
La Flotte En Ré
La Flotte en Ré

La Flotte En Ré
La Flotte en Ré


Photos Copyright Papou
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Photos Copyright Papou
Zoîa Kosmodemianskaîa
Les Bienveillantes ; Jonathan Littell ; 1400 pages, Folio 4685.

De Montmartre au quartier des Halles J’aimais suivre un itinéraire tortueux qui empruntait les rares voies privées et piétonnières existant encore à Paris. Lyon protège ses traboules, Paris ses passages couverts où boutiques de luxe avoisinent avec des magasins plus modestes. Je me laissais alors bercer par ces lieux chargés d’histoire. Plaçais mes pas dans ceux d’Aragon passage Jouffroy, ceux du comte Muffat à la recherche de Nana au Théatre des Variétés, passage des Panoramas. Retrouvais le Bardamu de Céline passage Choiseul, sans l’urine, les crottes, les glaviots et le gaz qui fuit, en me demandant où étaient les odeurs de jadis évoquées par Verlaine.
Suivaient les belles et très fréquentables galeries Colbert et Vivienne pour terminer par la galerie Vero-Dodat, quasiment déserte, où se cachaient derrière les vitrines encadrées de cuivre des vestiges peut-être en train de mourir une seconde fois dans l’indifférence, avant de déboucher comme sur un égout à ciel ouvert dans le grouillant et affairiste quartier des Halles qui draine désormais le chaland, l’urine, la crotte et les glaviots.
Qui sait, peut-être de magnifiques pages de littérature s’y écriront, dans les miasmes et la putréfaction d’une ville en perpétuelle mutation. Des pages que faute de temps je ne lirais certainement pas. Que voulez-vous, chacun invente sa ville et j’aime encore aujourd’hui à flâner dans le maelström de la grande Cité, y photographier une ville rêvée qui s’estompe comme le sont les souvenirs de la mémoire. Alors demain, je pars rêver d’un ailleurs que je crois meilleur. Que voulez-vous, Paris sera toujours Paris. La nostalgie, quant à elle, n’est plus ce qu’elle était…
Misha Maïsky : 6 cello-suiten ; Deutsche Grammophon 1985 2CDPour Mischa Maïsky les six Suites pour violoncelle de Jean-Sébastien Bach représentent les fondements du répertoire de l’instrument. « Si je peux dire que la musique est ma religion, alors ces six suites pour violoncelle sont ma Bible… » Il aime ces suites depuis que son frère aîné lui a offert en 1959 un exemplaire de l’édition Musgyz publiée en 1957 dans laquelle figurait un fac-similé du manuscrit d’Anna Magdalena Bach et sur lequel son frère avait écrit « Travaille aussi durement que tu peux, toute ta vie, pour être digne de cette grande musique . » Plus tard Rostropovitch l’aida à approfondir sa conceptions des Suites. Il découvrit également les enregistrements légendaires que fit Casals dans les années 30, qui lui semblèrent « fou » au départ mais le captivèrent de plus en plus à chaque écoute. « Je réalise maintenant que Casals a exercé sur moi une influence capitale ». Le destin lui permis de rencontrer son maître et de jouer devant lui l’année précédent sa mort. Maïsky considère que la musique de Bach ne doit pas être abordée de façon solennelle . Pour lui, Bach n’est pas un saint mais un bon vivant aimant la bonne chair et le vin. Il a donc enregistré l’intégrale des Suites en 1985, une gravure qui à l’époque remporta de nombreux suffrages et restent encore pour certains une référence. L’anecdote veut que, des années plus tard, passant devant un magasin de hi-fi à Zurich il repéra une paire d’enceintes acoustiques. Il entra et demanda à les tester. Le vendeur mit un CD de démonstration qui contenait la Bourrée de la Suite pour violoncelle en ut majeur. « Je pensais que l’interprète se moquait délibérément de moi – on aurait dit une parodie. Quand j’ai vu que c’était mon enregistrement, je fus consterné. » Pour Maîsky il ne correspondait plus à la manière dont il jouait Bach. Il fut donc ravi lorsqu’on lui proposa de réenregistrer les Suites pour l’année Bach en 2000. « Pour moi, c’est tous les ans l’année Bach. » D’après le texte de Tully Potter
Misha Maïsky : 6 cello-suiten ; Deutsche Grammophon 1999 2CD
Bourrée Suite N°3 dans sa version 1985