir comme pulsion animale.
C’est en effet autre chose que montre Lady Chatterley au cours des six scènes d’amour physique entre Parkin et Connie. On peut en proposer une approximation à travers un mot dont Lawrence eût souhaité faire le titre de son roman, afin de couper court à toute équivoque : tendresse. » Source Cahiers du Cinéma.
mercredi 3 novembre 2010
Lady Chatterley & l'homme des bois
D. H. Lawrence écrivit trois fois son dernier livre, L'Amant de lady Chatterley. La troisième version, que le public connaît, est caractérisée par sa fin optimiste : les deux amants pourront se marier puisque les obstacles sociaux (différence de classe et de culture) apparaissent de moins en moins infranchissables. Lady Chatterley et l'homme des bois, la deuxième version, peut surprendre le lecteur, qui ne reconnaîtra aucun des trois protagonistes, pas même lady Chatterley qui est plus " femme, moins cérébrale " et qui vit avec le garde-chasse sa première expérience véritable de l'amour. Sir Clifford est un intellectuel un peu snob. Quant à Parkin, le garde-chasse, c'est un être parfaitement inculte qui prête un peu à sourire avec sa petite taille et sa grosse moustache rousse.Ce n'est qu'à la longue que " Connie " Chatterley s'attachera à cet homme ombrageux, vulnérable, taciturne, et sera sensible à son charme " sauvage ", à sa délicatesse, à sa tendresse infinie.
mardi 2 novembre 2010
Même le silence à une fin
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Je dois admettre n'avoir pas été tendre avec Ingrid Betancourt lors de sa libération. Cette femme qui avait annoncé au premier congrès des Verts en 2001 : « le futur est vert et il le sera !», «a dût longuement la méditer pendant les six ans de sa captivité dans la jungle colombienne à respirer de la chlorophylle. » avais-je commis à l’époque alors que les médias nous en faisaient des tonnes. Et même d’ajouter. « A vrai dire, je n’ai rien contre cette femme, six ans c’est long, elle a été libérée à temps pour les Soldes, elle a retrouvé enfants, famille et amis, dont je fais parti comme tout un chacun, c’est elle qui l’a dit, elle a remercié Dieu, La Colombie, Urube, l’ami des paramilitaires d’extrême droite et des narcotrafiquants, embrassé Sarkozy et retrouvé son copain Villepin. Elle va même être reçue par le Pape.»
Je dois admettre n'avoir pas été tendre avec Ingrid Betancourt lors de sa libération. Cette femme qui avait annoncé au premier congrès des Verts en 2001 : « le futur est vert et il le sera !», «a dût longuement la méditer pendant les six ans de sa captivité dans la jungle colombienne à respirer de la chlorophylle. » avais-je commis à l’époque alors que les médias nous en faisaient des tonnes. Et même d’ajouter. « A vrai dire, je n’ai rien contre cette femme, six ans c’est long, elle a été libérée à temps pour les Soldes, elle a retrouvé enfants, famille et amis, dont je fais parti comme tout un chacun, c’est elle qui l’a dit, elle a remercié Dieu, La Colombie, Urube, l’ami des paramilitaires d’extrême droite et des narcotrafiquants, embrassé Sarkozy et retrouvé son copain Villepin. Elle va même être reçue par le Pape.»
Pas tendre je vous dis. Et le pire, c’est que je ne regrette rien. Je ne suis pas là pour aimer le monde.
Et puis il y a eu la sortie fin septembre de son livre chez Gallimard « Même le silence à une fin », dans la prestigieuse collection Blanche. Alors j’ai décidé d’aller jeter un œil à ce gros livre de sept cents pages qui nous conte ses six années de détention dans la jungle colombienne. Et l’on peut lire sous la plume de qui d'évidence se révèle un écrivain : « Enchaînée par le cou à un arbre, privée de toute liberté, celle de bouger, de s'asseoir, de se lever ; celle de parler ou de se taire ; celle de boire ou de manger ; et même la plus élémentaire, celle d'assouvir les besoins de son corps... J'ai pris conscience – après de longues années – que l'on garde tout de même la plus précieuse de toutes, la liberté que personne ne peut jamais vous ôter : celle de décider qui l'on veut être. »
D’emblée ce livre vous happe, vous poigne et ne vous lâche plus jusqu’à la dernière ligne. Récit intime d'une aventure qui ne ressemble à aucune autre, voyage hanté, palpitant du début à la fin, c'est aussi une méditation sur la condition des damnés – et sur ce qui fonde la nature humaine.
Et si l'opinion publique et les médias qui aiment brûler ce qu'ils ont adoré semblent la considérer aujourd'hui comme une égoïste avide de pouvoir et d'argent, il n’en reste pas moins que son livre est de la trempe de ceux des grands écrivains.
lundi 1 novembre 2010
Keith Richards : Life, ma vie avec les Stones
Le guitariste des Rolling Stones publie le 26 octobre une autobiographie forcément gratinée
et crânement baptisé "Life". Mister Rock'n'roll a mis un point d'honneur à dire "la vérité". Il y livre les hauts et les bas de sa vie tourmentée, y compris sa longue addiction à l'héroïne, mais aussi sa relation d'amour-haine avec son partenaire Mick Jagger. Rock'n'Roll.
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